‹ La fin du paganismeChapitre 77 sur 112 · Voyez le Ve Corona de Tertullien · texte numérisé non relu

Voyez le Ve Corona de Tertullien

CAUSES DE LA RUINE DE L’EMPIRE. 375

Sérapis, de Mithra, du Jupiter d’Héliopolis ou d(} Dolichë. Beaucoup aussi s’affilièrent à la religion du Christ. Comme il n’était pas dans les habitudes de leur métier d’être prudents, ils le laissèrent voir, et pendant les persécutions ils furent impitoyablement poursuivis et condamnés. Quelques-uns même, en pleine paix, attirèrent les supplices sur eux en venant déposer leurs armes aux pieds de leurs chefs et déclarer que leur foi ne leur permettait pas de se battre.

C’est ce qu’aucun prince ne pouvait autoriser sans se perdre. Si le christianisme voulait devenir la religion de l’État, il lui fallait au plus tôt répudier ces doctrines. Il ne s’y résigna qu’avec beaucoup de répugnance, et, de toutes les concessions qu’il a faites pour se plier aux nécessités d’un gouvernement, aucune ne semble lui avoir coûté davantage. Même après Constantin, nous voyons saint Martin, qui était centurion, se présenter à l’empereur, à la veille d’une bataille, et lui dire : « Je suis soldat du Christ; il ne m’est pas permis de tirer l’épée ». Le bon saint Paulin, qui pourtant avait été consul et mêlé aux grandes affaires, félicite beaucoup Victricius d’avoir jeté son baudrier militaire, lorsqu’il devint chrétien^ Il y avait là, il faut le reconnaître, de quoi justifier Volusianus quand il affirmait « que le christianisme est contraire au salut des États » .

Mais saint Augustin, lui, n’hésite pas; il a compris, avec son grand bon sens, que la sécurité de l’empire et le salut de la civilisation romaine exigeaient qu’on rassurât la conscience des soldats. Pour leur laisser leurs forces intactes, il fallait leur ôter leurs scrupules. 11 affirme donc à Volusianus que le christianisme ne condamne pas la guerre, quand elle est juste et qu’on la fait avec humanité. Le Christ n’a pas dit aux soldats qui venaient à lui de quitter l’armée; il leur a dil : « Gardez-vous de toute concussion et de toute violence et con-

Page 1