Entretiens sur le Fils naturel, VII
3. « La tragédie {.'recque, juir la façon doiil elle (Ms|tosc st--
LA CHITIOL'E ET L ANTIQLITÉ. 99
g<'sfes, parla vcritr do la pantoniinu"; en (raiitrcs tei'mes — et pour rei)i'eiuire sa propre lorimile : « Appliquer à la pantouiiuie les lois de la composition pittoresque ' ». Diilerot voudrait voir Pylade essuyer la bouche dOreste. (juand il tombe poursuivi par les Furies. 11 imagine la scène de la mort de Socrate et groupe les personnages comme dans le testament d^Eu- (lainidasdu Poussin -. Il va chercher des arguments jusque dans ce passage où Tite-Live ' nous raconte comment, sui- le théâtre de Rome, la pantomime se sépara du chant ' 11 y avait là certainement une intuition très vive de tout un côté de lart dramatique des anciens, que personne jusque-là n'avait signalé avec cette clarté et cette insistance. 11 est probable que Lessing. dans son Laocoon et dans sa Dranuitiugit de Hamboitrg, ne fait que se souvenir de Diderot, lorscju'il insiste sur le jeu des acteurs et qu'en de certains cas il recommande Vaction pittoresque.
Il y a dans ces idées de Diderot sur les anciens une originalité singulièrement frappante. De tous ces critiques qui parlent du théâtre greC; de tous ces dramaturges qui limitent, c'est lui assurément ijui Ta le mieux compris. Ce qui fait cjue ses idées n'ont pas été plus fécondes, c'en est d'abord la confusion. Il sème les aperçus un peu au hasard, la plupart du temps sous forme de digression. C'est ensuite que ses idées les plus hardies n'ont guère vu le jour que longtemps après sa mort : ainsi du Paradoxe sur le Comédien, qui
personnes et détermine leurs ra[)ports. ressemble ix un fronton où tout est disposé en vue d'un etlel simple et frappant. ■• A. et M. Croiset, Histoire de la littérature grecque, 111, p. 141.