‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 74 sur 117 · Archéologie pyrénéenne^ par Dumège, tome I, p · texte numérisé non relu

Archéologie pyrénéenne^ par Dumège, tome I, p

Avec lui s'éteignit le nom des de Gampistron dé Maniban. De son mariage avec M^® Quignon, qu'il avait épousée en 1792, étaient nées deux filles : l'une mourut, en 1825, avec le titre de chanoinesse du chapitre de Sainte- Anne de Munich; l'autre épousa M. de Savy de Gardeil, neveu du parlementaire guillotiné à Paris, sous la Terreur.

Des deux présidents honoraires l'un, le marquis de Pegueiroles, périt de misère à l'Hôtel-Dieu de Paris; l'autre, le baron d'Orbessan, assista du fond de sa retraite à la dispersion des membres de la Cour, au drame révolutionnaire et au martyre de ses collègues du Parlement.

Anne-Marie Daignan baron d'Orbessan n'avait pas atteint sa vingt et unième année lorsque, le 10 septembre 1737, il remplaça F. de Marcellier de Gaujac et vint siéger à la Cour, où son beau-frère, F. de Portes de Pardailhan, présidait la deuxième Chambre des Enquêtes. L'année suivante, en vertu de lettres royales lui accordant les dispenses nécessaires d'âge et de parenté, il succéda à son père comme président à mortier, le 19 novembre 1738. Le jeune magistrat se fit remarquer, dès ses débuts, par les plus heureuses dispositions comme jurisconsulte et par des aptitudes toutes spéciales pour la culture des sciences et des lettres- La Société des sciences de Toulouse le vit participer à ses premiers travaux avec un zèle et une activité remarquables ; et ses instances contribuèrent puissamment, en 1746, à obtenir du roi Louis XV, des lettres-patentes érigeant cette Société en Académie.

Trois ans après, il fît en Italie un long voyage, dont la relation, aussi intéressante que bien rédigée, fut

hautement appréciée dans le monde littéraire. Cette publication, que suivirent bientôt d'autres travaux non moins importants, l'appelèrent, en 1753, au trente et unième fauteuil des mainteneurs de TAcadémie des Jeux-Floraux.

L'amour de la science et de la littérature ne faisait négliger aucun de ses devoirs à ce magistrat érudil, qui n'aspirait cependant qu*au moment où il pourrait se livrer tout entier à ses études préférées. Le 15 juillet 1769, il abandonna le siège qu'il avait occupé si brillamment pendant trente-trois ans, et se relira avec le titre de président honoraire. Ce fut en vain que le chancelier de Maupeou chercha à le rappeler au sein du Parlement, en lui offrant la plus haute dignité de ce grand corps judiciaire; d'Orbessan refusa cet honneur et celui, non moins grand, d'aller représenter la France dans une mission diplomatique ô l'étranger.

. Lorsqu'il s'établit défmitivement dans son domaine d'Orbessan, le président Daignan était membre des trois grandes académies littéraire, scientifique et artistique de Toulouse; il appartenait, en outre, aux académies de Marseille et de Pau , enfin à celles de Volterra et de Cortone, en ItaUe. Il vécut faisant le bien dans sa douce et laborieuse retraite, et ses vieux jours furent entourés de l'affection et du respect des populations dont il était devenu le bienfaiteur, l'arbitre et l'ami. Son titre purement honorifique J'unanime et sympathique protection de ses concitoyens le préservèrent du sort infortuné des magistrats titulaires du Parlement. Il traversa l'ère sanglante, et put encore voir la France recouvrer le calme ei la sécurité. Il mourut en 1801 \

1. Les armoiries des d'Orbessan sont d'azur, au Uon rampant d*or, au chef de gueules, chargé de trois croissants d'argent. (Nobiliaire toulousain.)

Le Parlement de Toulouse comptait deux chevaliers d'honneur : de Marmiesse, mort en 1789, n'avait pas été remplacé, lors de la suppression des Cours souveraines; et Adrien- Joseph de Comère baron de LA BASTiDE-BEAuvom était seul titulaire de ces fonctions, en 1790.

Ce magistrat, né à Toulouse, le 19 mars 1719, était fils d'un membre du Parlement et de M"* de Bertier. Son aïeul avait été conseiller à la Ck)ur, et son père y siégeait encore au même litre, lorsqu'il vint occuper, le 23 mai 1739, le siège vacant de J. de Viguerie. Le 24 avril 1752, il fut reçu conseiller d'honneur, en l'office de A. Dusson marquis de Bonnac.

Par droit de naissance et comme mandataire de Liacary, seigneur du fief de Léros, de Comère as^ sista à l'Assemblée tenue, en 1789, par la noblesse de la première sénéchaussée du Languedoc.

Dès le commencement de la Terreur il fut incar- ^ré pendant quelques jours à la Visitation, en avril 1793, et ne fut mis en liberté qu'en s'engageant à se présenter à toute réquisition et à fournir « un réik pondant d'un civisme reconnu. » Au mois de novembre suivant, sur la dénonciation de la Société populaire de la Bastide-Beauvoir, le procureur général syndic Descombels l'accusa de n'avoir pas fait enlever, dans l'es délais légaux, les armoiries et autres ornements proscrits qui décoraient son château. Quoique absolument probante, sa justification ne suffît pas à établir son civisme; il continua à être considéré comme suspect et ne put se soustraire aux mesures rigoureuses de l'arrêté pris, le 14 germinal an II, par le représentant du peuple Dartigoeyle. Le 26 du même mois, il devait être incarcéré aux Carmélites, mais son grand âge et ses infirmités lui firent obtenir d'être mis en arrestation à son domicile.

