‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 58 sur 96 · Pages 28t>, 280, 291 et passim · texte numérisé non relu

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idée neuve, sont des faveurs du hasard. Pour mériter ces faveurs, pour les obtenir, il faut un esprit préparé à les recevoir, il faut aussi une grande patience, mais une patience active, une attention forte et concentrée sur un seul objet important. Mais croit-on qu'il dépende de chacun de s'appliquer fortement? Quelle erreur! Il y a des hommes, et c'est le plus grand nombre, incapables d'aucune longue et violente contention d'esprit. Ils sont toute leur vie ce que Newton, Leibniz, étaient quelquefois. Que faire de ces gens-là? Des commis ^ — Il n'y a pas de hasard, à proprement parler; ce qu'on appelle hasard, dans la découverte, n'arrive qu'à certains esprits tout prêts à concevoir l'idée. Un homme s'occupe de physique, d'anatomie : la suite de quelques-unes de ses études le conduit à une conjecture que l'expérience justifie. Appellerezvous cela un hasard? Descartes, algébriste et géomètre, s'aperçoit que les signes de l'algèbre peuvent également représenter des nombres, des lignes, des surfaces, et que l'expression d'une vérité algébrique peut se traduire en figures; il invente l'application de l'algèbre à la géométrie. Appellerez-vous cela un hasard? De même pour Leibniz, de même pour Newton, de même pour Galilée, de même pour tous les grands inventeurs. — Dites, si vous voulez : c'est la nature qui prépare l'homme de génie; mais ce sont des causes morales qui le font éclore; c'est une étude assidue, ce sont des connaissances acquises qui le conduisent à des conjectures heureuses ; ce sont ces conjectures vérifiées par l'expérience qui l'immorta-

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