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faces, SOUS tous les aspects, il pouvait se dire : « Il n'y a pas, à Chamouny, de plus joli ca- « valier que moi. » Et cette idée sufTisait pour nourrir sa passion.
Parfois, il se surprenait à croire que Sara y cherchait, de son côté, de quoi attiser le feu qu'elle avait allumé; mais comment trouver, dans le costume d'une quakeresse, un indice de coquetterie?
Un jour, la collerette de milady avait je ne sais quel air de grâce et d'abandon ; elle ne sortait pas de sa robe avec la même raideur ni la même sécheresse; négligemment jetée sur ses épaules, elle laissait entrevoir un cou
d'albâtre où couraient des veines d'azur
C'était le vent qui avait fait cet élégant désordre. Sara demanda bien vite une épingle.
Brémond laissa percer le désir de se faire quaker; il pria milady d'entreprendre sa conversion; elle lui répondit ; « Allez voir i( milord; il en sait plus que moi. »
Il fit de la Bible sa lecture assidue..^. La iBible! livre de délices, où la passion est vive
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et ingénue, livre qui parle aux sens bien mieux qu'un tableau de l'Albane... Et puis, au milieu de ces naïves scènes de la terre, des scènes divines écrites avec une plume de bronze, à la lueur des éclairs!...
Mais Brémond ne lisait que le chapitre de Sara. Quand il oubliait son livre au salon, il le laissait ouvert au chapitre de Sara.
Il s'enhardit jusqu'à le montrer du doigta milady; et milady lui dit : « C'est un beau « livre. »
Dans les longues péripéties d'une passion, il en est une qui , d'ordinaire, touche au dénoûment; c'est lorsque l'amant découragé prend un parti extrême, et renonce à courir après un but impossible à atteindre. Si le sentiment n'est pas joué, si la résolution est
prise de bonne foi, on vient à vous par
bonté d'âme, pour vous sauver de votre désespoir.
Brémond en était là; pour remplacer une fantaisie par une autre, il se fit chasseur. Dès le point du jour, il s'acheminait à travers le