‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 43 sur 250 · Dirtionnairé philosop/ii</iie, II, IWi · texte numérisé non relu

Dirtionnairé philosop/ii</iie, II, IWi

3. Discours prononcé par un acteur à la première représentation d'Oreste {\T.m, IV, W5.

les Grecs n'avaient jamais déshonorés par de tels épisodes' ». C'est ilomniagc que Voltaire ne voie pas la portée de la question. Il est ecrtain que Racine, en restreignant l'objet du poènn^ dramatique h l'expression de la sentimentalité amoureuse ou même du besoin sexuel-, en a singulièrenieiil diminué la valeur eslln''li(|ue. comme aussi, par coutagion, celle de notre littérature tout entière. Mais \ OItaire ne détrône l'amour <pu' pour lui substituer des passions plus secondaires ou plus sup(M'(ici(dles. Lui qui avait des prétentions à la poésie philosophique , il na pas vu que cet Eschyle et ce Sophocle qu'il daigne imiter ont construit de vrais poèmes d'idées, où. par exemple, il ne s'agit pas seulement de savoir si fKdipe ai)prendra oui ou non le secret de sa naissance et de s'attendrir sur ses malheurs, mais où, derrière le drame des passions, se pose la question de la destinée et du sens même de la vie. Nous n'avons rien de pareil pour la profondeur philosophique ni au Prométhce enchaîné, ni à l'Œdipe-roi.

En somme Voltaire, en se réclamant surtout de lautorité des anciens, a résisté fort honorablement à la frivolité de ses contemporains. Il affirme énergiquement son parti pris de rester classique. Il remonte même au delà de Hacine. qu'il trouve encore trop romanesque, notammeid dans Bérénice. En certaines de ses pièces et encerlains passages, il a comme des intuitions du théâtre anticpie. Il sest avisé un jour que la tragédie dEschyle était beaucoup plus i terrible » que la nôtre et, frappé de cette idée, il com^ pose Eriphijlc :

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