‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastieChapitre 31 sur 113 · HI.*K~A · texte numérisé non relu

HI.*K~A

le Sekhemre-Ouazkhaou Sebek-

emsaf que nous venons de voir ailleurs, tantôt par ceux d'un Thébain fort proche, quoique de date un peu plus tardive, le

bien connu (®}PJ I f'*^!1^] Sekhemre-Souaztaoui Se-

bekhotep. Il ressort de là l'indication très intéressante d'une parenté, d'une sorte de succession légitime ou considérée comme telle, de Sekhemre-Ouazkhaou à ce Sekhemre-Souaztaoui qui est le premier en date des rois Sebekhotep; car l'usurpation des inscriptions du fondateur ancien a été faite, à coup sur, en une seule fois, c'est-à-dire au temps de Sekhemre-Souaztaoui, et l'on voit bien que le prédécesseur qu'il en faisait bénéficier en même temps que lui-même était traité, de la sorte, comme un ascendant dont on respecte la mémoire.

Notons, à propos de SekKemre-Souaztaoui , (pie sa statue de

1 Voir LiOBiin, Note» êw le dieu \toutou, \ I. Antiquités du Kuum Madou Medamoud) , dans BuU. ln$t. françaii aroh. or.t XII (1916)1 p. 83.

Tanis, au British Muséum, plusieurs fois déjà publiée (l), est encore donnée par Budge, Egyptian Sculptures in ihe British Muséum (1915), p. 12 et pi. XVI, belle photographie. Le numéro de l'objet, au British Muséum, serait ^76, et non 871 comme Budge l'a dit ailleurs.

En même temps que les monuments de ce Sekhemre-Souaztaoui Sebekhotep, on se rappelle que nous avons noté l'existence du roi très voisin Sekhemre-Gergtaoui Sebekhotep, seulement connu, outre la mention du papyrus royal de Turin, par un catalogue de pièces judiciaires du Nouvel Empire. Ce dernier document, un papyrus de Vienne, a été publié tout d'abord par Brugsch en 1876; rappelons qu'il se trouve également chez von Bergmann, Hieratische Texte, VI, 11.

E. Quelques reines de l'époque des Sebekemsaf ou des premiers Sebekhotep.

1. La mère royale Noubholepti , mère d'un roi Sebekhotep. Nous avons cité (présents Compléments , chap. 1, § vi) le scarabée maternel d'un Sebekbolep indéterminé qui nous fait connaître cette dame, le plus probablement contemporaine de Sekhemre Seshedtaoui Sebekemsaf; et nous avons vu que son royal fils pourrait être Sekhemre-Gergtaoui. Nous avons également rappelé que le nom de Noubhotepti, vers la même époque, est celui d'une «grande épouse royale», sans doute distincte de la précédente «mère royale », et dont l'époux nous est inconnu.

2. La «grande épouse royale» Tesou-no/ir est très probablement de la même époque, d'après les caractères d'un sca-

(1) Voir chez nous, Monuments et histoire etc., chap. vi

rabée de Londres qui lui appartient et porte l'inscription (,) :

disposée comme nous l'indiquons, mais à retourner

"V- hv entièrement face à droite, et sans nul ornement

^m œj. périphérique. On ne sait de quel roi thébain elle a

ÎÀ • été la femme.

3. I ne autre "grande épouse royale 7) ban nous est connue par plusieurs scarabées, dont un de Londres qui porte ^ :

cette inscription, à retourner entièrement face à droite, présente une analogie de disposition visible avec la précédente. Autre scarabée identique dans la collection Fraser (3), et un troisième de même rédaction, mais sans le cartouche autour du nom,

au Louvre (,). Rédaction plus brève : ^ ~ ^" ( \ ^ \ 1 sur un dernier scarabée provenant de Dendcrah (5). Non plus (pie pour Tesou-nofir, on ne sait quel fut l'époux de cette nouvelle reine, mais son nom rappelle celui de la reine £~j^, la femme de Sekhemre-Souazlaoui Sebekhotep.

