‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 73 sur 117 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Fin de la Terreur. — Les Survivants.

L'histoire des derniers parlementaires de Toulouse ne comprend pas seulement le récit des souffrances et du supplice des victimes de la Terreur. Elle se complète naturellement par Texposé du sort de ceux qui échappèrent au Tribunal révolutionnaire de Paris, devant lequel les renvoyait Tarrêlé du 1" floréal an 11/ rapporté par une décision du Comité de législation, en date de frimaire an III *.

Le premier magistrat du grand corps judiciaire qui administra le Languedoc pendant plus de trois siècles, put se soustraire aux poursuites des jacobins; mais, s'il évita le supplice, il eut la douleur de voir la vertueuse compagne de son existence monter sur Téchafaud, victime de son devoir et de son dévouement.

1. Ces notes biographiques suivront Tordre du tableau de chacune des Chambres du Parlement.

Jean-Louis-Emmanuel-Augustin de Cambon, né à Toulouse, le 16 mai 1737, appartenait à une ancienne famille du Rouergue qui, depuis cent cinquante ans, avait été constamment représentée au sein de la Cour de Toulouse *. A vingt et un ans à peine, grâce à des dispenses royales d'âge et de parenté l'autorisant à siéger à côté de son père et de son oncle, tous deux membres du Parlement, le jeune de Cambon fut reçu conseiller, le 17 avril 1758, en Toffice de J. L. de Trenqualye. Son talent oratoire et son amour du travail rappelaient à des fonctions plus actives. Le 19 janvier 1762, il remplaça L. de Riquet de Caraman comme avocat général et devint membre du Parquet dirigé parle procureur général, J. Riquet deBonrepos. L'année suivante, l'Académie des Jeux-Floraux, désireuse de s'attacher l'éloquent magistrat, qui était déjà un littérateur émérite, l'appela au vingtième fauteuil de ses mainteneurs.

Quelques temps après, il épousa M"® Riquet de Bonrepos, fille du procureur général et veuve de l'avocat général, A. de Malaret de Fonbeau/ard. La parenté de sa femme avec la famille de Maupeou pouvait lui faire espérer d'être compris, en 1771, dans la réorganisation des Parlements et de succéder un jour à son beaupère: le chancelier en décida autrement. De Cambon ne fut pas maintenu dans ses fonctions et rentra dans la vie privée, où l'étude des chefs-d'œuvre de notre littérature fit l'occupation et le charme de ses loisirs. Au rétabUssementdes Cours souveraines, le roi lui confia une nouvelle charge d'avocat général, avec promesse de la survivance de l'office de procureur général, en cas de démission ou de décès du titulaire. Néanmoins, il

.1. Armoiries : de gueules au lion passant d'argent ; au chef de sinople chargé de trois étoiles d'or.

se retira du Parquet et devint président à mortier, au mois de novembre 1779, en remplacement de Jean de Niquet, décédé. Après sept ans de présidence, la mort du procureur général Lecomte l'appela, enfin, par droit de survivance, à la tète du Parquet, le 27 septembre 4 786, et ce fut en cette nouvelle qualité qu il fit partie de l'Assemblée des Notables, réunie à Versailles, au mois de février suivant. Ses mérites et la confiance du roi lui réservaient de plus hautes destinées et ne devaient pas tarder à l'élever encore au-dessus de la situation vers laquelle avaient tendu tous les efforts de sa laborieuse carrière : le premier président Joseph de Niquet donna sa démission, et Louis XVI désigna de Cambon pour lui succéder. Les provisions royales rappellent les preuves « du zèle le plus soutenu, de la probité la a plus intègre et des talents les plus distingués » que le magistrat n'avait cessé de donner, pendant plus de trente années, dans Texercice de ses fonctions d'avocat général, de président à mortier et de procureur général; elles signalent, en même temps, les éminents services des membres de sa famille et notamment ceux de son oncle Tévêque de Mirepoix, de son frère Tabbé de Cambon, conseiller clerc, et de son beau-frère de Beaudrigue d'Escalone, conseiller à la Grand'Chambre.

