Archives nationales, D, lîl
mourut, comme lui, en magistrat intègre, en victime innocente et en chrétien convaincu *.
Depuis longtemps déjà, la santé de Saint-Géry était. si profondément altérée que le registre d'écrou le signale comme « peu dangereux à cause de sesinfir- « mités. » Une violente attaque de goutte Tavait même obligé à s'aliter, lorsque le notable Miot, commissaire de la prison, vint le prévenir, le 16 prairial (4 juin 1794), de se tenir prêt à partir pour le Tribunal révolutionnaire. Le lendemain, Taccusateur public Cappelle annonçait à Fouquier que deux détenus n'étaient pas. en état de faire, le voyage de Paris ; cependant de. Saint-Géry fut transféré à la Conciergerie de Toulouse, le 48, avec Jugonous de Poucharamet. Ils partirent tous deux, le 26, sous la garde d'un nommé Carrère, entrèrent à la Conciergerie, à Paris, le 16 messidor, el,deux jours après leur arrivée, leurs tètes tombaient à la barrière du Trône.
La famille de Saint-Géry conserve « avec un reli- « gieux respect la lettre que le conseiller adressait à a ses enfants avant d'aller au supplice ; il y exprime à « la fois les sentiments du sujet fidèle» du père tendre « et du chrétien courageux K »
Son fils, le marquis J.J.A. de Saint-Géry, passa les premières années de la Révolution chez son oncle maternel, le comte O'Kelly, ministre de Louis XVI auprès de l'électeur de Mayence, et se décida plus tard à prendre du service à Tétranger. Il rentra en France, devint député, puis conseiller d'Etat, et mourut sans laisser de descendance mâle de son mariage avec M^® de Mac-Carthy.
' 1 . Archéologie pyrénéenne, par Dumtge, 1. 1, p. 661. '
2. Cette lettre a été publiée par M. AÎnilhau dans Nos Prè^ miers Présidents, p. 503.
JèAN-AnTOINE-AuGUSTE JuGONOUS de PoUCHi^RAMET
naquit, en mars 1748, au château de Poucharramet et fut reçu à la Cour, le 7 avril 4770, en l'office de H. de Boisset. Les provisions royales portant sa nomination rappellent qu'un de ses oncles et son frère aîné, tous deux capitaines au régiment de la Couronne, avaient été tués à la malheureuse journée de Crevelt, en 1758; le jeune magistrat tenait en outre au Parlement de Toulouse par son oncle maternel, de Mengaud deLahage. Il appartenait à la deuxième Chambre des Enquêtes, où son rang d'inscription, en 1790, l'appelait à siéger, en même temps, à la Chambre Tournelle, conformément aux dispositions de la déclaration royale du 20 juin 1775.
Après son mariage avec M"® de Saint-Léonar, le conseiller vivait habituellement à Poucharramet el s'y trouvait, au moment de l'adoption des arrêts de septembre 1790 *. La Terreur inscrivit son nom sur les listes des premières arrestations de 1793, mais sa détention fut abrégée, cette fois, par le mauvais état de sa santé, qui empira gravement, aussitôt après sa mise en liberté. L'arrêté du 14 germinal contre les suspects aurait fait incarcérer de nouveau Jugonous de Poucharamet, si le représentant du peuple Dartigoeyte, prenant en considération la gravité de sa maladie, ne l'eût autorisé, le 26 du même mois, à demeurer à son domicile en état d'arrestation. Cette mesure de clémence n'était que provisoire : malgré ses souffrances et bien qu'il fut sur le point de subir une douloureuse et dangereuse opération *, le malheureux fut appréhendé au corps et conduit à la Visitation, le 11 floréal an II (30mail794),et,le 26du mois suivant,il partait, avecde
1. Certificats de la maiiicipalité de Poucharramet (Archives nationales, W. 349 n« 703 bis, 1" partie.)