‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 72 sur 250 · lc V. se. vu · texte numérisé non relu

lc V. se. vu

2. Cf. Levaclier de Cliarnois, Costumes el annales des f/rands théâtres de Paris. Il" vol., planche 4.j. (Costume de Chéron dans le rôle d'OEdipe.)

3. Il est évident en elTet, d'après la t,'ravure de Levacher de Chamois, que l'acteur qui jouait OEdipe s'était inspiré du buste d'Homère

aimo vôritablcmenl i o (iiril y avait de sincère, dlioiinèle et de simple dans la Irai^édie de Diicis. Et pourtant Tanteur a voulu faire une traduction. Il a niènic prétendu découvrir des sens nouveaux, ce qui lui a valu d'être rudoyé par Brunck dans les notes de son édition de Sophocle'. En réalité il est diilicile de se gêner moins avec un texte : d'abord Ea Harpe a supprimé les chceurs sous le prétexte ttanal qu'ils ralentissent l'action-; il a retranché à la lin de la pièce les adieux de Philoctète à Eemnos, ajouté au commencement du second acte un monologue peu intéressant. Si Ton songe avec cela qu'il n"a rien compris à ce qu'il y a de rudement héroïque, de pittoresque et de religieux dans la pièce, on est forcé d'avouer qu'il ne reste que le squelette de la tragédie grecque. Comme disait quelqu'un : « Ce n'est pas du Sophocle tout i)ur, mais du Sophocle tout sec' ».

Mais il y a pis que cela, pis que le contresens littéral perpétuel, l'éternelle méprise qui consiste à confondre l'esprit et les moyens de la trégédie grecque avec ceux de la tragédie française. Ea Harpe disait dans sa préface : « Si l'on considère que la pièce, faite avec trois pe^'sonnes dans un désert, ne languit pas un moment; que l'intérêt se gradue et se soutient par les moyens les plus naturels toujours tirés des caractères qui sont supérieurement dessinés; que la situation de Philoctète, qui semblerait devoir toujours être la même, est si adroitement variée, qu'après s'être montré le plus à plaindre des hommes dans l'île de Ecninos. il regarde comme le plus grand des maux d'être ol)ligé

1. Cf. Bniiick : .Nulac in Pliiluclelatn, v. 2'.t:i : <• ex frallici illius scriploris vorliis liniicl aliiul esse {.Taecas cDnlaiiiinair fabulas, aliml eas iiitei|irt'lari. ■•

2. La Harpe, Philoclè/e (préface). — Cours de lHléralure. I. p. 293.

Page 1