Le nouveau premier président alla prêter serment à Versailles, le 8 décembre 1787, entre les mains du roi. et dix jours après, il entrait en fonctions. Le conseil politique de la ville, sur la proposition de Senovert, premier capitoul de justice, avait décidé de lui décerner les honneurs d'une entrée solennelle. Une dépulalion de six membres, composée des capitouls Duroux et Moysset, et des quatre conseillers politiques Gouazé, Teynier, Malpel etFrancès, fut chargée d'aller le recevoir à une journée de marche; deux arcs de triomphe,

r«n aux- portes de Toulouse, Taulre au seuil de^ .son hôtel, fiaient reliés par des tenlureg et des draperies qui pavoisaient toutes les rues, sur le parcours du cortège. De leur côté, les procureurs voulurent lui offrir, à son choix, soit un feu d'artifice, soit une dot pour quatre jeunes filles. La modestie et la charité de Gambo?i ne pouvaient hésiter: le 30 janvier 1788> la basoche dotait quatre jeunes fiancées, dont te mariage fut cél.ébrp le même jour, et dans une fête donnée le soir chez ^me ^Q Monserrat, le syndic des procureurs^ Figijères, ouvrait les danses avecM"*® de Camboii \

Le succès avait couronné toute une existence de labeurs incessants, de zète infatigable et d'inépuisable dévouement dans Texercice des fonctions judiciaires. L'orateur éloquent, le magistrat intègre avait reçu du souverain la plus honorifique des récompenses. Le bonheur de son foyer animé par la présence de ses cinq enfants, sa grande fortune, les témoignages d'estime et d affection que lui prodiguaient ses concitoyens, tout semblait concourir pour assurer au chef de la Cour de Toulouse une vieillesse heureuse et paisible; et cependant le moment approchait où son caractère énergique et courageux allait avoir à subir les plus rudes épreuves de l'adversité.

Les Parlements et la France obtiennent la convocation des Etats généraux, et le premier président de Gambon va siéger, comme seigneur d'un fief à Vigoulet, à TAssemblée générale des trois ordres, puis à la réunion de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse.

L'Assemblée nationale supprime les Parlements; le mouvement révolutionnaire devient un tourbillon

1. Journal des affiches de Toulouse et du Saut Languedoc^ h« d« 13 février 1788.

vertigineux;, la République est proclamée; .la léte du roi roule sanglante au pied de Téchafaud; la Terreur impose à la nation les niaiseries de son arbitraire et les hécatombes de sa tyrannie; la sécurité a disparu du sol national et Témigration prend de formidables proportions.

Le premier président avait passé quelques mois en Italie; les malheurs de la patrie le rappelèrent en France, avant la promulgation de la loi contre les émigrés, ce qui n empêcha pas son inscription sur les listes dressées dans les districts de Rieux et de Toulouse, les 8 et 22 mai 1793. Il alla s'établir à Paris, où, perdu dans la foule, il pouvait échapper plus facilement aux recherches des terroristes ; mais trop d'ennemis voulaient sa perte. Cappelle écrivit de Toulouse à Fouquier-Tinville pour lui dénoncer la présence de Cambon, et le Comité de sûreté générale redoubla d'efforts pour s'emparer de sa personne.

Un jour, on le prévient que sa retraite, rue Saint- Marc, a été découverte; et pendant qu'il court à la recherche d'un nouveau refuge, les valets de Fouquier-Tinville cernent son domicile, pénètrent chez lui et n'y trouvent que M™^ de Gambon seule, courageuse et résignée. Ils lui demandent de leur indiquer la retraite de leur victime, ils la pressent de questions, la menacent et l'insultent; tout est inutile. La femme fidèle ne daigne pas répondre à ces misérables, qui la conduisent à la prison de Saint-Lazare, avec sa lille à peine âgée de seize ans, et toutes deux supportent vaillamment cette épreuve, qui leur a permis de sauver Texistence d'un père et d'un époux.

