‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 26 sur 51 · M. II. ^^K1LI · texte numérisé non relu

M. II. ^^K1LI

gnëeparlalllulaturo ^ Z.J^^^^%1 4^'^. ^ «^i^le aînée de roi, et reine». La seule obscurité réside dans ce que cette Ahiiotep n'est pas appelée t épouse royale»; mais on voit qu'elle ne peut être la «fdie aînée» de Tiouâ, puisque cette position est déjà occupée par la première princesse Ahmès; elle ne peut donc être la «fille aînée» que d'un prédécesseur du souverain réîjiiant, et comme elle est reine, il est presque inévitable qu'elle soit la femme de Tiouâ. Il n'v a aucune ditïiculté, d'autre part, à identifier cette Abhotep de la statue avec la mère du roi Abmès et d'Alimès-Nofritari , de sorte que le roi Y. . . de la généalogie précédente serait Skenenre Tiouâ. Lui et sa femme Ahhotep auraient eu de nombreux enfants, tous du nom d'Ahmès, un fils aîné mort avant la naissance de celui qui sera le roi Alimès, — ce dernier n'est pas mentionné sur la statue, — et deux filles dont l'une est peut-être l'Ahmès-Nofritari qui épousera son frère cadet.

Cette interprétation simple des inscriptions de la statue, corroborée par le fait de la succession immédiate de Tiouâ et d'Ahmès (inscription d'Elkab), est adoptée sans réserve par Maspero^^^ et par Sethe'^'. Daressy est plus hésitant en dernier lieu, et se demande encore si Ahhotep a été la femme de Tiouâ ou de ce roi Kamès qu'on ne sait comment placer exactemenl^^^; dans la question ainsi posée, on reconnaît l'influence de l'idée, longtemps tenue pour indiscutable, que Kamès et Ahhotep étaient en relation étroite ensemble, idée qui venait de ce que le cercueil de Kamès était inconnu et que des objets votifs lui appartenant, notamment la célèbre barque en or, avaient été trouvés en même temps que le cercueil d'Ahhotep, à Drah abou'l Neggah, par les fouilleurs de Mariette. Brugsch était

'■' Maspero, Momies Royales, p. 620-6.37, cl Ilist., II, p. 78 (etn. /i)suiv.

^*' Setoe, loc. cit., p. 11-12.

''> DAREssr, loc. cit., dans Ann. du Service, I\ (iyo8), p. i38.

ainsi conduit à penser que Kamès fui le successeur de Tiouâ et le mari d'Ahhotep^^^ cl Maspero croit probable que Kamès, fils de Tioua et frère aîné d'Aliraès , s'intercala entre eux et ne régna pas longtemps (-1 Mais depuis que Daressy lui-même a retrouvé le cercueil de Kaniès au Caire, et montré qu'une confusion d'objets provenant de deux tombeaux voisins a pu avoir lieu au moment de la trouvaille'^', toute raison a disparu de rapprocher immédiatement Kamès et Ahhotep, et l'on devient libre de placer Kamès à plus ou moins grande distance en avant ou en arrière du groupe que forment Ahhotep, son mari et ses enfants.

Quelle est en réalité la position historique de Kamès ? La hache de bronze et la barque de Drah abou'l Neggah, au musée du Caire, l'appellent :

le cercued ne dit que 4" aUv ^^ 4^ ^Il^ ^ ,ii iH P 5 l'éventail en ébène recouvert d'or donne le nom solaire, ||f® | ^ 1

^ •^, et nous apporte le nom d'Horus, ^ P^ ^ ou

V p -^ ___ —2 '^^ Nous ne connaissons pas les autres élé-

(') Bblgsch, Gesch. Mg. (1877), p. 286-237.

(^' Maspebo, llist., II, p. 79.

''' Daressy, Le cercueil du mi Kamès, dans Ann. du Service, IX (1908), p. 6 1-63 et planche.

^*' La hache de bronze : Bissing, Eiii thebanischer Grahfund etc. (tgoo), pi. m, a, IX, 9 g, h. La barque : Legrain, Répertoire généalogique, I, p. 5. Le cercueil : Lkgkain, ibid., et Dakessï, voir note précédente. L'éventail : Bissing, loc. cit., pi. IV, 8, 80, 8 b, et Legrain, /oc. cit., I, p. 5. Les quatre objets cités par H. Gautuier, Livre des Rois, II (1910), p. i65-i66.

ments de sa titulature^^'. Le nom d'Horus est sans analogue qui .Tpparaisse imnK'diatoment, du moins du côté de la \\ IIP dynastie, mais le nom solaire rappelle de manière frappante le nom d'Horus d'Ahmès, qui est | ^ j . et aussi de nombreux noms solaires de la XVJIP dynastie formés avec l'élément ^, ceux de Thoulmès V% Thoutmès II, Thoutmès III, Amenhotep II, Thoutmès IV, Amenhotep IV; on est tenté, d'après cela, de placer kamès au début de la XVIIP dynastie, et cela est confirmé par la présence des noms de Kamès et d'Ahmès, ensemble, sur un rocher de Toshkeh en Basse-Nubie. L'inscription'-' est disposée à peu près comme il suit (écrite de droite à gauche) :

+*>Ci[î1

(Une cinquième ligne conserve quelques signes.)

