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Ne le ci;oyez' pas. De combien d'efforts obscurs, de quelles méditations inaperçues elle a jailli ! Et voyez comme les expressions de Claude Bernard se rencontrent avec celles de Diderot pour peindre ce merveilleux phénomène où éclate la grandeur de l'esprit. « Il arrive, nous dit le grand physiologiste, qu'un fait ou une observation reste très longtemps devant les yeux d'un savant sans lui rien inspirer. Puis tout à coup vient un trait de lumière. L'idée neuve apparaît alors avec la rapidité de réclair, comme une sorte de révélation subite K »
N'est-ce pas là cette vive illumination, cet éclair subit et rapide dont nous parlait Diderot? Il éclate dans certaines pages de cette Réfutation je ne sais quel vif sentiment d'un idéalisme intellectuel qu'excitent et provoquent les explications inférieures tirées du hasard ou du fait brutal. Pour lui aussi, ce qu'il y a de principal dans chaque grande découverte, c'est l'homme qui l'y met. Les causes morales sont ici les vraies causes; les causes physiques ne sont que l'occasion qui, dans un million de cas, reste stérile, et qui n'agit que pour un seul esprit, parce que celui-là est préparé. Non, ce n'est pas le fait nouveau qui constitue la découverte, mais la signification du fait trouvée par l'esprit, l'idée qui se rattache à ce fait. Par eux-mêmes les faits ne sont ni féconds ni stériles, ni grands ni petits; la grandeur n'est que dans l'idée qui les explique, la fécondité n'est que dans l'esprit qui conçoit l'idée. — Le plus grand éloge que nous puissions faire de la théorie de l'invention