PHARAONS APPARENTÉS
Skenenre Tiouâ, époui de la reine Aliliolep, père de plusieurs princes et princesses Ahmès.
Nibpehtire Ahmès, fils du précédent, époux de sa sœur, la reine Ahmès- Nofritari.
Sneklitenre X.
Souahenre Senbmaiou.
Souazenre Binpou (ou Ahmès).
jNofirkare Ahmès (ou Binpou).
Ouazkhopirre Kamès.
Plusieurs Ahmès et Kamès.
Akncnre Apopi.
] sans doute Asahre X. t
„ / petits princes
Akliare X. , •
) secondaii'i's
Ahotepre X. {
•îi 1 ou Nibkhopeshre Apopi. \ • ,, j , r r r j indépendants.
Sheshi (ou Pepi). J peut-être Ouazed. > ailleurs Semt. ) en Egypte.
Cette dernière période, si on la limite à l'avènement de Nibpehtire Ahmès, n'est point longue; sa durée est celle même du règne de Skenenre, dont on sait qu'il périt violemment, peut-être sur un champ de bataille : on ne sera point audessous du chiffre véritable en lui attribuant un règne de a 5 ans.
La récapitulation des évaluations qui précèdent donne lieu, pour l'évaluation des durées maximum des quatre périodes
définies entre la XIIe dynastie et la XVIIIe, au décompte suivant :
Première période 25 ans.
Deuxième période î oo
Troisième période î oo
Quatrième période 25
Total : durée maxima qu'on peut attribuer à l'intervalle séparant la fin de la XIIe dynastie du début de la XVIIIe. 25o ans.
Il reste à conférer ce chiffre , résultat final de l'analyse historique d'après les monuments, avec les résultats des théories chronologiques jusqu'à ce jour en présence.
En dehors de la méthode de l'analyse documentaire, il y a deux manières de faire la chronologie de la période comprise entre la XIIe et la XVIIIe dynastie : d'après les listes transmises par l'Africain, le plus souvent dites «manéthoniennes», et d'après les dates sothiaques.
La totalisation des chiffres donnés par Africain pour les dynasties XIII à XVII fournit, comme on sait, la durée de i5c)0 ans, que plusieurs historiens, aujourd'hui encore, acceptent, tandis que d'autres, à diverses reprises, ont cherché à la réduire par des artifices plus ou moins arbitraires, notamment par l'hypothèse de dynasties simultanées. Nous avons montré, précédemment (1), que dans la liste africaine il n'y a pas de dynasties simultanées, mais bien des dynasties illusoires, entièrement inexistantes non seulement historiquement, mais dans la forme primitive de la tradition grecque, et nées de malentendus arithmétiques, d'opérations de réduplicalion et d'addition fallacieusement exécutées sur les chiffres du tableau ancien. La mise en lumière de ces opérations grossissantes
C Les Hyksôs etc., Etudes et notes complémentaires , S IV.
permet de biffer, purement et simplement, les dynasties XIII et XVI, avec leurs 653 ans et 5 î 8 ans, réduisant le tableau à trois dynasties, celles des nos XIV, XV et XVII de la classification africaine, comptant respectivement 18/1, 259 (neti5ians, soit, au total, 09/1 ans. On peut supposer que le tableau ainsi restitué était celui de la relation manéthonienne authentique: il représente, en tout cas, la forme la plus ancienne de la tradition grecque à laquelle nous arrivons à remonter, et, si l'on veut parler de chronologie « manéthonienne » et la comparer avec les faits historiques, c'est ce chiffre total de 59/1 années qui doit être pris en considération. Il est encore beaucoup plus élevé que le chiffre de s5o ans qui serait un maximum, nous venons de le voir, d'après l'analyse documentaire; mais Manéthon — ou l'auteur de la relation grecque dans sa forme primitive — écrivait à une époque fort éloignée des événements, travaillait sur des listes hiéroglyphiques, telles que le papyrus de Turin, qu'il a pu mal comprendre, considérant par exemple comme successifs des groupes royaux que le document hiéroglyphique enregistrait comme simultanés, de sorte qu'on peut supposer là , sinon des réduplications arithmétiques comme celles qui ont conduit do la liste grecque ancienne à la liste africaine, du moins des additions injustifiées. Le résultat était le morne, un grossissement illusoire; et, de même qu'Africain n'est pas Manéthon, ni la tradition grecque dans sa forme première, de même cette tradition grecque ancienne n'aura été conforme ni à la tradition
(,) Le chiffre d'Africain est, comme on sait, a84 ans; mais la liste détaillée de la dynastie, conservée dans son lableau par exception, est perturbée, et on la rétablit dans sa forme correcte par comparaison avec la même liste dans Joscphe, qui a conservé là, par fortune, les données manéthoniennes complètes et authentiques. On se rappelle que la remise en place du chiffre correct de s 5g ans, pour la XV* dynastie, dans le tableau d'Africain, est le point de départ des observations arithmétiques qui aboutissent à l'évanouissement de la XII J' dynastie et de la XVI*.
hiéroglyphique où elle prenait ses sources, ni surtout à la
réalité de l'histoire.
