‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 46 sur 96 · Page · texte numérisé non relu

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d'autres semblables, progrès ou décadence, sont des termes relatifs aux individus d'une espèce entre eux ou aux différentes espèces entre elles ^ Déjà, dans la Lettre sur les aveugles, en 1749, Diderot avait soutenu que l'ordre actuel n'est que le résultat de longs tâtonnements et d'une longue élimination des êtres contradictoires. On dirait qu'il traduit ici Lucrèce : (( Qui vous dit que, dans les premiers instans de la formation des animaux, les uns n'étaient pas sans tètes et les autres sans pieds ?.. Tels à qui un estomac, un palais et des dents semblaient promettre de la durée, ont cessé par quelque vice du cœur ou des poumons : les monstres se sont anéantis successivement ; toutes les combinaisons vicieuses de la matière ont disparu, et il n'est resté que celles où le mécanisme n'impliquait aucune contradiction importante et qui pouvaient subsister par elles-mêmes et se perpétuer 2. » La concurrence vitale est partout ; elle est entre les formes d'êtres qui s'adaptent plus ou moins facilement à l'ordre général dans une certaine période de la durée infinie ; elle est aussi entre toutes les combinaisons de la matière, entre tousles mondespossibles; voilà le fond des idées cosmiques de Diderot. Et de là l'instabilité perpétuelle, les révolutions (nous dirions aujourd'hui l'évolution), les changements dont nous ne pouvons juger que par la raison, non par l'expérience d'une si courte vie, — ou de l'histoire si brève de l'humanité, depuis qu'elle a une histoire. « Qu'est-ce donc que ce monde ? Un composé sujet à des révolutions qui toutes indiquent une tendance continuelle à

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