A défaut du magistrat qui devait mourir, les sbires n'ont pu s'emparer que de sa femme. La Terreur ne pouvant avoir la tête du président du Parlement de Toulouse, prendra celle des êtres qui lui sont cliers. Il

faudrait pourtant trouver un prétexte quelconque pour mettre M"*® de Cambon en accusation. Que lui reprocher? Quel crime lui imputer? Quelle accusation formuler contre celte innocente et noble victime? Ces difficultés n'existent pas pour Fouquier-Tinville. Il invente, dans sa scélératesse, les conspirations des prisons : de malheureux détenus, des vieillards, des femmes sont accusés des plus noirs complots contre la République. Des dénonciateurs, laccusateur public en aura toujours à sa dévotion; il trouvera tout aussi aisément des témoins qui viendront, à sa requête, déclarer que des rassemblements d'aristocrates se tiennent régulièrement dans les chambres de M™^ de Flavigny, de Cambon et de Lassolay, détenues à Saint-Lazare. C'est plus qu'il n'en faut pour conduire au Tribunal révolutionnaire, et par conséquent à la guillotine, quelquesuns des suspects qui « encombrent » les cachots et les maisons de détention.

Les accusés sont cités à la barre. Au moment de quitter la prison, M"* de Cambon songe avec désespoir à la destinée de sa malheureuse enfant dont une mort certaine va la séparer. Elle voit au nombre des détenus un jeune homme, un compatriote, qu'une tendre sympathie unit déjà à la jeune fille, et la mère qui va mourir, songe au bonheur possible de son enfant : elle la confie à l'affection de F. d'Ayguesvives et consacre leur prochaine union par une dernière bénédiction K

Elle comparaît devant le Tribunal révolutionnaire. Coffinhal, Foucault et Barbier sont au banc des juges; Liendon, le digne suppléant de Fouquier, occupe le siège de l'accusateur public. La femme de l'un des

1. Eloge de F. d*Aygu6STiyes à rAcadémie des Jeux-Floraux^ le 3 juin 1827.

premiers magistrats de France, accusée de conspiralion contre sa patrie, est appelée à se justifier de cette imputation devant

Cette horde flétrie

D^assassins, juges à leur tour,

ainsi que les appelle notre grand poète moderne.

Parmi les témoins on voit : Jeaubert, un belge réfugié; Manini, un italien faisant métier d*espionnage ; Robinet et Pépin Desgrouettes, Tancien président du Tribunal du 17 août.

Le président demande ô Desgrouettes ce qu'il pense de Dorothée Riquet, femme Gambon. « C'est « une femme, dit le témoin, qui donne tous ses soins (( aux malheureux, les assiste de sa bourse et de ses « secours ; elle les panse même dans leurs maladies ; « mais, ajoute ce misérable, elle n'en est pas moins (c une aristocrate enragée*. » Ce mot seul était la condamnation de Taccusée; car le crime d'être aristocrate n^avait pas de circonstances atténuantes. La femme courageuse et charitable est condamnée à mort et guillotinée, avec cinquante-trois autres victimes désignées par Fouquier-Tinville. C'était le 8 thermidor, la veille même de la mort de Robespierre et de la fin de la Terreur. Un jour de plus, et M™® de Cambon aurait échappé à la haine sanguinaire de ces misérables, si elle n'avait été destinée à couronner par le martyre une existence de cinquante années de charité, de dévouement et de vertus chrétiennes.

Le malheureux premier président a pu se soustraire aux poursuites des jacobins; mais l'adversité a semblé s'acharner contre sa famille : M""' de Cambon a été guillotinée et jetée à la fosse commune

1. Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris^ par Campardon^ tome II, p. 116.

des suppliciés, dan-s le couvent de Picpus; ses deux fils sont à rétranger; Tune de ses filles est encore détenue; et son immense fortune a disparu dans cet écroulement général.

Son hôtel, place Saint-Etienne, son magnifique domaine de Lespinet, dans la banlieue de Toulouse, tous ses biens avaient été mis sous séquestre. Le 21 ventôse an in,le Comitéde législation ordonne de surseoir à la vente de ses propriétés et, le 25 germinal suivant (14 avril 1795), il prescrit sa radiation de la liste des émigrés. Peu à peu le calme se rétablit; les guerres à l'étranger sont venues faire un tout-puissant dérivatif aux troubles et à l'agitation de Tintérieur; les émigrés rentrent en France, et l'ancien premier magistrat du Parlement est parvenu à réunir autour de lui les membres épars de sa famille si cruellement éprouvée, lorsque la perte inattendue de son fils aine vient raviver toutes ses douleurs et mettre le comble à son infortune. Ses forces, épuisées par les chagrins et par les infirmités, ne purent résister à celte nouvelle épreuve; il mourut le 19 septembre 1809, laissant à ses parents et à ses concitoyens « l'exemple d'une « vie consacrée à l'exercice des talents que la nalure « lui avait prodigués et des vertus qui font la gloire « des magistrats. »

