‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 91 sur 250 · Voir Coi-iolan, acte m · texte numérisé non relu

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162 I-IN nu CLASSir.lSME ET HETOLH A L'AM'KtUE.

tilleul rcnccns. et autres pi-oductioiis tlii |>;tys. L";iiitre partie du désert est stérile : on n'y voit ((ue des sables, (|uel(jiies citernes, des puits à fleui' do terre fermés avec de grosses pierres, 'iiidipies hauteurs frappées d'un soleil brûlant: sui- la jdus élevée de ces hauteurs, deux palmiers qui unissent leurs rameaux et dominent un espace immense, des tombeaux formant la sépultui-e de la tribu ; dans le lointain quelques cèdres, quelques ruines aper(;ues à peine et aux extrémités de l'horizon, un ciel qui se confond avec les sables'. » Plus que tout ce fatras descriptif et ces prétentions naïves à la couleur locale, une scène qui dut s"inq)osei' à tous les souvenirs, ce fut celle du I" acte de VUrph/e de Gluck, dans son ordonnance à la fois si simple <'t si grande. De même que cette musique était plus voisine du drame grec que toutes les tragédies du monde, de même aussi cette mise en scène était plus cai)able que toutes les restitutions archéologiques de révéler la poésie de la vie antique et la beauté de la Légende, ^'it-on Sophie Arnould — comme ^l""^ Viardot * — couchée sur le tombeau d'Eurydice avec une pose et un arrangement qui rai)pe]aient VArcndif (\u Poussin? Rien ne nous le prouve, mais la seule vision évoquée par la musique du compositeur était assez belle pour se passer de cet achèvement suprême. Le lent défilé du clui'ur autour du tombeau et les libations aux dieux de l'Hadès alternant avec la lamentation des voix, cela seul suffisait pour éveillerrimi)ression d'un monde très lointain, où la vie n'appai-aissait que sous les espèces de la Heaulc' et où tous les actes empruiilaieid une noblesse de la pensée religieuse.

1. Ahii/ar ou ta famille arabe, arlc i. i. Cf. Bcrlio/, A travers chants, p. 120.

LE TIIKATHE ET LIMITATION DE L A.NTIOl K. |G3

Mais qiron y songe bien, nons sommes ici à TOpéra : la mnsiquo, la décoration et la pantomime formaient comme un système harmonieux. 11 en est tout autrement à la Comédie-Française. Nous avons déjà vu condjien les sujets nouveaux étaient éloignés de l'esprit de la tragédie classique, dont la forme vide, par une sorte de miracle, était toujours debout. On peut en dire autant de la déclamation. Voici maintenant que le costume et le décor achèvent le divorce : la tragédie nest même plus chez elle. Il ne lui reste qu'à sortir du théâtre et à laisser la [)lace au drame historique, qui a déjà transformé à son image la maison et le mol)iHer.

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