‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 33 sur 126 · Julien, Episl · texte numérisé non relu

Julien, Episl

Rapports de Julien avec le christianisme comme empereur. — Il promet la tolérance. — Comment il tient sa promesse. — Sa partialité pour les païens. — ■ 11 défend aux professeurs chrétiens d'enseigner. — - Pourquoi?

Voilà de quelle manière Julien essaya de réformer et de rajeunir le culte des anciens dieux. C'est assurément la partie la plus curieuse et la plus intéressante de son œuvre. Mais ce philosophe et ce théologien se trouvait être aussi le maître du monde. En sa qualité d'empereur, il avait à régler la situai ion des deux religions qui se disputaient l'empire; il pouvait mettre son pouvoir souverain au service de celle qu'il voulait rétablir, et employer, pour ruiner l'autre, toutes les forces dont il disposait. Peut- on lui reprocher d'avoir tenté de le faire? A-t-il été véritablement un persécuteur, comme l'ont prétendu les chrétiens, ou mérite-t-il les éloges que les ennemis du christianisme ont accordés à sa sagesse et à sa modération? c'est ce qu'il importe de savoir'.

Julien a toujours prétendu être un prince tolérant. Au moment même oii il rouvrait les temples, il annonçait par des édits solennels qu'il n'entendait gêner en rien les autres cultes, u J'ai résolu, disait-il, d'user de douceur et d'humanité envers tous les galiléens; je défends qu'on ait recours à aucune violence et que personne soit traîné dans un temple ou forcé à commettre aucune autre action contraire à sa volonté^ » Loin de paraître courir après les conversions forcées et de vouloir grossir le nombre des païens par des abjurations rapides, il annonçait fière-

1. Voyez, sur cette question, F. Hode, Geschichle der tieakiion Kaiser Juliaus. — 2. Julien, Epi^t., 4").

Ikk LA FIN DU PAGANISME.

ment que les nouveaux convertis ne seraient admis aux cérémonies sacrées « qu'après avoir lavé leur àme par (les supplications aux dieux, et leur corps par des ablutions légales ». Il persista jusqu'à la fin dans ces principes, et il écrivait encore vers les derniers temps de sa vie : ce C'est par la raison qu'il faut convaincre et instruire les hommes, non par les coups, les outrages et les supplices. J'engage donc encore et toujours ceux qui ont le zèle de la vraie religion à ne faire aucun tort à la secte des galiléens, à ne se permettre contre eux ni voies de fait ni violences. Il faut avoir plus de pitié que de haine envers des gens assez malheureux pour se tromper dans des choses si importantes*. »

Ce sont là de belles paroles, et je con(^*ois que Yollaiie les ait plusieurs fois citées avec admiration. Par malheur, à côté de celles-là, il y en a d'autres où les chrétiens sont traités avec le dernier mépris. Une tolérance qui s'exprime d'une manière si insultante cause quelque inquiétude, et l'on ne peut s'empêcher de craindre qu'un homme si violent, si emporté, ne reste pas toujoui's maître de lui. Ces gens envers lesquels il promet de se montrer juste et modéré, il ne peut prononcer leur nom sans les outrager cruellement; il les appelle des insensés, des impies, des athées, des fous furieux, « hi lèpre de la société humaine ». Quand il est amené à les menacer ou à les punir, il y joint toujours quelque amère raillerie où éclate sa haine. S'il les dépouille de leurs biens, il déclare que « c'est pour leur rendre le chemin du ciel plus facile »; s'il refuse de châtier les magistrats qui les

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