‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 27 sur 51 · ES · texte numérisé non relu

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Brugscb, jadis, voyait là''*' deux personnages, Binpou Nofir hare et Soua-on-e Ahmèn, «vice -rois 5? du temps d'Abmès; Ed. Meyer, un peu différemment, reconnaît trois personnes, un Souazenre, un Nojirhare et un ':^dynaste» Ahiiu-s Binpou^'''\ Plus simplement, ne pourrait-on voir sur les quatre faces de ce socle les noms de quatre princes différents, dont un des Ahmès de la liste de khabekhit et, rencontre remarquable,

(') BnuGscn, Hist. d'Ëf^ypte (a' éd.), I, p. 170; Maspero, Hi.it., II, p. 7G , n. /i , cl lllst. aiic. (igo'i), p. 2o5; Ed. Mkyer, Gescli. d. Alt., I, 11 (1909), p. 3o3.

(*) En provenance de Louqsor, au Caire, n" 38. 189. Mariette, Mou. div., pi. XLVIII b; Daressï, Cat. gén.. Statues de divinités, p. 55-.56; Legrain, Répertoire frénéal., I, p. i3. •

'^' Brugsch, Ilist. d'Kgypte, I (2' éd.), p. 170.

'*"' Ed. Meïbr, Nacktriïge zur ug. Chron. (1908), p. 37, et Gesch. d. Alt., I, II (1909), p. 3o3.

e Binpou qui figure également chez Khabekhit , ^ ^^ "^ il semble bien, d'apn^s cela, que les princes

nommés sur celte statue appartiennent au groupe contemporain du roi Ahmès.

A l'appui se présente une observation importante, celle de la similitude de construction des noms solaires de Souazonre, sur la statue, et de Skeneure lui-même. L'orthographe la plus habituelle de ce dernier nom est ^ ^^ ; mais on connaît plusieurs exemples de l'écriture précisée ^ ^ '~~^ , avec le dernier n séparé du mot précédent par le déterminatif , notamment sur un fragment architectural de Deir Ballas, au musée du Caire '^\ sur un grand sceau en calcaire*^', sur le cercueil même du roi^^^, enfin sur la table d'offrandes de Marseille-*^; et l'on voit ainsi que S-hen-n-rc, de même que S-ounz-n-re , est un nom du type général en S-\^-n-re, qu'on peut traduire, peut-être, par «Celui à qui est faite l'action X (florissement, renforcement) parReTi. La spécialité des noms de ce type démontre leur voisinage historique, et la remarque une fois faite, tout un groupe de noms du même type viennent immédiatement se

ranger auprès des deux premiers. Tout d'abord, le f ^^' — 1

qui figure à côté de Skenenre sur la table de karnak, et qu'on retrouve, en compagnie du même roi et de Kamès, sur la table

de Marseille : (^fl^T^'- Ensuite, un (^Jj^

(') Dabessï, dans Rec. de travaux, XVI (189/i ), p. Itli\ Legrain, Rép, généal., I, p. a; Gautuieb, Rois, p. 157.

'*> Mariette, Mon. div., pi. LU c.

(') Maspero, 3/om»e« Royales, p. 026; Legrair , Ri'pertoire géiiéal. , I,p. 3.

(*) L'ortho{Traphe anonnale ® fJi~\ *^ , avec un n supplémentaire à la fin de rélémml hen, ost pout-<'lre fautive.

('^ Son voisinajjo avec Tiouà et Kamès est déjà reconnu , d'après les seuls If'moignapes de la liste de Karnak et de la table de Marseille, par Maspebo, Momies Royales, p. GSS-GSg, et Hist., p. 76, n. II.

connu éjjalement par la table de Karnak et par un scarabée f^', — notons que le Souazenre précité de la statue d'narpocrate

gure, de même, sur la table de Karnak, f ® p| ^J) et

nous a légué quelques scarabées'-', — un f © [1 ^^; ^ connu

seulement par le papyrus de Turin (fr. loi), enfin le ® P • , — s Jont le nom , connu par des scarabées assez nombreux'^*, semble avoir été retrouvé sur deux fragments architecturaux

de Deir el Babri avec ses cartouches complets, f © V Ts \ i ], malheureusement trop mutilés pour que l'iden-

tilication soit certaine ''''.

