Nouvelle Iléhhe, III. X.\I
Si l'on songe après cela à tont ce qn'il y a de nombre et de rythme dans la piose de Jean-Jacques, et avec cela, de r^'elle poésie, on uc s'étonnera pas de voir passer ces thèmes dans la poésie contemporaine. Roucher et André Chénier en sont j)leins '. Mais ce sont surtout les orateurs de la période révolutionnaire qui vont exploit(M' cette veine. David, lui-même, si illettré, n'aura à la bou<he que les noms de Brutus et de Léoniilas-.
Nous ne pouvons omettre ici de parler d'un homme qui a exercé sur l'élociuencc des révolutionnaires une influence peut-être [)lus grande que celle de Rousseau : c'est Thomas. Si nous nous arrêtons sur ce ridicule i)ersonnage, il n'y en a pas d'autre raison. C'est aussi qu'il était devenu aux yeux de ses contemporains une manière de grand homme. M.-J. Chénier le considère encore comme « un grand écrivain » ^ et Maury, dans son essai sur l'éloquence de la chaire, parle de la révolution i cjue le panégyriste de Descartes et de Mai'< -Aurèlea opérée dans l'art oratoire ».
Thomas fut d'abord professeur de sixième au collège de Beauvais. Il paraît ciue sa vocation i)our le professorat était irrésistible et que sa santé seule l'obligea à résigner des fonctions *. On s'en aperçoit tout de suite. Qu'on ajoute à cela ses lectures habituelles et l'on s'expliquera le genre de littérature ciu'il a inventé et mis à la mode : « Il lisait toujours le même livre — nous dit un de ses biographes, — c'était Cicéron, et ne manc{uait jamais de l'emporter à la campagne "^ ».