Tout cela, qu'il n'y a pas de moyen de préciser davantage, peut d'ailleurs être rejeté en toute rigueur. On peut soutenir — contrairement à l'évidence, croyons-nous, mais enfin on peut le faire — que c'est bien Manéthon authentique qu'on trouve chez Africain ; on peut soutenir aussi, ni plus ni moins raisonnablement, que la liste d'Africain a la qualité d'exister, d'être parvenue jusqu'à nous, et que, manéthonienne ou non, elle doit êlre prise telle quelle. Certains, à cela, se tiendront d'autant plus fermement que la liste africaine est la vraie base de la chronologie longue qu'ils affectionnent, et que, sans elle, il n'y a plus de raison décisive de choisir le chiffre long, entre les deux chiffres que la théorie des dates sothiaques nous offre. Pour ceux qui, plus ou moins explicitement, raisonnent ainsi, les choses s'arrangent à merveille. Africain , supposé manéthonien, est là avec ses i5o,o ans, et les dates sothiaques donnent à choisir, pour l'intervalle correspondant, entre les chiffres de 208 ans et de 1668 ans : c'est évidemment le dernier qu'il faut prendre, pensent les «africanistes», et l'on voit alors que le chiffre d'Africain, pour grand qu'il soit, est encore inférieur, de 78 ans, à celui que les dates sothiaques fournissent : donc — conclut-on — le grand chiffre d'Africain n'est pas trop considérable.
Il y a partie liée, si l'on peut dire, entre les 1690 ans d'Africain et l'intervalle long de 1668 ans que permettent les dates sothiaques. Voyons, cependant, dans quelles conditions la théorie des dates sothiaques se présente à nous, avec le chiffre long et le chiffre court que le calcul, impartialement, nous propose.
Les faits et les raisonnements sont clairs (1) et peuvent être
M Exposé complètement , après un grand nombre de travaux antérieurs, par Ed. Meyer, Aegtjptische Chronologie, 1906.
résumés brièvement. L'année usitée par les Egyptiens est une année fixe ou civile de •"><>"> jours, — 12 mois de 3o jours et 5 jours supplémentaires, — inférieure, par conséquent, de \jk de jour à L'année solaire vraie. Au calendrier de cette année fixe, qui recule d'un jour, tous les quatre ans, par rapport à l'année vraie, toutes les datations précises et notamment toutes les fêtes sont fixées, de telle manière qu'une fête déterminée, attachée à tel jour de tel mois, se déplace lentement dans l'année vraie, reculant d'un jour tous les quatre ans. Les Egyptiens avaient constaté, de longue date, ce dérangement progressif des fêtes et des saisons par rapport à leur position véritable, et ils l'acceptaient comme la conséquence d'une année établie etinchangeable. Or il était, parmi les événements annuels de leur monde, un seul événement, une grande fête, que sa liaison trop évidente avec un moment précis de l'année vraie avait empêché de laisser décrire, au long de l'année vraie, le long cycle de déplacement auquel étaient assujetties les dates liées à l'année civile : cet événement exceptionnel était celui du premier jour de l'inondation, dont il se trouve qu'il coïncide, dans l'Egypte centrale, avec une date astronomique très remarquable, celle du premier jour du lever héliaque de lu planète Sothis. Aux deux phénomènes superposés on avait fait marquer, lors de la constitution du calendrier, le début de l'année, le Jour de l'An, le premier jour du premier des douze mois. Mais ces deux phénomènes naturels s'accomplissent . l'un et l'autre, de manière si visible, qu'il y avait une sorte d'impossibilité à les proclamer, à célébrer leur fêle, en dehors du jour où ds viennent vraiment à se produire. Quel expédient, alors, avait-on adopté? On s'étail résolu à déplacer là fête du lever de Sothis, continûment, dans l'année civile, de manière ;i ta maintenir à sa place dans L'année \raie(1); et, comme on
Rappelons que cette place est la dnte du i<i juillet < I « • notre calendrier
continuait à tenir le jour du lever de Sothis pour celui du début de Vannée, on avait ce paradoxe, accepté comme tout le reste, d'une année absolument fixe, avec ses douze mois de 3o jours, bien numérotés, et ses 5 jours supplémentaires, mais dans laquelle le Jour de l'An ne cessait de se déplacer d'une date à la date voisine. Il se déplaçait si bien, que chaque année il était publié un décret royal faisant connaître quel jour de l'année civile le lever de Sothis aurait lieu. C'est ù peu près comme si, dans un calendrier moderne dérangé et qu'on ne voudrait pas remettre en ordre, on jugeait à propos de publier, chaque année, un avis ainsi conçu: «Cette année, le ier janvier véritable tombera le tantième de tel mois.»