Comme le premier président de Cambon, deux des présidents à mortier survécurent à la Terreur; les deux autres, de Sapte du Puget et de Mengaud de Lahage, étaient morts : le premier sur l'échafaud à Paris, le 26 prairial ; le second, à la prison de la Visitation à Toulouse, le 26 germinal an II.

Jean Desinnocens de Maurens, né en mai 1735, était fils d'un conseiller aux Requêtes et de NP de

Josse-Lauvreins. Son père ayant acquis un office au Parlement, il le remplaça , le 8 février 1755, à la Chambre des Requêtes. Vingt ans après, au rétablissement de la Cour souveraine par Louis XVI, il acheta la charge de d'Advizard et devint président à mortier, par provisions royales enregistrées, le 30 août

En 1789, la noblesse de la première sénéchaussée du Languedoc, assemblée à Toulouse, était appelée à désigner quatre députés aux Etats généraux; elle confia aux marquis de Panât, d*Avessens, d'Escouloubre et au président Desinnocens de Maurens, le soin de défendre ses intérêts, en déterminant l'étendue de leur mandat. Lorsque les Etats généraux se proclamèrent Assemblée constituante, il fut nécessaire de donner plus d'extension aux pouvoirs tout d'abord limités des représentants de la nation, et la noblesse de Toulouse, réunie à THôtel-de-Ville, le 24 juillet 1789, décida d'investir ses députés d'un mandat général et illimité; mais ceux-ci le refusèrent formellement et déclarèrent qu'ils ne pouvaient accepter qu'un mandat impératif. Peu de temps après, de Maurens tomba gravement malade et demanda à résigner ses fonctions en faveur du député suppléant, de Palaminy. Sa requête, mal accueillie à Toulouse par le comte de Portes, donna lieu à de longues discussions, et fut définitivement annulée par la suppression même des ordres privilégiés.

A l'exception de P. Roussillou, député du Tiers état, les représentants de la première sénéchaussée . du Languedoc jouèrent un rôle complètement effacé à FAssemblée nationale et disparurent avec elle de la . scène politique. Dès que son mandat fut, expiré,, de Maurens passa, à l'étranger avec sa famille, et son nom fut porté sur la liste des émigrés. La nation. mU

ses domaines sous séquestre, en novembre 1792, et son hôtel de la place des Pénitents-Blancs devint la résidence ot'ficidte â^srprincipaiDc fi mcti cr unaire g ^ fe i^ Tcrreor^ notamment du trop fameux Descombels. En Fan IV, tous ses biens furent vendus, tandis que son importante bibliothèque était mise en dépôt aux Grands-Carmes et au Lycée national.

L'ère des massacres était finie et le Consulat apportait le calme au sein de cette nation que la gloire des armes allait faire si grande. Desinnocens de Maurens revint de Témigration et rentra à Toulouse, où il mourut à l'âge de soixante-quinze ans, en juin 1810. Ses collègues du Parlement avaient autrefois rendu justice à l'énergie de son caractère et à l'élévation de son intelligence; jusqu'à son dernier jour, ses concitoyens lui prodiguèrent les témoignages d'une sympathie qu'il avait su conquérir par l'aménité de son caractère et par la simplicité de ses mœurs.

La famille de Maniban, alliée aux Dufaur de Pibrac el aux de Fieubet, appartenait au Parlement, depuis le commencement du xvii' siècle. L'un de ses membres avait été président à mortier; un autre, Joseph Gaspard, marié à M"^ de Lamoignon, avait rempli, pendant plus de quarante ans, les fonctions de premier président de cette illustre compagnie, et la ville de Toulouse conserva longtemps le souvenir de cette grande figure de magistrat et de citoyen, qui fit preuve d'autant de talent et de mérite personnel dans l'exercice de ses fonctions, que de courage et de dévouement, lors de la terrible inondation de 1734.