On est ainsi conduit à remarquer combien le roi Tiouà est différent, par son nom solaire, de son successeur Abmès et de ses descendants ; la construction particulière de ce nom divin le rattache à un groupe de personnages royaux tout à fait étrangers à la XVIII" dynastie et sans nul doute antérieurs. Ceci montre qu'il n'est probablement pas injustifié de parler

C WiEDEMAîfs, Gesch., p. 277.

'-' Un au Louvre, voir Cat. salle hint., n° 4 50; un autre dans la coll. Sayce; Voir WiEDEMANx. GpscIi., p. 275-276. Dcux Qutres trouvés en Nubie, voir Reisner, Arch. Survey of Nubia, 1909, n° 3, p. 12, i3, et Gauthier, Rois,

'J Berlin, n" 1896, Ausf. Verz., p. /m6; Br. Mus., n" 3o5ii, Bldge, Book nf the Kings, 1, p. i3; un dans la coll. Wiedemann; un dans la coll. Grant; deux dans la coll. Pétrie. Voir quatre d'entre eux dans NE\vBEnHV, Scarabs, XXI, 19-23 . el cf. BtDGE, Booh of the Kings, I, p. 98, et Gautuieb, Livre des Ttdis, I, p. 210. Un autre, enfin, trouvé à Tell el Yahoudiyeh par Pétrie, H;iksoH and Isr. Ciliés, pi. IV^ A. n" A. 3 = pi. IX, iA3. Sur tous ces scarahéos, lî ® '*~^ sans cartduclip. Les caractères graphiques de ces petits

monuments, comme nous le verrons plus loin, les apparentent plutôt avec ccui du groupe dos rois Apopi et Kliian, et il se pourrait qu'ils appartinssent à un personnage dlIVérent du roi homonyme des fragments de Deir el Babri mentionnés dans le texte et à la note suivante.

<'' Naville, Tlie \hli Dijnasty Temple al Deir cl Bahri , I (1907), pi. Xll, I, J.

de « XV II" dynastie v et de faire commencer ia XVIIP à Ahmès : le choix des noms d'intronisation révèle souvent, en effet, aux- (lucls de ses prédécesseurs un nouveau roi entend se rattacher spécialement, et une rupture avec la tradition du nom solaire en 5-[X]-«-/r paraît indiquer qu'Ahmès prétendait instaurer un ordre nouveau en Egypte. Quant à Skenenre, qui appartient au groupe onomastique précédent, il s'apparente encore par

là, de la manière la plus inattendue, avec le f®P^' — 'J

Sousirrnre Khimi que l'on considère comme étant un des r^rois hyksùs)', et qui est peut-être contemporain des 5-[X]-w-re de la Haute-Egypte. Nous reviendrons longuement, plus loin, au groupe des «rois hyksôs??.

Pour en finir, d'ailleurs, avec les contemporains plus ou moins certains de Skenenre et d'Ahmès à Thèhes, nous mentionnerons encore le Si-amon déjà connu par la liste d'Anhourkhaoui et dont on possède un sceau en calcaire''^ extraordinairement analogue de facture au sceau de Skenenre cité plus haut. Mais c'est sur Skenenre lui-même qu'il est maintenant nécessaire de diriger notre attention. Jusqu'ici, nous avons toujours parlé de Skenenre Tiouâ comme s'il y avait un seul roi ainsi nommé, tandis que la plupart des historiens admettent l'existence de trois Skenenre différents, dont les noms de deuxième cartouche se rapprochent plus ou moins du type Twuâ; ils considèrent d'ailleurs que ces trois rois presque homonymes se succèdent sans intervalle , de sorte aue tout ce qui vient d'être dit sur Tioiià et ses relations avec Ahmès et sa famille pourrait être considéré, dans la théorie généralement acceptée, comme s'appliquant au dernier d'entre eux, r.TiouA 111». Il faut voir sur quoi cette distinction de trois rois est basée, et pour cela , nous allons passer rapidement en revue les monuments qui portent les noms de Skenenre.

(') Mariette, Mon. div., pi. LU b.

ï. FiOS moniimonts qui (loniioiit le deuxiome nom soiis sa loriue simple Tiouà sqiîI on niajoriLc. Ce sont .