Pour nous, qui connaissons exactement l'écart entre l'année civile de 365 jours et l'année vraie de 365 jours t//i, les différences sont aisées à calculer et à totaliser; nous savons que le déplacement est d'un jour au bout de quatre ans, de 365 jours, soit d'une année entière, au bout de 1/160 ans, et par suite, qu'après 1/160 années vraies, qui valent 1 46 î années civiles, l'année civile, ayant accompli un cycle de déplacement complet, se trouve revenue à sa place primitive dans l'année vraie, avec toutes ses dates. Nous voyons également que pour maintenir à sa place traie la fête de Sothis il faut la déplacer, dans l'année civile, de la quantité exactement complémentaire, soit d'un jour tous les quatre ans et dans le sens du retard, — puisque l'année civile est trop courte, — et que si l'on procède ainsi la fêle de Sothis se trouvera revenue à sa première place dans l'année civile, ayant accompli un cycle de déplacement complet, au bout du même laps de î /i6o ans : pour quel motif on donne, à ce cycle de i/i6o années vraies, égalant 1/161 années civiles, le nom de période sothîaque. Tout cela, pour nous, est bien clair; la question est de savoir si les Egyptiens anciens étaient
grégorien, et ce, à perpétuité , le calendrier grégorien réalisant un accord aussi précis qu'il est possible avec Tannée vraie.
m. r. weill. 39
assez exactement renseignés pour déplacer la fête de Sothis, au Ion;; de leur année civile, de la minière convenable. Ll est extrêmement probable, tout d'abord, que les Egyptiens
ne se sont jamais élevés jusqu'à la conception de la période sothiaque de i i6o ans. Ce cycle est un fait tout théorique, absolument inutile au maniement du calendrier d'où il résulte: mi (Jurée est le produit d'une multiplication dont seul était intéressant le facteur élémentaire de \jk de jour par an, de î jour par quatre ans, coefficient de décalage de l'année en île par rapport à l'année vraie, et coefficient de correction en sens inverse, en même temps, en ce qui concernait la continuelle remise en place de la fête «le Sothis. Les Egyptiens savaient-ils — telle est la question précise à poser et le point délicat de la théorie — que c'était tous les quatre ans (pie la fêle de Sothis, dans le calendrier fixe, devait être retardée d'un jour?
1*0111* que nous en eussions la certitude, il nous faudrait un très grand nombre de ces déterminations administratives de dates sothiaques qui avaient lieu chaque année en Egypte. Si nous avions la collection complète de ces déterminations pour une vingtaine ou une dizaine seulement d'années consécutives, rangées certainement, par exemple des années successives d'un môme règne, et que nous y vissions le jour de Sotli i> être reculé, régulièrement, d'un jour tous les quatre ans, alors la réalité de celte opération, dans l'Egypte ancienne, nous serait démontrée. Malheureusement nous ne sommes pas si riches; les lixations de dates sothiaques qui sont arrivées jusqu'à nous sont en très petit nombre, et séparées par des intervalles de temps considérables, de telle sorte qu'on n'en peut rien déduire quant à la méthode suivant laquelle, chaque année, ces fixations étaient laites. Or celte méthode, supposée réelle el fidèlemenl suivie, — le retard d'un jour tous les quatre ans, — esl la base des calculs modernes de détermination des intervalles chronologiques d'après les dates sothiaques, de sorte qu'on
peut dire que ces calculs reposent entièrement sur une hypothèse. Hâtons-nous d'ajouter que cette hypothèse a de très grandes chances d'être exacte.
Voici, en effet, un monde scientifique et administratif dans lequel on connaît et on emploie l'année de 365 jours, une année dont la durée, en nombre entier de jours, est absolument exacte. Cette année, on la possède depuis le début des temps historiques : elle était en usage avant l'époque des grandes pyramides. Or, il a fallu qu'elle fût déterminée, qu'on se rendît compte que le chiffre vrai était 365 jours et non un autre, et pour une détermination de ce genre, s'il n'est pas absolument nécessaire de songer à un procédé de tâtonnements méthodiques, il faut admettre du moins que les hommes qui l'effectuaient étaient doués d'une capacité d'observation réelle (1). Ces mêmes hommes, une fois en possession de l'année de 365 jours, et le calendrier fixe constitué, ne lardèrent pas à s'apercevoir qu'au bout de quelques années leurs dates fixes étaient en avance sur les phénomènes naturels les plus visiblement situés dans le temps, — le lever héliaque de Sothis, par exemple, — et lorsqu'il fut question de mesurer cette avance, de savoir au bout de combien d'années, pour le lever de Sothis à remettre en place, une correction d'un jour était nécessaire, des observations et quelques tâtonnements échelonnés sur une période extrêmement restreinte durent suffire. Ce problème complémentaire était, en réalité, beaucoup plus facile à résoudre que n'avait été le grand problème de la mesure de l'année en jours, et nous pouvons croire que des réponses
O A ta rigueur, et théoriquement, ta mesure de l'année peut être effectuée par une opération unique, consistant à observer, en un point déterminé du territoire, un phénomène naturel bien caractérisé et visible, — par exemple le premier jour du lever héliaque de Sothis, — et à compter les jours, ensuite, jusqu'à ce que le même phénomène se reproduise une deuxième lois. Dans la pratique, évidemment, le contrôle d'un certain nombre d'opérations vérificatives est nécessaire.
précises furent données aux deux questions, d'ensemble <•! à la même époque.
