‹ La fin du paganismeChapitre 67 sur 112 · Tite-Live, IV, 4. 2. Tacite, Ann., XIV · texte numérisé non relu

Tite-Live, IV, 4. 2. Tacite, Ann., XIV

CAUSES Di. I.A nuiINE DE L’EMPIRE. 343

voit qu’on s’est trompé. Tout n’est pas parfait le premier jour. Le soleil ne brille pas de tous ses feux à son lever : c’est à mesure qu’il avance qu’il éclate de lumière et qu’il enflamme de chaleur L »

Le dialogue pouvait continuer longtemps, car les deux adversaires avaient d’excellentes raisons à donner pour défendre leur opinion. Un État a besoin à la fois de stabilité et de progrès; la conservation à outrance et les révolutions sans fin lui sont presque également nuisibles. Les uns pouvaient donc soutenir que l’empire était trop malade pour supporter le moindre changement; mais les autres pouvaient répondre que, dans la situation où il se trouvait, il était perdu s’il ne se renouvelait vite, et que ce qui meurt de langueur peut être sauvé piar une crise violente. Entre ces affirmations contraires, qui ont toutes une apparence de raison, il est difficile de se décider, et tant que le débat reste dans ces termes généraux, où la vérité absolue n’est d’aucun côté, il risque de n’avoir pas de fin.

Voici pourtant un reproche plus précis et sur lequel il convient d’insister davantage. Si l’on ne peut pas dire qu’une innovation soit fâcheuse par. elle-même, elle le devient toutes les fois qu’elle introduit dans l’État un élément contraire à ses institutions et qui ne peut se concilier avec elles. C’est ce qui arrivait précisément avec le christianisme. On sait que, dans le monde antique, les religions étaient locales, c’est-à-dire que chaque pays avait ses dieux à lui, auxquels il rendait des honneurs particuliers et dont il attendait des faveurs spéciales. Sans doute, cette conception de la divinité était moins large, moins philosophique que celle des chrétiens, qui admettent l’existence d’un Dieu unique, le même pour tous, à l’affection duquel toutes les nations ont un droit égal; mais elle avait l’avantage d’attacher plus étroitement les citoyens à la cité;

Page 1