‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 79 sur 117 · Archives de la Haute-Garonne. Série L · texte numérisé non relu

Archives de la Haute-Garonne. Série L

3. Armoiries: d'or au renard passant de sable sommé d'une étoile de gueules. Devise : Recta linea.

cle, époque à laquelle ils quittèrent la Provence ^ et vinrent s'établir à Toulouse. Depuis lors, la famille d'Albis, dont la noblesse fut reconnue sous Louis XIV *, ne cessa de figurer parmi les membres du second Parlement de France; elle prit une importante situation dans le Languedoc, où elle possédait' une grande fortune territoriale, composée de fiefs considérables, notamment des seigneuries de Belbèze, Giroussens, Thil et Bretz, et de la coseigneurie de Saiiit-Sulpice, qu'elle partageait, au moment de la Révolution, avec le conseiller Labat de Mourlens,

Celui de ses membres qui devait être frappé, comme parlementaire, par le décret de l'Assemblée constituante du 16 août 1790, avait fait preuve, dès son enfance, de remarquables aptitudes dont le rapide développement lui fit obtenir, encore fort jeune, Vun des prix de l'Académie des Jeux-Floraux. Devenu magistrat, il apporta dans ses fonctions, avec la souplesse d'une intelligence élevée, une grande rectitude de discernement et toute la fermeté de son énergique caractère, qui lui valut une condamnation à l'exil, lors de la réforme de l'organisation judiciaire, par le chancelier de Maupeou. A la rentrée du Parlement, il reprit son siège de conseiller, et ses collègues lui témoignèrent toute leur confiance en le chargeant, à plusieurs reprises, du soin de rédiger les vœux et doléances adressés au pouvoir royal, et en le nommant membre de la commission chargée d'aller rétablir l'ordre dans le Vivarais. Cette commission, composée des conseillers d'Aguin, de Rey de Saint-Géry, de Saint-Félix et de d'Albis, était investie des pouvoirs les plus étendus ; elle obtint les meilleurs résultats et parvint, en peu

1, L'écn des d'Albis, supporté par deux lions, était d*azur semé d'étoiles d'op.

de temps, à pacifier cette partie du Languedoc, où les passions religieuses et les exactions seigneuriales avaient causé, pendant plusieurs siècles, de si profondes perturbations.

L'Académie des Jeux-Floraux devait s'attacher aussi cet homme éminent, en l'appelant, le 1" mai 1779, au trente-troisième fauteuil de ses mainteneurs, devenu vacant par le décès de Tabbé d'Héliot.

D'Albis assista, en 1789, à TAssemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée de Castres et 6 la réunion de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse. On le retrouve bientôt après chargé d'une mission secrète dans le Vivarais, où il prit une part active à l'organisation du camp de Jalès', puis dans l'armée des Princes, à l'étranger. Pendant son absence, il fut porté sur les listes des émigrés des districts de Toulouse et de Grenade des 22 et 27 mai 1793; ses biens mis sous séquestre, dès le mois d'avril 1792, furent vendus au profit de la nation, en nivôse an II et en frimaire an III. Lorsque Brumaire et le Consulat eurent rouvert les portes de la France aux émigrés, le vieux magistrat revint dans le Languedoc et se retira à la campagne, pendant que son frère, le chevalier d'Albis de Razengues, qui avait été lieutenant des maréchaux sous Louis XVI, continuait à lutter contre la Révolution et finissait par prendre le commandement d'une partie des troupes royalistes, lors de l'insurrection de l'an VIL

L'ancien membre du Parlement ne quitta plus sa modeste retraite; le culte des souvenirs, l'étude des belles-lettres et l'affection des siens consolèrent sa vieillesse et celle de M""" d'Albis, née Lecomte de Latresne. Il mourut, en 1804, dans la commune de Thil, à quelques lieues de Toulouse.

Ses deux fils servirent avec distinction dans la

carrière militaire. L'un n'eut pas de postérité ; l'autre devint chef d'escadron dans la garde royale, et laissa, de son mariage avec M"* de Lacaze, deux enfants dont un fils, qui fut un brillant officier de cavalerie et mourut, à Toulouse, en 1875, sans descendance mâle ^

Le conseiller Charles-Pie d'Azkmar baron de Cas- TELFERRUS, appartenait à une vieille famille de magistrats*. Né en septembre 1731, d'Azémar fut appelé, par le décès de son frère, à faire partie de la Cour, ofi son oncle maternel, de Puget, était président à mortier; il fut admis, le 13 février 1775.

Au commencement de la Révolution, d'Azémar s'était réfugié à Paris, lorsque la loi du 27 germinal an II vint interdire le séjour de la capitale à tous les membres de l'ancien ordre de la noblesse. Il se décida ô abandonner sa retraite, le 6 floréal, et revint en Languedoc; à peine était-il arrivé à Verfeil qu'il fut arrêté, ramené à Paris et conduit à la Conciergerie. Thermidor le sauva de la guillotine : d'abord transféré à la prison du Plessis, il fut mis en liberté, le 28 vendémiaire an IIL

Pendant sa détention & Paris, ce magistrat avait été dénoncé, le 7 messidor an II, aux administrateurs du district de Toulouse parle Bureau des émigrés, qui n'ignorait pas sa grande fortune. Les scellés avaient été apposés, en fructidor, à son domicile, rue de la Pomme, devenue rue Ça- Va ; sa bibliothèque avait été confisquée et transportée dans les établissements pubUcs ; enfin ses domaines de Castelferrus, d'Aignan-sur-Roche

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