Les Egyptiens ont donc mie année fixe de 365 jours, dont
le jour du lever de Sotbis, à l'origine, est le premier, et clans laquelle ils notent, méthodiquement et administrativement, le déplacement du lever de Sotbis, consistant en un retard d'un
jour tous les quatre ans. Une fois admis ceia, on acquiert un merveilleux moyen de déterminer l'intervalle qui sépare deux années de l'histoire pour chacune desquelles la position du lever de Sothis dans le calendrier lixe nous est connue. Supposons qu'en l'an i du roi \, — l'exemple numérique est pris dans le vide et tout à fait au hasard, — le jour officiel du lever de Sothis soit le t£i* jour de l'année civile, et qu'en l'an i d'un autre roi \, postérieur, la même fête se trouve fixée au iy3c jour de l'année. De l'une à l'autre époque, le lever de Sothis s'est déplacé, a été retardé dans l'année civile de 32 jours, et comme chaque jour de retard correspond à un laps de quatre ans, les 3a jours accusent 3a x h, ou 128 ans d'écart, qui est la distance chronologique séparant l'an 1 du roi X de l'an 1 du roi 1 : avec une erreur possible d'un petit nombre d'années, évidemment, exactement à trois ans près, en plus ou en moins, comme on s'en rend compte sans peine en analysant en détail les conditions arithmétiques du problème. Une erreur d'un autre ordre est encore possible, cependant, de la valeur d'une constante redoutable, la durée d'une période sothiaque entière de 1 /1G0 ans : car, à 1 4 60 ans de distance, le jour de Sotlus retrouve, par révolution achevée, une même position dans l'année civile, de telle manière que, dans l'exemple qui précède, au lieu de conclure que l'an 1 du roi Y est postérieur à l'an 1 du roi \. de ia8 fins, .1 3 ans près en plus ou • m moins, on pourrait conclure aussi bien que l'écart entre 1rs deux dates historiques est 128 -{- 1/160, soit 1 588 ans, ou même 1 28-j- 1 /460 x 9, soit 3o/i<S ans, toujours, bien
entendu, à 3 ans près dans un sens ou dans l'autre. Et les ressources du calcul des dates sothiaques s'arrêtent là : entre deux chiffres d'écart tels que 128 ans et 1 588 ans, différant d'une période sothiaque entière,. seules les données de l'histoire et de la chronologie ordinaire peuvent permettre de décider.
Voyons ce que donne l'application de la méthode aux dates sothiaques, malheureusement très peu nombreuses, qui nous sont parvenues.
Pour toute la durée des temps pharaoniques, nous en possédons trois; elles sont extrêmement connues, et nous pouvons nous dispenser de toutes indications sur les textes qui nous les apportent. L'une des trois, celle du calendrier d'Eléphantine, de l'époque de Thoutmès III, qui assigne le «lever de Sothis», très précisément, au «mois 3e de Shemou , jour 28e», c'està-dire au 28 du 1 ie mois de l'année, Shemou étant la dernière des trois tétraménies, — Shat, Périt, Shemou, — en lesquelles l'année était divisée, c'est-à-dire encore au 328e jour de l'année, — cette date est malheureusement inutilisable, parce que l'indication du moment historique où elle se place, l'année du règne du roi Thoutmès III, n'est pas conservée sur le monument. Il faut la laisser tomber. Les deux autres dates nous indiquent le jour du lever de Sothis, avec la même précision, la première, celle du papyrus de Kahoun, en l'an 7 de Senousrit III, de la XIIe dynastie, l'autre, celle du calendrier du papyrus Ebers, en l'an 0, d'Amenhotep Ier, de la XVIIIe dynastie : on comprend immédiatement que d'après cela on pourra calculer l'intervalle qui sépare l'an 7 de Senousrit III de l'an o d'Amenhotep Ier, — à une période près de i46o ans, bien entendu, — et, cet intervalle une fois déterminé, et la chronologie intérieure des dynasties XII et XVIII supposée préalablement faite, en déduire par soustraction simple la valeur de l'intervalle entre ces deux dynasties.
Une quatrième date solhiaque, enfin, transmise, presque miraculeusement, nous donne le moyen de transposer, en chronologie absolue, la chronologie relative qui résulte des indications précédentes; car cette quatrième date, aussi précise que toutes les autres, — le jour du lever de Sothis dans le calendrier civil égyptien, — se réfère à une année déterminée de l'ère chrétienne, qui se trouve ainsi rattachée, par le moyen du calcul direct de l'intervalle, soit à l'an q d'Amenhotep l,r, soit à l'an 7 de Senousrit III. Pour laisser toute sa simplicité, cependant, à la question de durée qui nous occupe ici, et ne pas y introduire des éléments de chronologie absolue qui en toute rigueur ne l'intéressent pas, nous mettrons de côté, pour le moment, cette précieuse date de Censoriuus, et concentrerons toute notre attention sur celles de Senousrit III et d'Amenhotep Ier.
La mention du papyrus Ebers dit : «L'an q, de la iMajesté du Roi Zeserkare (Amenhotep Ier), Jour de l'An: mois 3 de Shemou, jour qc : Lever de Sothis.» On établit en un instant que ce jour de l'année civile est le 3ocj°.