4. La «grande épouse royale» Set-len est sans doute d'époque un peu plus tardive, d'après le scarabée qui nous la Iiiit connaître et qui porte l'inscription (l,) : H

à retourner entièrement face à droite. L'inscription •/^>j w présente, on le voit, des particularités irrégulières, | le cartouche inachevé à sa base, le *— * «hyksôsr,, À le désordre des signes de la titulature latérale

rt

l'.i. Muséum, n" 32991; II.ux, loc. cit., p. si, n" ao3. (,) Br. Muséum, n" 3a3i t; IIau., loc. cit., p. si, n" aoa. l'iashn, Catalogue, p. 8, n° 61.

I'imiiii. Rse, d'ùucriptioni inéditei etc., II, p. 1 1 •■ : Wiedmams, hlciaeg. liuchriJUn . n" 11s; Pitrik, Hùt, Sçarabt, p, 1 •> , n" 353. VrisosMANK, Kleinere aeg. Intchriften, n°ii3. irabéc noté chei \I. EL Blanchard, an Caire par Newbebbt, Egyptian Bistorieal Voie», 9,1, dans /'. S. 11. !.. 3(i (iot/i), p. 38 et pi. IV, G.

Le— ■ dans le cartouche, par contre, n'est pas «hyksôs», mais la présence de l'élément ken, dans le nom, rappelle ceux ÏÏAknenre Apopi et de Skenenre Tiouâ. Il serait difficile de préciser la date en toute certitude.

F. Khasekhemre Nofirhotep.

Aux nombreux exemplaires du scarabée maternel du roi, portant : r Le lils du soleil Nofirhotep, né de la Mère Royale Kemi?, et dont la bibliographie a été donnée précédemment (1), il faut en ajouter un encore, exactement du même type que les autres; il est au musée du Caire (2).

G. Un monument possible de Khanofihre Sebekhotep dans le Delta oriental.

Daressy vient d'attirer l'attention, de la manière la plus intéressante, sur un monument trouvé au cours des anciennes fouilles de Naville à Tell el Maskhouta ■3). C'est une sorte de borne en calcaire, d'une forme anormale que nous décrirons plus loin, dont la face principale et les deux faces adjacentes portent des tableaux représentant le roi, debout, en adoration devant une divinité, avec quelques légendes très détériorées. Figures et légendes ont été retouchées profondément. La deuxième facture est du temps de Seti Ier, dont les cartouches sont reconnaissabfês. Les représentations du premier stade, attentivement reconstituées, montrent le roi avec les attributs du Moyen Empire postérieurement à la XIIe dynastie, et présenta Monuments et histoire etc., chap. vu, 8 i.

M Newberrï, loc. cit. dans P. S. B. A., 36 (tyi '»), p. 170 et pi. X, d. ^ Daressy, Un monument du temps des Hyhsos, dans Annales du Service, Xlll (3e fasc. , 191 5), p. 259-268 et pi. 1, II; cf. Naville, The Store-city of Pithom, h' éd., p. là et pi. VI.

tant, dans sa tenue, une remarquable similitude de détails avec les asiatiques représentés* en Egypte, dans les tombes de Boni-Hassan et sur le poignard de Nebemen de Saqqarah : par quoi Daressy est conduit à attribuer le monument à la période echyksôsn. Il croit même pouvoir préciser davantage, à cause d'une légende hiéroglyphique, gravée rapidement, en manière de graffito, répétée deux fois sur la face principale avant, et comprenant seulement le nom d'un certain ^ ^jf * — ^ \nlh-lit\-f. Daressv pense que le nom ainsi écrit pourrait n'être qu'une variante de celui de ^ "f*" — Ha-ankh-f, père, comme on sait, des rois khasekhemre et Kbanofirre, et considérant que Kbanofirre Sebekholep avait étendu son empire sur la Basse-Egypte — on n'a pas oublié ses monuments de Tanis et de la région du Caire, — il se demande si la pierre de Tell el Maskbouta ne pourrait aussi lui appartenir. On voit que cela est extrêmement possible.

Certaines considérations de Daressy doivent nous arrêter. Après avoir indiqué que le monument a pu être fait en l'honneur de khanolirre Sebekhotep, «à la suite d'une campagne dans laquelle il aurait refoulé les Hyksôs déjà maîtres des frontières orientales du Delta. . . » : mais alors, continue-t-il, s pourquoi Sebekliotep se fait-il représenter sous les apparences d'un de ces étrangers abhorrés? Tout ce qui concerne les Pasteurs est encore entouré de mystère et ce serait un point historique important qui serait li\é si l'on pouvait être certain qu'à l'époque de Sebekliotep- ©**J les marches nord-est de l'Egypte ('■taient déjà sous l'iniluencc des Asiatiques r>.