Ses ennemis n'en continuèrent pas moins à poursuivre avec acharnement le malheureux septuagénaire. Bien qu'il eût déposé ses titres féodaux à Baziège, à la Bastide, à Calment, etc., la recherche de ces documents fut le prétexte, le 6 prairial, d'une perquisition aussi rigoureuse qu'inutile dans son hôtel de la rue de la Pomme. Enfin, en messidor, sur une dénonciation des jacobins de la Bastide, qui Taccusaient d'avoir fait périr, avant la Révolution, le fils d'un de ses anciens vassaux, le Bureau de sûreté générale le fit arrêter et transférer dans les prisons du Capitole. Descombels, devenu agent national, procéda immédiatement à son interrogatoire et transmit tous les documents le concernant à l'accusateur public, par l'intermédiaire du Comité révolutionnaire. L'acharnement des habitants de la Bastide contre de Comère trouve une explication trop naturelle dans la dévastation de ses domaines et dans la crainte de ses légitimes revendications. Heureusement la Terreur touchait à sa fin; les représentants Mallarmé et BouiU lerot furent envoyés à Toulouse ; ils examinèrent les dossiers de tous les détenus et ordonnèrent l'élargissement de la plupart d'entre eux, notamment de Co* mère, qui recouvra la liberté, en vendémiaire an III ^n

Il avait été régulièrement pourvu aux deux charges de conseiller-évêque du Parlement. L'un des titulaires, M^^Letoinnelier de Breteuil, évéque de Montauban, ne s'était jamais fait recevoir membre de la Cour.

L'autre, M^*' Eustache-Antoine d'Osmond, avait remplacé son oncle à l'évéché de Comminges et au Parlement de Toulouse, où il avait été admis, le 23 juillet

1. Archives de la Haute-Garonne, série L. 20, et Archives municipales de Toulouse.

1785. Pendant la Révolution, le prélat passa à Tétranger et fut porté, en septembre 1794, sur la liste des émigrés du district de Mont-Unité (Saint-Gaudens). Lorsque l'ordre fut rétabli, M^ d'Osmond rentra en France et se démit de ses fonctions épiscopales entre les mains du pape Pie VII, qui Tappela, en 1802, à révéché de Nancy. Il mourut dans cette ville, au mois de septembre 1823.

Bien que leurs fonctions fassent presque entièrement honorifiques, les conseillers d'honneur avaient voix délibérative et comptaient trois sièges au sein du Parlement.

Le premier revenait de droit à Tarchevéque de Toulouse, M*' François de Fontanges, abbé de Saint- Victor de Paris.

Ce prélat, né dans le diocèse de Clermont, le 8 mars 1744, appartenait à une ancienne famille de l'Auvergne, les de Scoraille de Roussille ducs de Fontanges, dont le nom rappelle une des aventures galantes de Louis XIV et la jalousie peut-être criminelle de M"* de Montespan.

Successivement évéque de Nancy en 1783, de Bourges en 1787, en même temps qu'aumônier de Marie- Antoinette, M«' de Fontanges fut appelé, en 1788, grâce à la protection de la reine, à remplacer le cardinal Loménie de Brienne, à l'archevêché de Toulouse. L'année suivante, il vint prendre possession de son siège, se fit recevoir conseiller d'honneur au Parlement, le 2 mars, et fut élu député de l'ordre ecclésiastique aux Etats généraux. Par suite de son refus d'accepter la constitution civile du clergé, il fut dépossédé de ses fonctions épiscopales et les électeurs désignèrent le P. Sermet pour le remplacer. M^^ de

Fontanges quitta la France et se réfugia aux. îles Baléares, après avoir confié Tadministralion de son diocèse à ses vicaires généraux, et plus particulièrement à Tabbé du Bourg, qui remplit cette difficile et périlleuse mission avec une admirable abnégation et un courage au-dessus de tout éloge. Sous le Consulat, Tarchevéque de Toulouse revint de l'étranger, se démit de ses fonctions, au moment du Concordat, et publia une lettre pastorale invitant ses diocésains à reconnaître Tautorité spirituelle de son successeur régulier, M^*" Primat. Le pape Pie VII le nomma à Tévéché d'Autun, où il mourut, en 1814, victime de son dévouement, pendant une épidémie qui sévissait dans les hôpitaux de cette ville.

M**" DE Cambon, évéque de Mirepoix, occupait le second siège des conseillers d'honneur et mourut ô Toulouse, avant la Terreur ^

Ce même titre appartenait également de droit, en vertu d'une ordonnance royale de juin 1757, au titulaire de l'abbaye de Saint-Sernin, avec voix délibérative et droit de prendre rang immédiatement après les évéques.

L'abbé François de Narbonne-Lara, plus connu sous le nom de vicomte de Narbonne, fils du second lit de François comte de Birac, seigneur d'Aubiac et de A. de Gouth, descendait d'une illustre famille d'origine espagnole dont la noblesse remontait au commencement du xn« siècle *. Il devint aumônier du Roi et fut appelé à l'abbaye de Saint-Seniin, à Toulouse, en remplacement de Tabbé de Flurigny,

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