La mention du papyrus de Kahoun, daté de l'an 7 de Senousrit III, est un avis circulaire émanant du gouverneur et administrateur du temple, disant : «Tu dois savoir que le kver do Sothis a lieu le 1 6 du mois h de Périt» : le jour ainsi désigné est le aa(i" de l'année.
De l'an 7 de Senousrit III à l'an 9 d'Amenholep Ier, le lever de Sothis a donc été retardé de 3oo,— 396, soit 83 jours. Chaque jour de retard correspondant a une durée de k ans, l'intervalle tolal est de /1 x83, soit 33a ans, à 3 ans près, comme nous l'avons fait remarquer, dans un sens ou dans l'autre, et, bien entendu, à une période près de 1/1G0 ans. Ne prenons, toutefois, que le chiffre de 33a ans. De la chronologie intérieure de la Ml" dynastie, bien connue surtout par le papyrus de Turin, il résulte que l'an 7 de Senousrit III se
place 93 ans avant la fin de la dynastie. A l'autre extrémité de l'intervalle, Amenhotep 1er est le successeur d'Ahmès, le premier roi de la XVIIIe dynastie, qui a régné 22 ans, d'après les monuments, et peut-être davantage, de sorte qu'en comptant, pour le règne d'Ahmès et les 9 premières années du r^gne d'Amen hotep, le chiffre de 22 + 9» soit 3i ans, nous enregistrons un minimum. Dans l'intervalle total que nous venons de calculer, de 332 ans, comptent donc, d'un côté, 98 ans qui appartiennent à la XIIe dvnastie, de l'autre, nu moins 3i ansqui appartiennent à la XVIIIe, ensemble, à ces deux dynasties, taà ans au moins, le surplus étant le chiffre dont le règne d'Ahmès aura surpassé 22 ans. Retranché 12/1 de 3 à 2, il reste 208 ans, qui devient un maximum, exact seulement si Ahmès a régné 22 ans et point davantage, et ce chiffre de 208 ans est encore soumis à l'incertitude de 3 ans, en plus ou en moins, qui est attachée au principe de la méthode.
Pour la facilité du discours, il faut éliminer l'approximation, par simple hypothèse. Admettons qu'Ahmès n'a hi<jn régné que 22 ans, et entre les sept nombres, de 2o5 à 2 1 1 , qu'il faudrait dès lors considérer comme possibles pour représenter Le résultât final, choisissons le chiffre central, 208 ans : il est exact, en tout cas, à un petit nombre d'années près. Cette durée de 208 ans est celle de l'intervalle compris entre la XIIe dynastie et la XVIIIe, à moins que cet intervalle n'embrasse, en outre, une période entière de 1/160 ans, et ne soit, par conséquent, de 208 + i&Go, soit 1668 ans, aux mêmes approximations près qu'en ce qui concerne le premier chiffre.
Le résultat final est donc le suivant : avec un écart pos- . sible d'un petit nombre d'années en plus ou en moins, l'intervalle entre la XIIe et la XVIIIe dynastie est, ou de 308 ans, ou de 1668. et la théorie ne fournit aucun moyen de choisir entre l'une et l'autre des deux durées.
Devant l'alternative ainsi posée et vis-à-vis de la théorie
—*>.( 562 )*»— f'iO]
tout entière, l'historien a le choix entre trois attitudes. Il peut :
i° Accepter la théorie et le chiffre chronologique court; c'est ce que font les principaux partisans de la théorie même, Ed. Meyer et les égyptologues de Xécole de Berlin.
2° Accepter la théorie et le chiffre long, comme fait, notamment, FI. Pétrie. L'acceptation du chiffre long entraîne, à peu près forcément, le respect du tableau chronologique d'Africain, mais la réciproque n'est pas vraie , car on peut très bien être «africaniste», plus ou moins clairement, sans croire à la vérité des calculs sothiaques. Les historiens qui font ainsi se rencontrent parmi ceux du troisième parti, qui préfèrent :
3° Récuser la théorie complètement, pour suivre des considérations chronologiques indépendantes. Le résultat est naturellement très variable. Lieblein, continuateur de méthodes très vieilles, s'est tenu à des combinaisons de dynasties simultanées qui donnaient environ 6oo ans entre la XIIe dynastie et la XVIIIe; Newberry et Garstang, en une récente Histoire. estiment sommairement que pour le même intervalle il suHil de k oo ans; Wiedemann est partisan d'une durée très longue, sans plus préciser, mais d'accord, en somme, avec les données africaines, en raison du très grand nombre de rois que nous font connaître les monuments et surtout le papyrus de Turin; Bissing raisonne et conclut à peu près de même; Masprro admet la chronologie longue et ne pense pas qu'on puisse faire fond sur les données sothiaques et les calculs qui en procèdent (1).