Un autre monument de Kamès, qui ne donne pas de lumière supplémentaire, est une lame de poignard avec l'in-

''' C'est par erreur que Gauthier {ibtd., p. i66) attribue à Kamès un nom de niljti | m | ^ % et un nom d'Horus d'Or ^^ : les bijoux du musée du Caire qui portent ces noms, en mémo temjis que le nom d'Horus î ^ , appartiennent, comme on le voit bien, à Alimès.

'^J Weigall, Ant. nf Lower Nubia (1907), pi. LXV; Galtuier, Livre des Rois, H (1910), j). J67.

scri|.lion!')nî-T2«H^i..ÎJé:r?MIV-J

j+jR^A^-A^"^ jj^ îlj P v-j V^ . llicn à tirer, non plus, de

(|uel([ues scarabées qui portent le nom solaire''--, ni de la mention du tombeau au papyrus Abbott *^l

D'autres monuments postérieurs, par contre, sont instructifs en ce qu'ils semblent considérer Kamès comme voisin de Skenenre; telle est la stèle du prêtre Mes*''', chargé du sacerdoce

funéraire d'un (® \ ^ |§]| qui est Tlioutmès IMhoutmèsII ou Araenhotep II, et des deux rois f ^ IZ"*^! ^^ \®]\%Ji'-> telle aussi la table d'offrandes de Marseille, où paraissent cote

à côte, parmi d'autres noms royaux, ceux de f ® | ^ 1? <1<? { ® /JU ^^] et d'un Smhidenre certainement oj)pareiit(' dont nous parlerons tout à l'heure*^'. Il ne faudrait cependant pas

C' Pétrie, Hisloni, II (i" ôd.), p. ik; Bidge dans Archapologia, LUI , p. 8'i , ot Ilislonj, III. p. 178 (une haclie, dit Budge); Setiie. L'rk. il. 18 Dyn., 1 . p. i3. I/objet est dans la collection J. Evans. On se demande, en comparant les textes, si ce n'est pas encore le même que Rudfje a en vue lorsqu'il cite, comme figurant sur une lète de hache au Br. ^lus. , n° ôstiia, la titulature

singulière :1i (^Wj ^ (KJZ£\ h^'ïX ("■««• Biink nf ihe Kiiigs, 1, p. loli). Cf., pour f objet imique ou pour les deux objets. Galthieh, Rois, II, p. iGT) et 166; Gautbier pense que la baclie du Britisb Muséum existe réellemeut.

("-' Leyde B. i36o, voir Leemans, Mon., I, pi. XXVIII; un autre coll. Loftie. Cf WiEDEMANN, Ccsch., p. 3o9, et voîr Newberry, Scarabs, XWI. 1, 9.

(3) Pap. Abbott, III. 1. 19.

'*) Caire n" 3/i.o3o. Lieblein, Dict. iiodih hiévogl., n° 1999, p. 760; Lacau, Cat. l'en. Caire, Stèles du Noucel Empire, p. 6/i-65, pi. XXll; Lec.rain, Répertoire généal. , p. 1 .

'-*' Celle table dolVrandcs remarquable, où figurent une trentaine de cartoucbes royaux du Nouvel Empire, a été vue tout d'abord dans la coll. Clotbey par Brugsch et publiée d'après sa copie: voir Monastberichte dev Berl. AI;., iS.")8, p. 69; DE Sallcy, Etude etc., dans Mém. de l'Acad. impériale de Metz, i8G3, p. ^5 et suiv, et pi.; Maspero, Cal. du Musée égyptien de Marseille, p. /i.

conclure de ces monuments, qu'il y a des relations particulièrement (étroites entre kamès et Skenenre, car sur un monument cultuel assez analogue, la liste des rois et princes adon's par le prèlre khabekhit, dans son tombeau de la XX" dynastie à Deir el Medineh t'^, on voit paraître Ouaz[liliopir]re Kamrs en compagnie d'Amenhotcp I", d'Abmès INofritari, de

Skenenre lui-même, (®~7 ^ J (jî^t éj' d'Ahhotep, d'Ahmès, et d'une vingtaine d'autres personnages royaux parmi lesquels deux Ahmès encore et un roi beaucoup plus ancien, Nibkberoure Mentouhotep de la XP dynastie. Une liste du même genre et à peu près contemporaine est celle du tombeau d'Anbourkhaoui, à Deir el Medmob également (^'; on y retrouve une douzaine de noms de la précédente, dont

ceux de INibkheroure, de Skenenre, (©""*"' \, d'Ahmès,

d'Amenbotep P"" et d'Abhotep. Tous les noms de ces listes, — vingt-cinq sur xelle de kbabekbit, — sont entourés du cartouche, bien que pour un grand nombre d'entre eux il soit clair qu'il ne s'agit pas de souverains ayant régné; mais les prêtres de la XX'' dynastie les considéraient peut-être néanmoins comme tels. En fait, la présence de tous ces Ahmès dés deux sexes, groupés autour d'un roi Ahmès certain, de ses parents, de sa femme et de son successeur, en compagnie de nombreux princes autrement très peu connus, montre qu'à part quelques rois plus anciens ou plus récents, — le Mentouhotep de la XP dynastie, un Hihnmon Sotepenre de l'époque ramesside chez Anhourkhaoui, — les personnages adorés dans les deux tombeaux sont les membres même de la famille du roi Ahmès et très probablement les contemporains de Skenenre Tiouà, d'Ahmès et d'Amenholep P". C'est dans

