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La critique de Diderot n'y va pas de main morte. Voici, à son jugement, le fruit de sept à huit années d'un pénible travail et d'une prison continue, passées à la Faculté des Arts de Paris. On y a étudié, sous le nom de belles-lettres, deux langues mortes qui ne sont utiles qu'à un très petit nombre de citoyens ; on les y a étudiées sans les apprendre ; sous le nom de rhétorique, on a étudié l'art de parler avant l'art de penser, et celui de bien dire avant que d'avoir des idées ; sous le nom de logique, les subtilités d'Aristote; sous le nom de morale, je ne sais quoi qui n'apprend rien sur les devoirs, ni sur les lois, ni sur les contrats; sous le nom de métaphysique, des thèses aussi frivoles qu'épineuses sur la possibilité, l'essence, la substance, qui ne servent qu'à donner la malheureuse facilité de répondre à tout, et la confiance plus malheureuse encore qu'on a répondu à des difficultés formidables avec quelques mots indéfinis et indéfinissables sans les trouver vides de sens. Pas un mot de bonne physique, de bonne chimie , d'histoire naturelle ; à peine quelques principes de l'arithmétique, de l'algèbre et de la géométrie ; presque rien qui vaille la peine d'être rej^nu et qu'on n'apprît mieux en quatre fois moins de temps ^ Du reste, les universités d'Allemagne ne sont guère mieux, sous ce rapport, ordonnées que les nôtres ; la méthode barbare de Wolf y a perdu le bon goût; et quant à l'école de Leyde, autrefois si vantée, elle n'est plus rien.
Grand avantage que d'avoir à tout fonder, quand on le peut. Le sol est libre et « l'ointe que le Seigneur a