(1) Les historiens qui ne croient pas à l'exactitude des déterminations sothiaques semblent être animés par celle idée, qu'il est invraisemblable que l'année fixe de 365 jours poursuive à travers les siècles, intangible, sa lente révolution le Ion}* de Tannée vraie, entraînant avec elle tout le cortège des dates, Eêtes agraires et autres, primitivement fixées d'après l'année Maie et qui répondent à des moments précis des Baisons vraies et de l'année vraie : ces dates ne sauraient, pensent ces historiens, s'accommoder d'un déplacement
['il] —m.( 563 >«—
Pour nous, qui avons l'obligation de conclure, à quel parti nous arrêterons-nous ? Au début du présent chapitre nous sommes arrivés, d'après la seule analyse des monuments, à ce résultat, qu'entre la XIIe et la XVIIIe dynastie il s'est écoulé à
notable. Ii est invraisemblable , a-t-on dit aussi quelquefois, que l'Egypte attendît pendant i£6o ans que son calendrier, décalé, fût revenu à sa place de lui-même , après un tour complet; dès que le déplacement devenait un tant soit peu gênant , on donnait un coup de pouce, comme on remet une montre à l'heure, par l'intercalation de quelques jours supplémentaires à la lin de l'année.
L'hypothèse d'une remise en place empirique de l'année civile, effectuée de temps à autre, est démontrée inexacle par le l'ait que le lever de Sothis, au cours des âges, s'éloigne très considérablement, dans cette année civile, de sa place originale, qui est le premier jour de l'année. Si l'année civile était remise en concordance avec l'année vraie dès que son avance vient à atteindre une mesure gênante, quelques jours, quinze jours ou un mois, peut-être, il est bien clair que toutes les datations du jour de Sothis dans l'année civile mettraient ce jour à peu de distance en retard de sa date normale, soit quelques jours, quinze jours ou un mois, au plus, après le premier jour de l'année; au lieu de cela, que vovons-nous? Le lever de Sothis au 326" jour de l'année sous Senousril III, au 3oo/ sous Amenhotep Ier. Cela est inexplicable, absolument, si l'année civile n'a pas été abandonnée à son déplacement progressif depuis 900 ans dans le premier cas, depuis plus de 1200 ans dans le deuxième.
Cette réfutation positive ne dispense pas, d'ailleurs, de remarquer combien est mal fondée l'objection fondamentale, relative au déplacement gênant de l'année civile, dos saisons et des fêtes du calendrier civil dans l'année vraie, déplacement dont on aurait attendu, invraisemblablement, qu'il se corrigeât par l'effet d'une rotation complète de 1660 ans. En réalité on n'attendait rien du tout, non plus qu'on n'éprouvait jamais aucune gêne des saisons et des fêtes déplacées; cela, tout simplement, parce que la vie humaine est courte, et que les Egyptiens d'une époque quelconque, quelle que fût la position du calendrier civil dans l'année vraie , Y avaient toujours connue ainsi et considéraient cette position comme la normale (remarque lumineuse due, comme beaucoup d'autres, à Ed. Meyer). Lorsque les fêtes d'Osiris, mystiquement liées à la germination des céréales, et dont la position originale est au début de notre mois de novembre, tombaient à plus ou moins grande distance de là dans l'année vraie, qu'importait à l'homme d'Egypte, même très cultivé , qui, depuis soixante ans, l'avait toujours vu ainsi? Et quelle chance y avait-il pour que cet homme eût pris note, au long de sa vie. qu'en l'espace de soixante ans la récolte du lin, ou les semailles après le retrait des eaux, ou n'importe quel événement de l'année naturelle était arrivé à se produire à une date plus tardive de quinze jours ?
peu près 900 ans, et sans doute 9&0 ans au plus; allons-nous DOUfi borner là. et proposer simplement le chiffra, eomnie font
Newberry et Garstang pour le leur? En réalité, pour récuser la théorie des calculs sothiaques , il semble qu'on doive avoir des raisons assez fortes, au moins l'excuse d'une incompatibilité irréductible entre les chiffres fournis par la théorie et d'autres chiffres obtenus différemment; car la théorie, très cohérente, très séduisante, fondée sur les faits précis d'une année fixe de 365 jours dans laquelle le lever de Sothia, variable, est déterminé administrativement, vérifiée, en outre, comme nous verrons plus loin, par les calculs de chronologie absolue qu'on a la chance de pouvoir établir sur son principe, cette théorie a pour elle les plus grandes probabilités d'exactitude. Or, les chiffres qu'elle propose ne sont point en désaccord avec celui qui résulte de notre analyse historique, a5oans, avons-nous trouvé, et sans doute un peu moins: les calculs sotbiaques nous offrent le chiffre de 208. Nous n'avons aucune raison, la cbose est claire, de refuser «elle indication précise, d'après laquelle il nous reste seulement h rectifier la chronologie de détail des périodes en lesquelles nous avons divise l'intervalle entre la XII* dynastie et la XVIII*, par un simple compte de réduction proportionnelle. La répartition définitive se traduira d'une manière forcément très voisine de celle que voici :
Première période : décomposition de In monarchie égyptienne; un usurpateur, maître «le 1 Egypte entière, suivi d'une disaine de petits mis régnant à Thèbes, pendant que d'autres Pharaons si oréenl en Moyenne-Egypte et
dans le Delta 10 ans.
Deuxième période ; l'Egypte paisiblement divisée: renaissance et progrès de la principauté thébsine sous les mis de la dynastie Sokhcmn\ les Anlef, les SebokemSti et |f| premiers Sebekhotep, cependant que le régime des petits
princes indépendants se développe en Moyenne et en Basse-Egypte 90 ans.
