‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 15 sur 51 · WEILL · texte numérisé non relu

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Manolhon ([iii a écrit cola, la preuve est faite. Mais il ne faut pas oublier que Josèphe n'a pas le livre de Manélhon, et que ce frajjmeiil ne lui parvient, comme les autres, que dans la copie de l'excerpteur dont on vient de parler; si cet excerpteur a falsifié Manétlion en inscrivant Tethmôsis en tête du fragment IV, ne peut-il avoir intercalé la mention du même roi dans sa copie de l'histoire des Impurs? On croit, ici, pouvoir répondre non, car nous verrons que celte seconde histoire est tout à fait indépendante de la personne du roi qui chassa les Pasteurs, et par conséquent une harmonisation serait inutile. Donc, l'excerpteur n'a pas harmonisé, et c'est par Manéthon lui-même (|ue Tclhmôsis était nommé, à cette dernière place, comme ayant chassé les Pasteurs; donc Teliimosis est non moins authentiquement manéthonien au début du fragment IV dans la première histoire, et manéthonienne la forme de cette histoire avec Mispliragmoulhôsis et Tethmôsis, telle qu'on la trouve dans la version indirecte et postérieure de III a.

C'est ce que nous croyons finalement pouvoir admettre. On voit alors que, des deux formes du récit judéo-alexandrin de la prise d'Avaris et de l'Exode dont nous avons reconnu l'existence, celle avec Amosis et celle avec Misplii-agmoiilliôsis et ThouUnnsis, c'est la dernière (jui était parvenue à Manéthon et (pi'il avait recueillie. Képétons, d'ailleurs, qu'au point de vue de l'histoire de la traditiQn judéo-alexandrinc, la (piestion de ce qu'écrivit Manéthon n'a pas au fond une grande importance, car le récit avec Misplirfi.<>moiitliôsis, quand bien même il n'eût pas figuré chez Manéthon, se rencontrait dans une autre tradition, celle du fragment llia. Quant à la forme du récit avec Amosis, moins heureuse, elle a seulement laissé des traces de son existence, mais indubitables, dans les témoignages de Ptolémée de Mendès et d'Africain. Si l'on se reporte alors à l'époque où s'élaborèrent, à Alexandrie, ces deux formes de l'histoire de l'Exode et d'Avaris, on voit que les Juifs qui effec-

tuaient cette combinaison avaient entre les mains au moins deux formes (égyptiennes de l'histoire d'Avaris et de l'expulsion des Asiatiques, une forme où le roi libéraliMir était Amosis, une autre oii il s*a[jissait de Thoutmès lil et de Thoutmès IV. La première était la vraie an point de vue historique, comme il résulte de la place historique d'Amosis en tète de la WlIT dynastie, et du fait certain qu'il prit Avaris. La tradition de la seconde était altérée et résultait du remplacement du nom d'Amosis par ceux de deux de ses successeurs de la dynastie; mais cette substitution n'a plus rien d'étonnant après les cas analofjues d'altération que nous avons analysés plus haut : les faits de la prise d'Avaris ont été usurpés par Thoutmès IV comme ils l'avaient été quelque temps auparavant par Ilatshopsitou, et comme ils devaient l'être plus tard par Iiamsès 111. Quant à la forme primitive et proprement historique du r<'cit de la prise d'Avaris et de l'expulsion des étrangers, celle où le héros libérateur était encore Amosis, les documents égyptiens ne nous en ont pas encore restitué d'exemplaire, et il est particulièrement heureux, pour ce motif, que sa trace se soit conservée dans quelques citations grecques d'époque tardive.

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