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les chiens des Esquimaux viennent au monde sans queue, à la suite de l'ablation de cet organe chez leurs parents. — Le développement des organes est généralement en rapport avec le besoin qu'on en a et la vie qu'on mène : « Le défaut continuel d'exercice anéantit les organes, l'exercice violent les fortifie et les exagère. Rameur à gros bras, portefaix à gros dos, jambes du sauvage \ etc., etc. » L'animal crée donc et développe presque à volonté ses organes.
La théorie des monstres est intimement liée à celle des organismes réguliers : « Qu'est-ce qu'un monstre ? Un être dont la durée est incompatible avec l'ordre subsistant.Ily a autant de monstres qu'il y a d'organes dans l'homme et de fonctions; des monstres d'yeux, d'oreilles, de nez, qui vivent tandis que les autres ne vivent pas; des monstres de position de parties, des monstres par superfétation, des monstres par défaut. wEt, à ce propos, Diderot s'égaie à l'idée d'un homme qui aurait deux têtes : l'une pourrait être incrédule, l'autre dévote. Dans le même moment, l'être serait sollicité par deux désirs contradictoires : celle-ci voudrait aller •à la messe, l'autre à la promenade; l'une prendrait telle femme en passion, l'autre en aversion, à moins peut-être qu'avec le temps l'harmonie ne s'établit entre les deux têtes et que l'homme n'agît comme s'il n'en avait qu'une ^
N'y a-t-il pas quelque idée de la concurrence vitale et de la sélection naturelle dans cette sentence, qui est le dernier mot du livre : « Le monde est la maison