‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 98 sur 126 · Confexs., m · texte numérisé non relu

Confexs., m

contemplations apprennent à se détacher d'elle-même ne s'envolera-t-elle pas plus vite vers cette demeure céleste, qui vaut mieux que toutes les habitations de la terre? » Cicéron était bien malheureux alors : il venait de perdre sa fille qu'il adorait ; il assistait à la ruine du régime politique qu'il avait servi; n'étant plus jeune et n'ayant plus le droit de compter sur l'avenir, il lui fallait mettre son espérance ailleurs; aussi, quand il comparait les misères de la vie terrestre aux consolations que l'autre peut donner, sa parole devait-elle avoir des accents personnels et pénétrants, Augustin en fut touché jusqu'au fond de l'àme. Il nous le dit aussi bien dans ses Confessions que dans ses ouvrages antérieurs; mais ici déjà la différence des temps et des situations se montre. Devenu chrétien fervent, à l'époque où il écrivait ses Confemons, il lui répugnait d'avouer que sa conversion avait commencé par la lecture d'un auteur profane. Il s'en est vengé en maltraitant celui qui lui avait pourtant rendu un si grand service. « C'est un certain Cicéron, dit-il, dont on loue beaucoup plus l'esprit que le cœur, » L'injustice est criante; mais il parle autrement dans ses Dialogues; là Cicéron est un grand homme, un sage dont on ne cite le nom qu'avec respect. Il le nomme : « notre ami Tullius « ; il rappelle qu'avant lui il n'y avait pas de philosophie romaine, et qu'il l'a du premier coup portée à sa perfection : a quo in latina lingua philosophia inchoata est et perfecta^ : ce sont là, soyons-en sûrs, les sentiments véritables que lui laissa la lecture de VHortensius.

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