1° La palette de scribe 61/4 bis du Louvre''^ : ||~^

3° Le boomerang du prince Touaou, fils du roi, déposé dans le tombeau de Aqhor à Drah abou '1 Neggab*^' :

Première face : ^ ( j^, ^Z] 1 "^ !!Z\ •

Deuxième face : 4. ^^^ V ^ ^ ! ^ jdb ?! PZI IT,^- 3" La statue précédemment citée dédiée au prince défunt Ahmès; le nom du roi s'y rencontre sous les formes : "] | ^ 1^

(TS] Hï» «' li^ (-S— 1 (déplacement fautif évident du 1 1 1 dans ce dernier cartouche)'^'.

h" Le linteau de Deir Ballas cité plus haut déjà :

5° La stèle de Mes , également citée plus haut : (^ ^ J . IL Une forme Tiouâ-Ken nous est apportée par le cercueil

(') CuAMPOLLios, Mm., j)l. CXCI bis, n" 3; PiEnnET, Rec. d'insci:, I, p. 88; Maspero, Enquête judiciaire, p, 78, et Hist., II , p. 76; Gauthier, Rois, II, p. 157.

(-J M AuiETTE, Mon. (/lit., pi. LI b, et Album phol., pi. XXXVII; Maspero, Enquête judiciaire , p. 78, et Hist., II, p. 76; Sethe, Urh. d. 18 Dijn., I, p. j 3 ; Legrain, Répertoire généal., I, p. 2; Gaitiukii, Rois, II, p. 167. — Pour les autres objets trouvés clans la (ombe de Aqlior, voir Mariette, Mon. div., [il. Ll , et Lkgraiv, loc. cit.

^^) Il n'y a absolument aucune raison de lire ici Tioud-d, comme (Jautliier, en dernier lieu (Rois, II. p. i!);) ), semble vouloir ie faire.

trouvé dans la grande cachette de Deir el Bahri , où le roi est désigné de la manière suivante''^ : i^f®^^,^ ^1 ^

forme passe dans l'inscription d'un monument d'époque postérieure, la liste précédemment analysée de Khabekhit, ({ui porte

Ct^(ï^f^l

III. Une troisième forme, Tiou-à-â, nous parvient dans un seul document postérieur, le papyrus Abbott, qui déclare formellement, en outre, que le roi ainsi nommé est différent de celui (jui s'appelle Tiouà f^) : « La pyramide de ^ ^ J

en ce jour par les inspecteurs et trouvée intacte. La pyramide

de +ZJ (3^^ HP^J (^^^ f ^ P, — ce qui fait, au total (^^)j deux rots ( ^ , , , ^ g J ; — examinée en ce jour par les inspecteurs et trouvée intacte, jj

IV. Il convient enfin, pour établir un catalogue complet, de réunir ici les documents où apparaî^ seul le nom solaire, et qui, par suite, ne donnent pas lieu à discrimination :

1° Le sceau en calcaire déjà cité plus haut : f 0 1 ^ ' — ^ 1 ;

2° L'inscription d'Ahmès-si-Abina à Elkab : ( ^ ^ ^ J ;

3° La table de Karnak : ( ^ f;^ J :

k" La liste d'Anhourkhaoui : ( ^ ^ J ;

^'^ Maspero , Momies Royales, p. 626; Daressy, Cat. gén. Caire, Cetxueils des cachettes royales etc., p. 1-2, pi. I, II; Legrain, Ilépertvire généal., I, p. 3; Gadthieb, Rois, II, p. 161.

(" Pap. AbboU, III, I. 8-12.

5" Ijh'tsloin ê'Apop'i eL île Sliruritre dans Sallicr i :

6° La table de Marseille déjà citée plus haut : ( ® a^ ^^ ^ J .