Troisième période : guerres pour la restauration de l'unité; l'hégémonie thébaine sous les rois de la dynastie Kha- [X]-re, Nofîrbotep et Sebekhotep, suzerains d'innombrables Pharaons , indigènes et asiatiques , dans le Delta , en Moyenne et même en Haute-Egypte, puis la victoire et la domination des rois de la Basse-Egypte , Khian et Apopi, sous qui se maintient, à Thèbes, une dynastie de rois Mer-[X]-re 85
Quatrième période : retour offensif et victoire définitive des Thébains; période qu'on limite , pour le décompte, à l'avènement d'Ahmès et qui comprend le seul règne de Skenenre Tiouâ, contemporain des derniers Apopi. ... i5
Total 210 ans.
Telles sont les évaluations chronologiques auxquelles nous proposerons finalement qu'on s'arrête. Si l'on désire, maintenant , les transposer en chronologie absolue , la chose sera facile, connaissant les dates absolues des deux extrémités de la période totale, déterminées comme nous allons voir maintenant qu'on peut le faire.
Cette possibilité résulte de la notation, parvenue jusqu'à nous, de la position du jour de Sothis dans l'année civile égyptienne , enregistrée en une année connue de l'ère chrétienne ; par quoi cette date de l'ère chrétienne, on le voit tout de suite, est mise en relation d'intervalle avec les années d'Amenhotep Ier et de Senousrit III pour lesquelles la position du jour de Sothis nous est également connue. Le renseignement en question, la date de Censorinus, consignée en 288 ap. J.-C, n'est pas donné sous la forme de la datation du lever de Sothis dans l'année civile égyptienne, mais sous la forme, absolument équivalente, de la datation du premier jour de cette année civile, le i,rThot,
dans le calendrier julien ; absolument équivalente , disons-nous, parce que le jour indiqué du calendrier julien est facile à transposer en calendrier grégorien, qu'on sait, en outre, que le 19 juillet grégorien est, sans variation, le jour du lever de Sothis, et que la date sothiaque proprement dite, dès lors, sera simplement représentée par l'écart du 19 juillet relativement au jour grégorien correspondant à ce ier ïhot. Voyons le détail du renseignement et du calcul.
Censorinus dit que le itr Thot, en 2.88, est tombé le 25 juin. C'est tout, et cela nous suffit , cela donne au calcul la meilleure base désirable, la plus sure, tellement qu'il est en toute rigueur superflu de retenir la suite des indications de l'écrivain, à savoir, qu'un siècle avant lui , exactement en 189, le 1" Thot était tombé le 21 juillet. Ce dernier renseignement n'est pas seulement superflu, il est nuisible, car il est faux : comme il est observé depuis très longtemps, et comme on s'en assure par un tableau de concordance facile à établir, si le ipr Thot tombe le 25 juin (julien) en 238, en 189 il n'est pas tombé le 2 t juillet (julien ), mais bien le 20, de sorte qu'on est obligé d'admettre, ou que Censorinus s'est trompé, ou qu'une erreur a été introduite, ultérieurement, dans son texte (1). Cette dernière hypothèse est sans nul doute la vraie (2), mais il n'en est pas moins
O On admet fp'méralement une erreur de copie ( XII au lieu de XIII dans le texte). Voir d'ailleurs, à l'appui de la correction, ce qui est dit à la note suivante.
<â) Que Censorinus ail indique ellWlivemenl le ;>o juillet et non le 31, cela ressort de la nature même de la correspondance qu'il consigne. Car le ao juillet julion se transpose, au if si<Vle ap. J.-C, en la date grégorienne «lu ta juillet, et le 19 juillet grégorien, <-Vsl le jour du lever <!<■ Su/lus. Ce que la noie df Censorinus veut dire, cela Baute aiu yeux, c'esl qu'en Pan 189 s'étail produite cette coïncidence remarquable el rare du 1" Thot avec le jour de Sothis, en d'autres termes, et pour parler notre langue plutôt que celle des anciens, qu'en l'an 1^9 se plaçait le commencement d'une période sothiaque. Comment Ed. Meyer, méconnaissant l'intention si claire de l'écrivain, o-t-il pu arriver à dire qu'une nouvelle période Bothiaque ;i\;iii commencé entre 1 ko
fâcheux, contraire à une espèce de rigueur logique, de fonder un calcul chronologique sur le chiffre ainsi rectifié, comme on le fait le plus souvent; ce procédé est d'autant plus impropre qu'il est inutile, la correspondance de 238, dégagée de toute incertitude, suffisant à elle seule à toutes les déterminations.
Elles sont très simples. Quelle est, tout d'abord, en 2 38, la date julienne du lever de Sothis, en d'autres termes, le jour julien correspondant au 19 juillet grégorien ? Il se trouve que la période de cent ans comprise entre 200 et 3oo est celle pendant laquelle calendrier julien et calendrier grégorien sont exactement d'accord ensemble'1'; d'où il suit que le jour de Sothis, en 238 julien, est également le 19 juillet. Quel est maintenant le jour du calendrier égyptien qui correspond au 1 9 juillet julien ? Puisque le 9 5 juin est le 1 " Thot, le 1 9 juillet est le 2 5 Thot, et voilà la date sothiaque sous la forme qu'il nous
et i&3? On se l'explique en remarquant que, dans celte période de quatre années, le l" Thot est tombé le f g juillet julien : ce jour correspond, au n' siècle, au 18 juillet grégorien, et Ed.. Meyer a oublié accidentellement, ici, de faire la transposition nécessaire.
