r.od. Thoo.1., IX. 17. 2 et
qui avait horreur de l'ancien culte, et qui venait d'ordonner de fermer tous les temples, semblait écouter avec intérêt ce qu'on lui disait, et même demandait des explications, pour ménager sa popularité'. Il avait défendu, sous peine de mort, de faire des sacrifices; il menaçait des châtiments les plus sévères les magistrats qui ne poursuivaient pas les coupables; mais ces magistrats, s'ils étaient païens, ne tenaient aucun compte de ses menaces, et commettaient eux-mêmes le crime qu'ils auraient dû punir. L'historien Ammien Marcellin rapporte qu'en 554 il se produisit un miracle, qui venait très à propos au secours de la vieille religion fort malade. La mer était affreuse, la flotle d'Afrique, qui portait la subsistance de Rome, ne pouvait approcher du rivage et se tenait au large. Le préfet de la ville, Tertullus, qui craignait les colères de la multitude affamée, s'était retiré à Oslie. Tout d'un coup, pendant qu'il sacrifiait dans le temple des Castors, le vent saute au midi, et les vaisseaux abordent de tous les côtés ^ Ce qu'il y a de plus sur dans ce miracle, c'est que le premier magistrat de Rome ne se faisait aucun scrupule de violer la loi qu'il était chargé d'appliquer; et nous ne voyons pas que l'empereur, qui n'a pas pu l'ignorer, l'en ait puni.
Il est donc vraisemblable que les lois de Constance n'ont guère été exécutées. Le seul résultat de ces attaques violentes et prématurées fut d'irriter les païens, et de rendre une réaction plus facile.
1. Syramaque, Episl., X, 5: Per omnes vias selernie urbis lietiun seculus senatum vidit placido ore délabra, legil inscripla fasLigiis deum iiomhia, jjercontalus templontm origines est, miratus est condilores. — 2. Ammien XIX, 10.