‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 50 sur 126 · II · texte numérisé non relu

II

public et ramenèrent les jeunes gens de l'admiration de Sénèque à celle de Cicéron,

Esl-il vrai pourtant, comme on l'a quelquefois supposé, que les libéralités de Vespasien se soient étendues à l'empire entier et qu'il ait établi partout l'enseignement de l'Etat? Les paroles de Suétone pourraient le faire croire au premier abord; mais il ne faut pas les prendre à la lettre. L'élévation même du traitement accordé aux rhéteurs nous prouve qu'il ne s'agit que des rhéteurs de Rome. Il n'était pas possible que toutes les chaires fussent rétribuées de la même façon et qu'un professeur de petite ville touchât le même salaire que Quintilien. De plus, si Yespasien avait prétendu créer d'un seul coup un grand système d'enseignement qui s'étendît à tout l'empire, ce système lui aurait sans doute survécu; nous en retrouverions des traces après lui, et ses successeurs n'auraient eu qu'à maintenir son œuvre, tandis que nous les voyons toujours recommencer, comme s'il n'y avait rien de fait avant eux. D'Hadrien, d'Antonin, on nous dit, comme de Vespasien, « qu'ils établirent des traitements pour les grammairiens et les rhéteurs ». Marc Aurèle institua plusieurs chaires de philosophie dans Athènes ; les quatre grandes doctrines, celles de Platon et d'Aristote, d'Epicure et de Zenon, y furent enseignées par des maîtres qui recevaient 10 000 drachmes par an (près de 9 000 francs) '. — Ne nous étonnons pas qu'il ait été moins généreux que Yespasien : c'était un traitement de province. — Alexandre Sévère, si nous en croyons Lampride, lit encore plus. Non seulement il fixa, comme ses prédécesseurs, un salaire

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