Considérant ces diverses titulatures, Brugsch^'^, VViedemann^-^, Maspero^'^ et tout récemment encore Ed. Meyer'''^ sont d'accord pour y reconnaître trois rois, de prénom commun Slicnem-e : un Tiou-à (monuments de la première catégorie cidessus), le Tiou-â-à que nomme le papyrus Abbott en même temps que le précédent, entin le Tiou-â-hen du cercueil de Drah abou'l INeggah et de certains monuments postérieurs. Pour les ranger chronologiquement, on manque complètement d'indications, et c'est de manière absolument arbitraire qu'on distingue en général, comme le fait en dernier lieu Gauthier en 1910 [Rois, II, p. iBG-iOa), un Saqmn-ré 1" Taouâa, un Saqnen-ré II Taouàa-àa et un Saqnen-ré III Taâaqen. La seule chose qui importe d'ailleurs aux historiens est que le Skenenre de l'histoire de Sallier 1 , « qui commence la longue lutte avec les Hyksôs», soit le premier des trois, et que le Skenenre de l'inscription d'Elkab, qui précède immédiatement Ahmès, soit le troisième; mais justement, dans l'inscription d'Elkab comme au papyrus, le deuxième cartouche ne parait pas.

Dès qu'il s'agit, d'autre part, de faire nettement la répartition des monuments au nom de Skenenre entre les trois rois dont on admet l'existence, il se manifeste chez les historiens beaucoup de confusion, et il est impossible de comprendre, par exemple, pourquoi Wiedemann a attribué à «Ra-se-kenen III Ta-âa-kenj3 la palette du Louvre, qui porte si nettement Twuâ

''^ Brugsch, Gesch. Mjr. (1877), p. 228, 236-a37. t

t^' Wiedemann, jEfr. Gesch., p. 3oo-3oi.

<'' Maspebo, HisL, II, p. 73, n. 3, 7G, n. 2.

<*' Ed. Meybr, Gesch. d. Alt., I, 11 (1909), p. 298. 3o2-3o3.

— «.( 16^1 kl-- [576]

tout court. Gnutliier, qui signale [loc. cit.) celte erreur ancienne et (l'aulres du même ordre, tombe à son tour dans la confusion, et s'ôte toute possibilité de séparation rationnelle des monuments en ne voulant pas que la statue du prince Ahmès, avec le nom du roi Tioun , appartienne à «Saqnen-ré P'» comme il serait indiqué, et comme l'admettent très lo^jiquenient Pétrie et Budge. Gautbier est entraîné, à cette occasion, dans des contradictions du caractère le plus instructif. Il lit sur la statue, à ce qu'il semble, Tiouâ-â au lieu du Tiouâ correct [loc. cit., p. iSf)), en conclut que le monument appartient au r, Saqnen-ré lITaaa-Aaw du papyrus Abbott (^/i/r/. et n. i),et tout près de là, d'autre part, et non moins affirmativement, il attribue la statue à «Saqnen-ré III Taouaa-qen 5? {ihid., p. 1 58 , n. 2). Pourquoi cette dernière solution? Il est facile de le comprendre en se reportant aux considérations généalogiques établies plus haut, car nous avons vu que le roi Tiouâ de la statue Daninos est, très probablement, le père du roi Ahmès, de sorte que ce prédécesseur immédiat d'Ahmès est, non moins probablement, le dernier des trois Tiouà connus, c'està-dire «Saqnen-ré III Taouàa-qen. ?? Ce Tiouâ-ken s'appellerait donc Tiouâ tout court sur certains de ses monuments? Si l'on admet cela, on n'est pas loin de reconnaître que Tiouâ et Tiouâ-hen sont une seule personne, et l'on voit que nous sommes tout près, ici, d'en avoir la preuve décisive.

La distinction des trois Tiouâ, d'adleurs , a déjà été contestée, quoique rarement. On voit Bouriant, en 1889, se demander si l'un des deux rois du papyrus Abbott ne pourrait être identique à Twuâhen, ce qui réduirait à deux le nombre des rois homonymes^'^; Maspero, plus explicitement encore, est d'avis que l'élément -hen ne fait pas partie intégrante du nom de Tiouàken, et que le roi ainsi nommé est identique au Tiouà

■'' HoLBiANT, dans flpc. de travaux, XI (i88(j), p. 189; cf. Maspero, Uisl., II, p. 76, n. 2.