Les Galbert de Campistron, de noblesse d'épée, n'étaient pas d'origine moins ancienne ; ils acquirent par voie de substitution les titres des de Maniban, et firent partie de la Cour de Toulouse, dans le courant du xvir siècle.

Louis-Gécile-Marie de Campistron marquis de Ma- NiBAN, fils d'un président à mortier et de M"® Raffine de Mosnier, naquit, le 12 juillet 1748, au château de Rousset, près Saint-Martin-de-Samoriac (Ghiyenne). Il acheta Toffioe de L.M. J. Eymard de Palaminy et fut reçu conseiller au Parlement, le 4 janvier 1768, avant d'avoir atteint sa vingtième année. La réforme de Tordre judiciaire par le chancelier de Maupeou le déposséda momentanément de son siège et Tenvoya en exil, pendant trois ans, dans son pays natal, audelà de Bordeaux ; mais, peu de temps après le réftiblissement des Parlements, il devint président à mortier, le 30 août 1775, en remplacement de H. G. du Puget de Gau, décédé.

Il assista, au mois de mars 1789, aux réunions de Tordre de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse \ et Tannée suivante, il était, ainsi que son collègue Daspe de Meilhan, président titulaire de la Chambre des vacations, au moment où cette Chambre, présidée par son doyen d'âge, le conseiller de Bardy, adopta les arrêts des 25 et 27 septembre. Son absence notoire, certifiée par une déclaration qu'il remit, le mois suivant ^ au greffier de THôtel-de- Ville , le fit excepter, par la mu nicipaUté d'abord, par TAssemblée constituante ensuite , des mesures de rigueur décrétées contre ses collègues.

Arrêté comme susp ect, à Paris, au commencement

1. Ses armes étaient écartelées : aux 1 et 4, d'azur à la fasce élevée d'or, accompagnée en chef de quatre étoiles d'argent rangées en fasce ; en pointe, d'un coq d'or posé sur une étoile d'argent la patte dextre levée, accosté de deux autres étoiles du môme, qui sont de Campistron. Aux 2 et 3» de gueules à deux bourdons d'or passés en sautoir, cantonnés en chef d'un croissant d'argent et de larmes de môme dans les autres cantons, qui sont de Ma* niban.

2. Archives municipales de Toulouse. — Lettres missives de iT82 à i79i : 27 octobre et 12 décembre 1790.

de la Terreur, le président de Maniban put obtenir d'être rendu provisoirement à la liberté. L'affolement sanguinaire des jacobins allait toujours croissant, l'activité fiévreuse de Fouquier-Tinville était infatigable, et les sbires de l'accusateur public apportaient d'autant plus d'ardeur à rechercher leur victime qu'elle leur avait échappé une première fois et que, de Toulouse, Cappelle leur avait dénoncé, le 22 prairial, sa présence à Paris. L'infortuné allait être découvert, lorsqu'un homme dont la noble conduite n'a pas été « assez connue, sut, en affrontant les plus grands « périls, soustraire de Maniban à la mort. » C'était un nommé Guillaume Fabre, conducteur de la malleposte de Paris à Toulouse, employé très estimé dans l'administration des postes à laquelle il avait rendu de notables services. « Il apprend que la retraite de « M. de Maniban va être envahie ; il prévient celui-ci, « le place au fond de sa voilure, sous des amas de « journaux et de marchandises. Trois jours s'écou- (( lent; enfin, on arrive de nuit à Toulouse. En pasce sant devant ia demeure d'une marchande de modes, (( alors très connue \ Fabre lui remit un immense a ballot; c'était de Maniban, couvert de larges enve- (( loppes et chamarré d'adresses. Là, le président, « arraché ainsi aux sbires de la capitale, attendit des (( jours moins funestes et le retour de l'ordre et de « la paix *. » De Maniban ne s'éloigna de Toulouse qu'au moment où le gouvernement de la Restauration fit appel à son concours et à son dév^ouement : il était à Paris, sur le point d'entrer au Conseil d'EitaU lorsqu'il mourut, le 29 janvier 1 820, à l'âge de soixantedouze ans. .

l.M"«Si t, rue Boulbonne

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