A ces diverses questions nous avons répondu, nous-mème. dès i i) i i . Nous savons ' qu'en Basse-Egypte les «Hyksôs» de la première période sont effectivement contemporains de khann-

\ <>ir die/ nous, ptécédedunant, fiyk>é$, Etudei et note» compUnttntaitts , . m. I) '•! pa$$im; nonumetUi el histoire etc., chap. vu, Siil el ailleurs.

firre; nous savons aussi que pour Khanofirre, conquérant de l'Egypte du Nord, on faisait dans le Delta des scarabées du type bas-égyptien ordinaire qui sont de véritables scarabées «hyksôs», et, partant de cette observation bien acquise sur la routine qui gouvernait les procédés industriels et artistiques dans le Delta à cette époque, nous aurons moins de mal à comprendre qu'en plein ouadi Toumilàt, dans le canton de l'Egypte le plus exposé de tous à l'influence asiatique, un monument érigé pour le roi du Sud reste chargé de détails exotiques. En somme, les points surprenants que signale Daressy n'ont rien qui doive nous paraître étrange, et s'il était confirmé' que la pierre qui nous occupe appartint à khanofirre, il serait extrêmement naturel de trouver, à la porte de l'Asie, la représentation d'un Sebekhotep «hyksôs» en adoration devant quelque dieu de Pithom ou de Pisoptis.

Venons maintenant à la forme du monument de Tell el Maskbouta, qu'il sera intéressant de décrire avec exactitude (l). La base est le polygone du croquis (1) ci-dessous, pseudo-rectangulaire, comme on voit, avec un grand côté A et deux côtés latéraux B et C perpendiculaires, mais le grand côté postérieur remplacé par un tracé arrondi, si l'on peut dire, à cinq facettes i-2-3-/i-5, dont une facette centrale 3 parallèle au grand côté A. Sur cette base est construit le solide dont nous exprimons l'aspect par le croquis (a), en perspective cavalière, le point de vue du spectateur étant choisi de telle sorte qu'il voie quelques-unes des petites faces postérieures. La face A, ou face avant, est verticale; si le solide n'était pas tronqué — sa forme intégrale est complétée, sur notre croquis, en pointillé long, et la cassure est supposée, pour la clarté du dessin, s'être effectuée suivant un plan horizontal exact — cette face avarit

''' Cette description ne serait pas possible si nous n'avions, en outre de l'article précité de Daressy, une note supplémentaire que l'auteur a bien voulu nous adresser sur le même sujet, le 20 janvier 1916.

__^ 78/i ><+— [ll'i|

mm, ut triangulaire; les faces latérales B et C, rectangulaires

niais inclinées, se recouperaient, à partir du sommet de la

face face

(lal<

À, suivant un segment d'arête de faîte horizontale; la postérieure centrale 3 , verticale comme A , serait un triangle de même forme et plus petit, et quant aux facettes latérales 1 , 2 , A , 5 , leurs bandes inclinées, recoupées obliquement en haut, se termineraient à la ligne de faîte en pohgone convexe que le croquis indique. La cassure a fait disparaître la pointe du triangle avant et toute la ligne de faîtage. Les faces qui portent les tableaux sont A, B etG.

La configuration de cette espèce de borne pseudo-pyrami- <sl d'analyse intéressante, parce que son principe — une

combinaison de faces inclinées se recoupant sur un faîtage horizontal — se retrouve, appliqué beaucoup plus simplement, dans un autre monument que nous connaissons bien, la pseudo-pyramide en calcaire du scribe Sebekhotep, officier de Sekhemre-Seshedtaoui (1), que nous figurons ci-contre (croquis 3), avec ses deux faces triangulaires égales, inclinées, que raccordent deux faces trapézoïdales également inclinées, amorties à l'arête supérieure. On remarque que les dates de Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf et de Khanofirre Sebekhotep ne sont pas très éloignées l'une de l'autre.

H. Noms royaux divers de la «période d'Anra».

Page 1