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yeux, aux articulations, autant de douleurs différentes. — Mais en même temps que la vie propre des organes il y a leur vie commune qu'il faut considérer. Chacun d'eux a son caractère d'abord, puis son influence sur les autres. De là la Variété des symptômes qui semblent propres à un seul et étrangers aux autres, qui en sont pourtant affectés. — Ils sont forcés de se concilier et de se mettre en société. Chacun d'eux sacrifie pour cela une partie de son bien-être au bien-être d'un autre. Ce qui soustrait les organes à leur vie égoïste et isolée, c'est la sympathie (le partage de la sensation commune), et c'est aussi l'habitude ^ L'animal chez lequel cette sympathie et ce que Diderot appelle les habitudes sourdes ne parviennent pas à s'établir meurt fatalement. Il meurt aussi celui chez lequel ces habitudes et ces sympathies sont violemment troublées, et la mort n'est que la rupture d'équilibre de ce consensus de fonctions réciproques et simultanées qui assure l'harmonie et la vie. '
Ce qui fait l'unité de sensation dans l'être vivant, c'est la continuité de la sensation, laquelle s'explique par la contiguïté des organes, c'est-à-dire des parties élémentaires de l'organisme, toutes sensibles et vivantes. Ces organes élémentaires, sensibles et contigus , ont été symbolisés par la célèbre image de la grappe d'abeilles, qui tient une si grande place dans le Rêve de d'Alembert : « Si l'une de ces abeilles, dit le philosophe rêvant, s'avise de pincer d'une manière quelconque l'abeille à laquelle elle est accrochée, celle-ci pincera la suivante; il s'excitera