De la mention deCensorinus résulte d'ailleurs cette constatation très intéressant!', qu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne les Egyptiens savaient nettement que la place régulière du jour de Sothis était au i"Thot. premier jour de l'année civile, ou plutôt, que la place régulière du 1" Thot était au jour ilu lever de Sothis, et que la coïncidence arrivait, au bout d'un long intervalle, à se reproduire. On ne peut guère éviter de conclure qu'à celte époque tardive, tout au moins, les Egyptiens s'étaient élevés jusqu'à la conception théorique de h période sothiaque , et — puisqu'il suffisait pour cela d'une multiplication élémentaire — qu'ils en avaient calculé la durée.
1 A partir de 3oo, le calendrier julien, avec son année trop longue, commence à prendre, par rapport au grégorien futur (année rectifiée), le retard de 3 jours par /100 ans qui- devait se chiffrer par un total de 10 jours entre i5oo et 1600. Le retard est de 1 jour entre 3oo et 5oo (pendant deux siècles, non un seul, l'an 4oo grégorien devant être bissextile). Entre 200 et 3oo, il y a coïncidence. Entre 100 et 200, le julien avance de 1 jour sur le grégorien, de a jours entre les années 0 et 100: On connail celte particularité d'une avance initiale sur l'année vraie, qui avait été imposée au calendrier julien lors de son instauration, pour des raisons d'ailleurs absolument étrangères aux déterminations astronomiques.
fallait : en ri 38 ap. J.-C, le jour de Sothis s'est placé, en calendrier égyptien, au a 5e jour de l'année civile.
A côté de cela, mettons une date solhiaque d'époque pharaonique, et raisonnons exactement comme plus haut, en prenant de préférence celle de Senousrit III , dont l'année est placée avec précision par rapport à la fin de la XIIe dynastie. En l'an 7 de Senousrit III, nous le savons, le lever de Sothis a eu lieu le 226e jour de l'année. De cette époque à l'an 208 après J.-C, le jour de Sothis s'est retardé du 226e jour de l'année au 20% c'est-à-dire de (2 5 + 365)— 226, soit 1 6A jours. Chaque jour de retard correspondant à une durée de k ans, l'intervalle total est de 16/1 x h, soit 656 ans, à 3 ans près, comme nous savons, dans un sens ou dans l'autre, et, bien entendu, à une ou plusieurs périodes près de i46o ans. Il en faut ajouter une, et une seulement, étant admis, comme nous l'avons fait plus haut, qu'il y a environ 210 ans d'intervalle entre la XIIe dynastie et la XVIIIe, et non 2104-1/160. Il y a donc 6564- 1/160, soit 2116 ans d'intervalle, entre l'an 7 de Senousrit III et l'an 2 38 ap. J.-C, ce qui met l'an 7 de Senousrit III en 1878 av. J.-C, et comme cette date est antérieure de 9 3 ans à la fin de la dynastie , cette fin de la XIIe dynastie se place en l'an 1785 av. J.-C, avec toujours la même erreur possible de 3 ans dans un sens ou dans l'autre.
Si, au lieu de prendre l'an 7 de Senousrit III, nous eussions opéré sur l'an o, d'Amenhotep Ier, sa date absolue se serait déterminée avec la même précision, mais nous aurions rencontré, pour la date absolue du début delà XVIIIe dynastie, l'indétermination qui résulte de cp que la durée du règne d'Ahmès est inconnue.
Reportons-nous, maintenant, au tableau synoptique des durées, par périodes historiques, en lequel nous avons finalement résumé la répartition chronologique des événements entre la XII'' dynastie et la XVIIIe; et inscrivons, au début, la date
de 1-786 av. J.-G. Les autres dates absolues qui en résulteront sont les suivantes :
Avènement de Sekhemre-Khoutaoui 1785 av.J.-C.
Avènement de Sekhemre-Harhermat Antef à Thèbes. . . 1765
Avènement de Khasekhemre Nofirliotep à Thèbes 1675
Disparition de Khaankhre Sebekhotep à Thèbes ) „„ Avènement de Sousirenre Khian dans le Delta i
Avènement de Skenenre Tiouâ à Thèbes 1591
Avènement de Nibpehtire Ahmès à Thèbes 1677
Hormis les extrêmes, toutes ces dates sont évidemment approximatives. Toutes, de plus, y compris les extrêmes, ne sont fixées qu'à 3 ans près dans un sens ou dans l'autre. Une troisième indétermination, enfin, vient de ce que la dernière date suppose qu'Ahmès a régné seulement 22 ans, et que, s'il a régné davantage, la date de son avènement remonte d'autant, et raccourcit proportionnellement toutes les durées partielles antérieures, la date extrême d'amont restant fixe.