IV. Retour offensif et victoire définitive des Thébainjs
Première période.
Un usurpateur, maître de l'Egypte entière, et dont le règne est sans doute assez court, est suivi d'une dizaine de rois obscurs, rapidement confinés en Haute-Egypte où ils forment une sorte de dynastie. En même temps qu'eux, on entrevoit d'autres Pharaons en Moyenne-Egypte et dans le Delta. A part l'usurpateur du début, tous ces princes se réclament du souvenir de la XIIe dynastie. A leur époque se placent les premières installations de tribus bédouines indépendantes en Basse- Egypte.
/ Sekhemre-Khoutaoui Penten, ou Amenemhatr , ' Sebekhotep.
^l1 1 ' j Sekhemkare X... (THorus Sankhtaoui), ou
Amenemhat-Senbef (l'Horus Mehabtaoui ).
Sekbemre - khoutaoui A in^ nemhal - Sebekhotep .
ou Penten.
Sekhomkare Amenemhat-Seuhef (l'Horus Mehabtaoui), ou X. . . (l'Horus Sankhtaoui).
Ilaute-hgypte... ( *Sanklinl>i'e Anieui-Antef-Anienerahat. Snofirabre Senousrit.
Re-Khoutaoui Ougaf.
Menkbaoure Anab. £ ' \ Nekhauematre Kbenzer.
M -a \ Hotepabre Amou-Hornouztefef.
j • 5JF " | X. . . Amenemhat (l'Horus Herabshedit]
/ Smenkhkare Mermasbaou.
, X... Nebsi.
Basse-Egypte.../ ( Semkeu.
Les (tcbefs de tribu» { , ,,
Anther.
Le premier Sekhemre-Khoutaoui paraît avoir régné h ans; ses successeurs ont tous peu d'importance, et sans doute passent très vite sur le trône. En attribuant à la période entière une durée de 2 5 ans, il semble qu'on soit plutôt au-dessus du chiffre véritable.
Deuxième période.
A ces rois obscurs et presque inexistants succède, à Thèbes, une famille pharaonique plus forte et surtout bien définie, dégagée du culte de la Ail" dynastie, rattachée à Sekhemrekhoutaoui l'usurpateur et peut-être aux anciens Thébains de la XIe dynastie : cette famille est celle des rois Antef et Sebekemsaf. La principauté thébaine vit paisiblement dans des limites étroites, n'allant pas plus loin que le nome d'Abydos, au Nord, lentement affermie et développée, vers le Sud, par l'alliance avec les princes indépendants d'EIkab, qui prépare la reconstitution d'une Egypte méridionale unifiée,
Ai, prince d'Elkab, devient le gendre du dernier Sebekemsaf. Après ce Pharaon, la chaîne dynastique, continue à Thèbes, à ce qu'il semble, depuis les premiers Antef, est rompue, et il apparaît sur le trône un roi Sebekhotep, d'extraction non royale, mais qui continue en toutes choses la tradition de ses prédécesseurs.
Au temps des Sebekemsaf, on commence à entrevoir, en Haute-Egypte, quelques-uns de ces rois secondaires, membres ou associés de la famille principale, dont les noms, un peu plus tard, encombreront les listes royales thébaines. Le morcellement, d'ailleurs était devenu normal d'un bout à l'autre de l'Egypte. On n'a aucun renseignement, pas un seul nom royal, pour la Moyenne-Egypte et pour le Delta, où se développe tranquillement le régime des petits princes indépendants chacun dans sa ville; beaucoup de ces principautés sont celles d'Asiatiques immigrés — il y en avait déjà avant les rois Antef, — qui paraîtront en lumière au cours de la période suivante.
FAMILLE THEBAINE PRINCIPALE :
Sekhemre-Harhermat Antef.
Sekhemre-Apmat Antef-à , fils probable du précédent.
Noubkhopirre Antef, frère cadet du précédent, époux d'une reine
Sebekemsaf.
Sekhemre-Ouazkhaou Sebekemsaf, peut-être fils des précédents, père
d'un prince Sebekemsaf.
Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf, tils probable du précédent; époux
de la reine Noubkhas, père de la princesse Khousou, épouse d'Ai
d'Elkab. N'a pas eu de fils.
Sekhemre-Souaztaoui Sebekhotep. d'extraction non royale: époux d'une
reine Anni, père d'une princesse Aouhetabou qui devint reine. N'a
pas eu de fils.
Sekhemre-Gergtaoui Sebekhotep, successeur (?), peut-être gendre (par
mariage avec Aouhetabou) du précédent. A sans doute disparu très
vile,
ROIS PARENTS 00 ASSOCII Ë8 .
Sekhemre-Noûrkhaon Oupouaitemsaf.
Sekhemre -Ooahkhaou Rahotep.
Sekhemre-Smentaoui Thouti, époux d'une ]"eine Montouliolep.
Sekhemre-Sankhtaoui X. . .
A Klkab : Ai, prince indépendant.
