EpisL
LE LENDEMAIN DE L’INVASION
fierté de lettré se serait révoltée. Les souvenirs de sa jeunesse studieuse, ces années de travail qui s’étaient écoulées dans le commerce des grands orateurs et des grands poètes, les émotions de la vérité entrevue dans Platon et dans Cicéron, les larmes versées à la lecture de Virgile, tout ce passé d’études, que le christianisme avait recouvert sans l’ciracer, ne lui permettaient pas de se faire à l’idée de vivre sous un roi vandale. Il ne croyait pas possible que cette culture de l’esprit, cette civilisation élégante dont vivait le monde, dont il avait joui plus qu*un autre, dût disparaître un jour devant la barbarie. Quoique la Bretagne, la Gaule, l’Espagne, fussent à peu près perdues pour les Romains, qu’il ne leur restât plus que trois villes en Afrique, j’imagine qu’il n’avait pas renoncé à ses espérances et qu’il devait redire aux amis qui entouraient son lit de mort ce qu’il écrivait, quelque temps auparavant, dans la Cité de Dieu : « L’empire est éprouvé, il n’est pas détruit. Ne désespérons pas qu’il se relève, car qui sait la volonté de Dieu? Romanum imperium afflictum est pot ius quam mutatumK »
Paul Orose. — Il représente l’époque où l’on commence à se faire aux barbares. — Ce qu’il y a de nouveau dans son Histoire universelle. — Règne de la Providence. — Parti pris d’optimisme. — Ses exagérations sont réfutées par les poèmes du temps. — < omment il juge la conquête romaine. — Son opinion sur les barbares. — Son espoir que la Romania ne périra pas.
Il fallut bien pourtant se résigner à croire qu’il était perdu. L’invasion avait pris cette fois un caractère nouveau. Ce n’était