‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 85 sur 250 · I. Corresp. lilt., VI. p · texte numérisé non relu

I. Corresp. lilt., VI. p

LE TIIKATRE ET l'iMITATION DE L ANTIQUE. 153

l'on ne sentît pas tout ce qu'il y avait de défectueux cl (le contradictoire dans la mise en scène, même pour li's pièces de l'ancien répertoire.

A partir de la seconde moitié du siècle, les criticjues se nudtiplient. Tout le monde réclame, au nom de la vraisemblance, de simples amateurs comme Rémond de Sainte-Alhine. aussi bien que des gens de métier comme Marmonfel et Diderot. Voltaire seul s'est montré là-dessus très réservé. Comme pour la déclamation, il est très défiant, et au fond on voit qu'il tient aux anciens usages '. On dirait qu'il pressent que c'en sera fait de la tragédie classique du jour où elle descendra de ses régions idéales pour suivre pas à pas l'histoire, et où le poète devra marcher la main dans la main avec le décorateur et le costumier. Pour lui, la tragédie est avant tout « un spectacle pompeux ». C'est pourquoi il demande quelque chose pour les yeux et veut un décor et des costumes magnifiques, mais à condition que la fantaisie du poète soit toujours la souveraine ordonnatrice. Il proteste en secret contre la simplicité trop nue du costume antique. Lorsque M'" Clairon abandonne le panier, on ne voit pas qu'il ait applaiidi à cette innovation. Il s'excuse même quelque temps après d'avoir oublié dans sa dernière lettre de lui donner l'éloge qui lui est dû pour avoir « appris le costume aux Français - » ; et lorsque Lekain s'avisa de sortir du tombeau de Ninus les bras nus et ensanglantés, il ne cacha pas son mécontentement à d'.Vrgental ^. Il est vrai que deux

1. r.e que nous voulons dire, c'est qu'il lient avant tout à la magnificence du s|icclacle et que le costume antique ne semble pas l'avoir séduit, a cause de sa grande simplicité. Au conliviire, il ai>plau(lit â l'introduction du costume exotique, comme dans VOrplielin de la Chine (cf. Corresp.), sans doute parce qu'il voit dans son étrangelé un élément de succès.

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