Pour apprécier la durée de la période, il faut remarquer que le règne du premier Antef et celui de Sekhemre-Gergtaoui ont eu sans doute très peu d'importance, et que, parmi les cinq autres rois de la famille thébaine principale, le deuxième et le troisième Antef étaient frères, de manière qu'on ne doit attribuer, à eux deux ensemble, que la durée d'une génération humaine. Il reste, en somme, la durée possible de quatre générations humaines, représentées, respectivement, par Sekhemre- Apmat et Nouhkhopirre, Sekhemre-Ouazkhaou, Sekhemre- Seshedtaoui, et Sekhemre-Souaztaoui (I). On ne commettra vraisemblablement pas une grande erreur en attribuant à la période entière une durée de 100 ans.
roisinnc
période.
La chaîne dynastique, à Thèbes, est rompue encore une fois. Les derniers Sekbemre sont remplacés par des princes d'extraction non royale, qui reviennent aux traditions des petits Pharaons de la première période, héritiers prétendus des rois delà XII" dynastie. La puissance de la royauté thébaine s'étend considérablement, d'abord sous Khasekhemre Nofirholep, puis, et surtout, sous son frère, khanolirrc Sebekhotep, reconnu comme souverain par l'Egypte entière. Mais sa BOUve-
W On sait positivement , rappelons-le, qaeSekhemre-Seshedtaoui.Sekhemre- Souutaotn el l<' Khasekhemre qni ouvre la période suivante, se placent chronologiquement dans iniis générations humaines consécutives.
raineté, en dehors de la Thébaïde, n'est guère que nominale; il a comme vassaux , en Moyenne et en Basse-Egypte , une multitude de petits princes, tous possesseurs de la qualité royale, indépendants au temps des Antef et des Sebekemsaf, et dont la condition réelle n'a pas dû changer beaucoup. Un grand nombre d'entre eux, au Delta, sont les Asiatiques des scarabées du type Aura, successeurs des Semken et des Anther immigrés peu après la chute de la XI P dynastie. Rois de Thèbes et petits Pharaons indépendants, Asiatiques et indigènes, à l'envi, s'inspirent, dans leurs titulatures, du souvenir de la grande famille antérieure, particulièrement de celui d'Amenemhat III, dont Aouabre Hor de Dahchour est un fidèle, et dont le nom solaire parait avec une remarquable fréquence.
La domination thébaine sur la Haute-Egypte est fermement établie, mais du côté du Nord, et dès après le règne de Khanofirre, elle recule rapidement devant l'avance des Septentrionaux en voie d'organisation, que représentent, pour nous, les Asiatiques des scarabées du type du «chef de tribu» Khian : l'époque de cette décadence, à Thèbes, est celle du règne de Khaankre Sebekhotep. Après lui, la royauté thébaine se réduit à très peu de chose et se limite à la principauté même de Thèbes, sous une dynastie de princes obscurs qui se succèdent probablement assez vite, pendant qu'une autre famille pharaonique se manifeste, au Sud, dans la région de Gebelein, et que les Septentrionaux, unis sous des Pharaons dans la famille desquels les noms étrangers voisinent avec de vieux noms indigènes, font la conquête de la Thébaïde et lui imposent leur commandement, comme les Thébains avaient fait au Delta la veille. Les héros de cette conquête du Sud sont Sousirenre Khian et Aousirre Apopi; il n'est pas interdit de supposer que le premier d'entre eux régnait déjà au temps de Khaankhre Sebekhotep.
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Au point de vue de l'évaluation chronologique, la considéralion de ce tableau se simplifie, lorsqu'on observe que la durée de toute la période est couverte par les règnes de cinq personnages notables, Khasekhemre, Khanofirre et Khaankhre à Thèbes, Sousirenre et Aousirre chez les Septentrionaux. Les deux premiers Thébains, d'ailleurs, sont frères, ce qui nous oblige à ne leur attribuer, ensemble, que la durée d'une seule génération; de sorte qu'il reste, au total, la durée possible de quatre générations humaines. Si l'on remarque, de plus, que le règne de Sousirenre Khian peut très bien s'être superposé, chronologiquement, au règne de Khaankhre Sebekhotep, on conclura que la période entière, très probablement, n'a pas eu une durée supérieure à 100 ans(1).
Quatrième période.
L'empire de Sousirenre et d'Aousirre s'écroule aussi vite qu'avait disparu la domination thébaine des Sebekhotep. Les derniers Apopi, Aknenre, Nibkhopeshre et quelques autres princes de leur famille sont repoussés par les Thébains d'une dynastie nouvelle, dont les personnages les mieux connus sont son fondateur Skenenre Tiouâ et son fils, Nibpehtire Ahmès, que l'on considère comme le premier roi de la XVIIIe dynastie. Autour de Skenenre et de Nibpehtire , on aperçoit une foule de personnages apparentés à eux, princes Ahmès, Kamès et autres, qui tous portent la couronne, à l'exemple des Pharaons secondaires en Haute-Egypte au temps de Khanofirre Sebekhotep. Dès le règne de Skenenre, la victoire thébaine est
(1) D'après la mention connue du papyrus Rhind , Aousirre Apopi aurait régné nu moins a3 ans : cela n'a point l'air incroyable, et il faudrait seulement admettre que ce représentant de la puissance tanito à son apogée correspond, chronologiquement, à la famille entière des obscurs Mer-[X]-re qui précèdent, à Thèbes, le moment de la renaissance,
presque décisive, et il ne reste à Nibpehtire Ahmès qu'à la compléter par la prise des dernières villes du Delta où résistaient quelques princes indépendants du Nord et sans doute quelques forces asiatiques.