‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 64 sur 117 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

Rey de Saint-Géry,poiir aller comparaître à Paris devant le Tribunal révolutionnaire. Il y fut condamne à mort & rage de quarante-six ans, pour avoir participé aux protestations de la Chambre des vacations, quoiqu'il eût invoqué et prouvé un alibi, à l'aide des certificats de résidence délivrés par les officiers municipaux de Poucharramet.

Pierre de GuiRiNGAUD,né h Castelsarrazin, le 14 décembre 1751 , entra au Parlement de Toulouse , le 81 mai 1777, comme procureur du roi aux Requêtes au département des Eaux et Forêts, en l'office de P.L. de Lama. Il aspirait à devenir membre de la Cour et publia, en 1784, avec son collègue Baron, avocat du roi, un mémoire dans lequel ces deux magistrats revendiquaient le droit d'être admis au sein du Parlement, sans avoir à subir un nouvel examen. Sur ces entrefaites, de Guiringaud vendit sa charge à CL. de Latour et fut reçu conseiller commissaire aux Requêtes, au mois de septembre 1785, en remplacement de V. A. de Rolland.

Lorsque l'exercice de ses fonctions judiciaires ne le retenait pas à Toulouse» de Guiringaud résidait presque toujours, depuis 1787, à Saint-Sardos, aux environs de Verdun.

En 1789, il assista & l'Assemblée générale des trois ordres tenue à Toulouse, et sut accepter les idées de réforme qui soulevaient alors la nation tout entière.

La suppression du Parlement lui permit de devenir lieutenant colonel de la garde nationale de sa petite ville; puis il obtint de l'Assemblée constituante la liquidation de son office, dont le montant fut remis, en août 1791, à son cousin J. de Latterrade, député de la sénéchaussée d'Armagnac.

L'année suivante, la mort de son père l'appela à

-S'ainl-Nicôlas:de la Grave, où il s'établit* aiiprèB de sa

vieille mère^ èxir«bsencëdesesdeux frères qui étaient

à Tarmée. 11 ne tarda pas, dans sa nouvelle résideftce»à

s^altirer restimede ses concitoyens, qui lui cjonfièrent

radminislratiôn de là commune, dont la Terreur ohan-

-géa le nom en celiii de Grave-Libre. Dès le l^* bfur

maire an 11, ses adversaires dénoncèrent Vancîea raa^

gistrat à la Société populaire de Toulouse, comme

^coupable « d'affecter du patriotisme depuis telO août,

<< tout en faisartt des efforts pour gâter Tesprit puWîc

,it et pour.perdre les amis de la .Montagne répuMi-

.« cpine^ » L'insuccès de cette dénonciation txe : fit

qu exciter la haine de ceux qui avaient juré sa pértid.

La suppression du culte et la désaffectation des égHjàes paroissiales ayant provoqué des rassemblements jet des troubles à Saint-Nicolas de la Grave, le parti , avancé de la Société populaire de cette ville entra en lutte ouverte avec Tadministration municipale et n'bégita pas à mettre le maire Guiringaud en état d^arrestalion à son domicile. Le différend fut dénoncé par le juge de paix, l'un des plus ardents terroristes de la commune, aux chefs de Tarmée révolutionnaire, chargée défaire des perquisitions et des saisies dans les environs. Sur l'invitation qui lui en fut adressée 6 Grenade, Hugueny, Tun des deux commissaires, arriva à Saint-Nicolas, le 29 frimaire an 11 (19 décembre 1793), avec une escorte de fantassins et de cavaliers, prononça plusieurs discours, rétabUt momentanément la concorde entre les officiers municipaux et la Société populaire, et [réintégra le maire dans ses fonctions '•

L'intervention d'Hugueny et rechange bruyant des « baisers fraternels » ne dispensèrent pas de Guirin-

1. Archives muaicipales de Toulouse. — Affaires politiques^ I, n« 1061.

^ Arohives d9 la Hsute*Garonne. Série L. Liasse 180.

gaud de soumettre son civisme à Tépreuve < jdu creuset a épuratoire » de la Société populaire. Cet examen lui fut sans doute favorable, puisqu'il conserva ses fonctions municipales jusqu'au 14 germinal an II (31 mars 4794), date à laquelle il envoya sa démission -au représentant du peuple Dartjgoeyte, en invoq^jarit des motifs de santé.

*Le mois suivant, il provoqua imprudemment Tirritalion des terroristes de sa résidence, en refusant de présenter le tableau de sa vie politique à la Société populaire de Saint-Sardos. Le conseil général de la commune repoussa les motifs sur lesquels il basait ^on refus et, le 19 prairial (7 juin), les membres du Comité de surveillance lancèrent contre lui un mandat d'arrêt en vertu duquel il fut incarcéré à Beaumont-de- Lomagne, chef-lieu du district. Le 5 messidor (28 juin), sur un ordre de Gappelle, daté du 1" du mois, Dast, .agent national de Beaumont, requérait les deux gendarmes qui avaient procédé à Tarreslalion de Guiringaud, de conduire le prisonnier à la Conciergerie de Paris*. II y arriva, le 14, et quatre jours après, son patriotisme et son civisme, certifiés par les hommes qui se disaient alors les plus compétents en cette matière ^ ne purent le sauver de Texpiation à laquelle le condamnait, à I âge de quarante-trois ans, Thonorabilité de ses services comme magistrat.

Dominique - Antoine Perrey, né à Tarbes, le 14 avril 4738, avait été reçu, le 46 décembre 4779, substitut du procureur général du roi, en l'office de J.F.L. d'Irisson.

1. Cette réquisition, portant mention du mandat d*arrôt, est déposée aaz Archives nationales, W. 408, n« 939.

2. Certificats de la Société populaire et de la municipalité de Grave-Jjitere; (Archives nationales, W. 408, n« 930.)

A la Révolution, il vint s'établir aux environs de son pays natal, à Vie, petite ville des Hautes- Pyrénées. Deux délibérations du conseil général de la commune, des 8 mai et 29 août 1793*, le rangèrent dans la première classe des suspects, sous Tinculpation de propos inciviques et contre-révolutionnaires, et il ne tarda pas à être incarcéré dans la prison de sa résidence. Cappelle, l'accusateur public, lança un mandat d'arrêt contre lui, le fît conduire à Toulouse et l'envoya ô Paris, le 19 prairial (6juin1794). De son côté, le Comité de surveillance de la commune de Vie adressa, le 1" messidor, à Fouquier-Tinville, une dénonciation accusant Perrey d'avoir tenu, pendant sa détention, des propos anti-révolationnaires \ Cette accusation ne lui fut même pas imputée par le Tribunal révolutionnaire de Paris, qui reconnut ce membre du Parquet coupable d'avoir concouru ou adhéré aux protestations delà Chambre des vacations.

Pierre-Louis de Carbon, filsil'un conseiller au Parlement, naquit à Millau, dans le Rouergue, en juillet 1734. II acheta l'office de P.T.J. d'Advizard, fut reçu membre de la Chambre Tournelle, le 20 mai 1758, appartint au Parlement Maupeou, et siégea, en 1789, à l'Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse. Il s'était fait un nom par ses connaissances approfondies en numismatique et par ses remarquables collections de médailles.

De Carbon fui condamné à mort, à soixante ans, pour avoir pris part aux arrêts de septembre 1790, alors qu'au dire de Pescaire, il a avait fixé son domi- « cile à Millau, longtemps avant les protestations ^. »

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