C CiiAMPOLLioN, A^o<., p. 866 el suiv.: BuRTON, Excerjita hierngl., lA. 35; Prisse, Mon., pi. III; Lepsius. Ausivahl, pi. XI, et L. D., IH, 2 a. (') /.. />.,I]i, 9 d.

ce groupe nombreux qu'il convient, à ce qu'il semble, de laisser le Ounzkhnjnrro Kamès qui de son vivant déjà avait une titulature royale complète; il ne parait pas douteux, d'ailleurs, qu'il ait régné ellectivement, peut-être en même temps qu'Ahmès ou que Tioua, et l'on est tenté de le considérer comme contemporain d'Ahmès d'après l'inscription de Toshkeb mentionnée plus haut.

Il convient, avant d'aller plus loin, d'observer que Ouazkhopirre kamès n'a sans doute rien de commun avec le Kamès nomuK; sur la ta])letto de la X.\" dynastie dont plusieurs fois déjà il a été question plus haut. Les textes que porte cet objet comprennent un fragment des Maximes de Ptahhotcp et, dit Maspero, le «commencement d'un conte à demi historique, dont l'action se passait en l'an m du Pharaon Kamôsis de la X\ IIP dynastie et nous donne son protocole complet, pour la première fois à ma connaissance ^'^w. Ce protocole vient d'être publié par Gauthier '2^; ses éléments sont :

^(^dipxl

et l'on voit que le nom d'Horus est extrêmement différent de celui de Ouazkhopirrc. La titulature dans son ensemble, d'ail-

''' MASPEno, L'ostracon Cariian'on et le papyrus Prisse, dans Bec. de tra~ ' vaux, XXXI (1909), p. 1^16.

Y '*' !!• Gadthier, Hois, II, p. 169.

leurs, est très intéressante; analogue, peut-être identique à celle de Ouazkho[)irre Kaniès par les deux noms de cartouches, elle présente par ses premiers éléments de remarquables points de contact avec certaines titulalures de la période antérieure, dite généralement des «XlIP et XIV" dynasties» : n ^ "~ , en effet, est le propre nom d'Horus du roi Ameni- Anlff-Amcnemliat, et Khn-lier-nesll-f, qui joue ici le rôle d'un nom d'Horus, ressemble tout à fait à^^^ qui est le nom de nibli de Noubkhopirre Antef*^^ Il ne faudrait pas croire que cette sorte de parenté du Kamès nouvellement révélé, avec les rois Antef, a pour conséquence de l'éloigner beaucoup du début du Nouvel Empire; car nous avons noté plus haut, à la suite des observations de SteindorfF et de Newberry, qu'entre les Antef et les Sebekmsaf delà r.XIII" dynastie» et les prédécesseurs immédiats de la XVIIP, il y a, non pas solution de continuité, mais relations de parenté et de voisinage manifestées par de très certains indices (voir ci-dessus, Introduction, § I). Le caractère intermédiaire de la titulature du nouveau roi Kamès est une indication supplémentaire et fort précieuse dans le même sens. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que ce roi n'est jusqu'à présent, pour nous, qu'un personnage de roman; le document qui nous l'apporte paraît être une relation de la guerre du Sud contre le Xord. avec attribution de la défaite des Septentrionaux au roi Kamès; le texte correspondrait donc 4 celui qui fournit, de la manière que nous avons expliquée, la substance principale du récit de Sallier i, mais nous transmettrait une version différente des événements, avec le nom de Kamès en place de celui de Skenenre : on ne peut, pour le moment, en dire davantage'-^.

' Lus inonumonts de ces rois seront passés en revue par la suite du présent ouvrage.

'-^ Le texte est actuolleraent étudié par GriCTith et Gardiiier, et l'on peut espérer que sa publication ne se fera pas lonfjlenips attendre.

En ce tjiii coriceriK; la personne' liistoriquement mieux (liMinic (le Ounzkliopirre-Kîunès, nous avons dit (|ue le plus probable était de le considérer comme contemporain d'Alimès. L'idée de rois secondaires contemporains d'Ahmès s'est présentée fréquemment à l'esprit des historiens^'^, à propos des listes de Kliabekhit et d'Anliourkliaoui et aussi à propos d'un autre monument très remarquable, une statue de bronze d'IIarpocrate sur le socle de laquelle figurent quatre noms royaux^

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