‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 40 sur 96 · Pages · texte numérisé non relu

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est la vie, jusque dans le dernier élément des tissus.

Elle est la vie propre aux organes. Il n'y a pas une seule partie animale quelconque qui en soit privée. Un organe intermédiaire non sensible, entre deux organes sensibles, arrêterait la sensation et deviendrait, dans le système, corps étranger : ce serait comme deux animaux couplés par une cordée

Diderot devance par les considérations de ce genre la tbéorie de la physiologie moderne, d'après laquelle chaque organisme se résout en une multitude d'organismes élémentaires, tous également vivants, et qui soutient que l'animal n'est au fond qu'une réunion d'animaux.

Il y a une vie particulière des organes, et il y a une vie commune qui résulte de la sympathie et des habitudes réciproques qu'ils contractent entre eux. La vie propre à chaque organe se caractérise très nettement. Chacun a son plaisir et sa douleur particulière, sa position, sa construction, sa fonction, ses maladies accidentelles, héréditaires, ses dégoûts, ses appétits, ses remèdes, ses sensations, ses volontés, ses mouvements, sa nutrition, ses stimulants, son traitement approprié, sa naissance, son développement, sa vieillesse et sa décrépitude ^ La même maladie transférée par métastase d'un organe à un autre présente des phénomènes et produit des sensations plus variées que la même maladie fixée au même lieu dans des animaux différents. La goutte brûle, pique, déchire le pied; à la main, c'est autre chose; sur les intestins, à l'estomac, aux reins, aux poumons, à la tête, aux

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