‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 90 sur 250 · Encyclopédie, art. Décor.\tios · texte numérisé non relu

Encyclopédie, art. Décor.\tios

à la suppression des bancjuellcs. Ouehpies ajinées plus tard, la scène est libre et les décorateurs vont se donner carrière. La co!isé(picncc immédiate, comme on i)ouvait le prévoir, fut Tabamlon ou tout au moins le relâchement de la rèi^le de l'unité de lieu. Peut-être n'a-t-on pas assez remanpié ({ue, bien avant le romantisme — dès la seconde moitié du xvin« siècle. — elle est presque constamment violée.

Malheureusement il est difficile, faute de documents, de se faire vme idée de cette décoration nouvelle et surtout des progrès de la vérité historique en cette partie du théAtre. On en est réduit aux indications que les auteurs eux-mêmes ont bien voulu nous donner dans leurs livrets. Dans Œdipe chez Admcte, l;i scène représentait au m'' acte un bois de cyprès, avec des débris de rochers, et, dans le fond, le temple des Euménides. Au v*^, c'était un véritable « tableau s : « La porte de l'intérieur du temijlc s'ouvre, l'encens fume; on y voit les figures des Euménides, les instru ments nécessaires aux sacrifices ' et en général tout ce qui peut caractériser le temple des Furies. L'autel est au centre, sa flamme brille, et m clarté illumine le visage d'OEdipe, qu'on y voit dans l'attitude d'un suppliant. Le grand prêtre et sa suite forment un cercle autf)ur de lui..., etc. =*. » Dans Philoctète, la décoration était forcément plus simple : « Le thécUre représente le bord de la mer. On voit de côtés et d'autres différentes ouvertures entre des rochers... etc. « Mais c'est dans les pièces romaines principalement qu'on se mettait en frais de couleur locale, sans doute parce

1 Lcvaclier de Cliarnois consacrait loiil un arlido à ces accessoires, l. 111, avec planche à l'appni.

2. Cf. Œdi]/e chez Aihnèlc. acte V, se. vii. — l'cul-ètre y avait-il là. une réminiscence du tui)leau de Fragonard : Coréxus et Callirrhoéi

LE TIIKATKE ET LIMITATION HE L AVTIUL E. 161

([lie lît mode y portait et qu'on trouvait des modèles dans la peinture du temps. Voici par exemple une rul>ri(juc de La Harpe, qui rappelle à s'y mé{)rendre le Serment des Hoi-aces^ : « Le théâtre représente un appartement intérieur de la maison de Virginius. On voit au fond les statues des dieux domestiques et un autel orné de guirlandes - » : à l'acte suivant, la scène changeait : c'était le portique d'un palais, avec un tribunal, où Appius apparaissait entouré de ses licteurs ; puis le forum avec ses temples, ses portiques, sa tribune aux harangues, des soldats dans l'éloignement et toute une figuration nombreuse. On sent de plus en plus le parti pris de pousser au « tableau », d'ordonner la scène comme une véritable composition décorative. Au 11!^ acte de Coriolan, le théâtre représentait le canq) des ^'olsques, la tente de Tullus, — sur un autel, « la statue d'une des divinités du peuple volsque » et , « dans l'éloignement les murs de Rome ^ ». Mais voici encore mieux : la rubrique devient une véritable ébauche pittorescpie. comme la description du salon de Danaé dans Ruy-Blas. Il s'agit de la décoration de la tragédie de Ducis : Abufar on la famille arabe, cjue l'on peut considérer comme le pendant d'Œdipe chez Adméte : « Le théâtre représente dans le désert les tentes éparscs d'une tribu, les tentes d'Abufar et de sa famille, celle qui est destinée pour recevoir les étrangers et un autel domestique. Une partie du désert est assez fertile : on y voit quelques pâturages, des cliameaux, des chevaux, des chèvres, des brebis qui paissent en liberté, des fleurs, quelques ruches à miel, des palmiers, des arbres qui dis-

1. La pièce de La Hai'iie csl île 1780 et le laMcaii de David fui exposé au salon de nsri.

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