tout court de la statue du prince Alimès, époux d'Ahhotep et dernier en date des rois qui portent son nom^^ L'observation est excellente, mais alors comment continuer à parler de trois rois Skenenre ? Car le Tiouà-ken du cercueil une fois dépouillé de son individualité supposée, on n'a plus, comme Skenenre différents, (jue les deux rois spécifiés par le papyrus Abbott, le Tiouà qu'on vient de dire et son voisin Tiou-â-à. IN'est-il pas possible, maintenant, de fondre ^vec le précédent ce dernier roi, de nom si proche et si complètement inconnu par ailleurs? Le texte du papyrus est, à première vue, d'une netteté accablante; mais le scribe ne parle-t-il pas lui-même en termes précis qui soulignent son étonnement, de «deux rois Tiouâ-n ^ et ne peut-on admettre, par suite, quelque malentendu dans les opérations des inspecteurs de la nécropole, deux chapelles qui portaient les noms de Skenenre, ou un seul tombeau vérifié deux fois, inscrit deux fois et passé en double dans le procèsverbal? A notre avis, il est presque nécessaire de recourir à une suppositon de ce genre, en raison de l'impossibilité qu'il y a à ce que deux Tiou-à ou Tmi-â-â, proches parents et contemporains, aient éprouvé le besoin de porter le même nom solaire.

Nous croyons donc pouvoir conclure qu'il existe un seul roi dont le nom solaire est Skenenre; son nom personnel, qui est Tiouâ, se présente sous cette forme dans le plus grand nombre des cas, et une fois seulement à l'époque même du roi, sur son cercueil, avec l'addition -ken empruntée aux éléments constituants du nom solaire.

L'unificaition des trois Tiouâ auparavant admis allège notablement l'histoire des ascendants d'Ahmès et de la principauté

<') Maspero, Hitt., II, p. 78, n. 2. Ajoutons à cela que si -ken, comme nous le croyons également , est un qualificalif supplémentaire et d'usage facultatif dans ce nom royal , il s'est introduit à cette place par analogie et sous l'influence de la forme avec ken du nom S-ken-n-re du premier cartouche.

H. R. WEILL. 19

thébaino à la veillo de la XVIII" dynastie. Le peu qu'on sait de c<Mte histoire peut maintenant être résumé de la manière suivante :

Le prédécesseur d'Ahmès, Skenenre Tiouâ, était très probablement son père, le mari d'Âhhotep et le père également d'Ahniès-Nofritari qu'Ahmès devait épouser; il était le frère de sa femme, la reine Ahhotep; leur mère était Teti-sheri, née de simples particuliers, çt leur père, dont le nom nous manque, n'avait probablement pas non plus la qualité royale, de sorte que Tiouâ fut le premier de sa maison qui arriva au trône. Sa capitale était Thèbes, oii il eut son tombeau, ainsi que sa femme et les princes de sa famille, dans la nécropole de Drah abou'l Neggah où reposaient déjà les Tbébains de la W dynastie et les membres des familles royales qui succédèrent à la XII* dvnastie à Thèbes, notamment les Sebekmsaf. Son domaine, hérité des Sebekmsaf et des Sebekhotep dont l'histoire sera faite plus loin , comprenait toute la Haute-Egypte jusques et v compris, en aval, la région d'Abydos (monument de Ballas), et en amont, la principauté d'Elkab dont les seigneurs gardaient fidèlement, vis-à-vis de lui, la position de vassalité acceptée au temps des premiers Sebekhotep. La Moyenne-Egypte échappait à son autorité, sans doute, et à plus forte raison le Delta; son fils Abmès, le premier, devait arriver à soumettre le pays entier à la royauté thébaine, à la suite de luttes dont quelques épisodes nous sont racontés. On croit comprendre de plus qu'avant Ahmès, et peut-être au cours même de son règne, les titres royaux appartenaient simultanément à plusieurs personnes. Cette situation, qui serait certaine si l'on prenait au sérieux les listes «royales» postérieures de Deir el Médineh, fournit une explication commode du personnage du roi Ouazkhopirre Kamès, dont le voisinage avec Tiouâ et Ahmès est certain; on peut supposer qu'un pareil état de choses correspond à une sorte de vulgarisation

(le la (jiialité royale parmi les princes des nomes, devenus indopendiuits quoKjue temps apn-s la XIP dvnastlo et tn^'s lentement et progressivement roconfjuis, depuis lors, par les souverains thi'bains : nous suivrons plus loin, chez les Antef impuissants, puis chez les Sebekmsaf et leurs successeurs les Sehekhotep, les étapes de ce travail de reconstitution nationale.

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