Aujourd'hai hôtel de Felzlas, rue de la Dalbade
2. Les de Catellan portaient d'argent au lévrier passant de sable, accolé et annelé d'or, au chef de gueules chargé de trois tnolettes d'éperon d'or. (De la Rocque.)
. On le retrouvé, comme propriétaire d'un fief à Cas-
telmaurou, au nombre des membres delà noblesse
qui siégèrent, le 26 mars 1789, à l'Assemblée jgénérâle
des trois ordres de la sénéchaussée dé Toulouse.
Si Ton en croit la dénonciation adressée, le 22 prairiaKpar Cappeïle, au Comité de sûreté générale dé la Convention, il se réfugia à Paris pendant la Terreur, et put s'y soustraire aux pèr({uisitions des fournisseurs de Fouquier-Tinville.
11 était pair de France, en 1840, au moment où la mort vint le frapper à Toulouse, dans son hôtel de la rue Vélane. Non loin de là, se trouvait le domicile, avant 1789, d'un jeune avocal, le seigneur de Vieuzae, qui devait être conseiller au présidial de Tarbes, avant de devenir le trop célèbre conventionnel Barrère.
Dé Calellan de Caumont fut le dernier de sa race. Son frère, qui appartenait, à l'Ordre de Malte, était mort avant lui.
L'avocat général, Lecomte marquis de Latrbsne, descendait d'une famille non moins ancienne que celle des de Rességuier et des du Bourg.
Originaires du Périgord, où ils possédaient des fiefs importants, les Lecomte se signalaient dans l'armée, dès la fin du xni« siècle, « d'où leur origine et premier a lustre ; » au siècle suivant, ils étaient autorisés à ajouter une fleur de lis d'or à leurs armoiries, récompense que le roi Charles V accorda à Pierre Lecomte et à trois autres gentilshomnes pour avoir repris la ville de Mortagne sur les Anglais. Depuis, une branche de cette famille entra dans l'ordre judiciaire et occupa les fonctions les plus élevées parmi les magistrats et les membres du Parquet des Parlements de Toulouse et de Bordeaux ; une autre demeura dans la carrière militaire et fournit plusieurs lieutenants généraux et maréchaux de camp.
Jeah-Jacques-Claire' Lecomte, né le 31 mai 4759, élail fils d'un ancien officier de marine, qui avait assisté à la bataille de Fontenoy. Il fut reçu avocat général du roi, le 48 juillet 4782, en remplacement de G. G. de Roux de Puyvert, décédé le 16 octobre précédent. Son grand'père avait été membre du Parquet, puis conseiller honoraire; son oncle occupait encore le siège de procureur général, après avoir rempli, pendant trente-neuf ans, les fonctions d'avocat général; son beau-frère, J. F. D. d'Albis de Belbèze, était conseiller à la Gour; enfin Tun de ses plus proches parents, le marquis de Latresne , était lieutenant général dans Tarmée royale.
Une grande rectitude de jugement, une facilité exceptionnelle d'élocution et un véritable talent oratoire facilitèrent la lourde tâche imposée aux vingt-trois ans du nouvel avocat général. Ses goûts littéraires et ses remarquables études le signalèrent, en même temps, à l'Académie des Jeux-Floraux , qui lui confia le dixième fauteuil de ses mainteneurs.
A la dissolulion du Parlement, en 1788, Lecomte de Latresne suivit l'exemple du procureur général de Rességuier : il défendit les privilèges du Parlement et refusa formellement au comte de Périgord de transmettre aux tribunaux du ressort les ordonnances et les édits relatifs & la réforme de la magistrature et à la création des grands bailliages.
Dès le commencement de la Révolution, il sut prévoir la tourmente qui allait bouleverser la France et ses anciennes institutions. L'intuition des folies sanguinaires de ceux qui allaient devenir les tyrans de la nation le décida à passer à l'étranger et à se retirer à Hambourg. Tout son temps y fut absorbé par les travaux littéraires et par l'achèvement de la grande œuvre qu'il avait entreprise depuis plusieurs années.
la traduction de VEnéide, dont quelques fragtpents, publiés depuis dans la Décade philosophique^ furent très Femarqués.
Pendant la guerre des émigrés, de Latresne accepta du prince de Condé plusieurs missions difficiles; puis il passa en Angleterre, et y demeura jusqu'à ce que le calme fut complètement rétabli en Frapce. Retiré aux environs de Paris, auprès d'un ancien avocat au Parlement de Toulouse, il trouvait dans la culture des lettres une occupalion conforme à ses goûts et une distraction à ses tristes souvenirs. Il aurait certainement pris une importante situation dans le monde littéraire, s'il n eût voulu revoir le Languedoc dont il était éloigné, depuis de si longues années.
L'air natal lui faisait défaut, le soleil du Midi manquait au poète, qui revint se fixer définitivement à Toulouse. Il y mourut, le 24 février 4846, à l'âge de quatre-vingt-six ans , et avec lui s'éteignit le nom d'une famille illustre par les semces qu elle avait rendus à la France sur les champs de bataille et dans les palais de la justice.
Les gens du roi à la Chambre des Requêtes furent au nombre des privilégiés, qui franchirent la période révolutionnaire, sans condamnation et sans incarcération.
Jean Antoine de Ghambal rempUt les fonctions d'avocat du roi, depuis le 19 juin 1776 jusqu'à la dissolution du Parlement; aucun document ne mentionne son nom à partir de cette époque.
Pierre -Marie-Ambroise-Léonard de Fraissines acquit, a Tàge de vingt-trois ans environ, Toffice de J.F.E. de Lautar, et fut reçu procureur du roi, le
24 juillet 1784. Il appartenait à une famille noble du Roûergue *, où son père était conseiller du roi et pi-emier consul à Villefrançhe. Ce fut à grand'peine qti'il traversa les jours sanglants de la Terreur, après lesiquels il devint contrôleur des contiibutions directes, au moment où celte administration fut créée et organisée* Sous le Consulat, il rentra dans la vie privée et se livra aux travaux agricoles; plus tard, il fît partie du conseil municipal de Toulouse, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 18 septembre 1839.
Pierre de Roquier était, en 1790, avocat honoraire du r€yi, depuis le 23 avril 1777, après avoir exercé pendant vingt-cinq ans, en Toffice de M. de Lantar, son beau-père.
Jean-François-Etienne de Lautar, beau-frère de Roquier, avait été installé en Toffice de procureur du roi, le 27 février 1760. Il se retira comme procureur honoraire, le 10^ septembre 1784, et son nom figure sur la liste des membres de la noblesse qui assistèrent, en 1789, à la réunion de la sénéchaussée de Toulouse.
Le département des Eaux et Forêts était représenté à la Chambre des Requêtes par Jean-Louis Baron, reçu avocat du roi, le 4 juin 1777, en l'office de P. Picot de Lapeyrouse, le célèbre botaniste.
La charge de procureur du roi dans le même service était occupée par Charles-Louis de Latour-Mauriac, qui avait remplacé P. de Guiringaud, le 13 décembre 1786. Ce membre du parquet de l'ancien Parlement devint conseiller à la Cour impériale de Tou-
1. Les de Fraissines portent de gueules & la licorne naissante du bas de Tècu adextrèe et au l'rône senestré d'argent ; au chef cousu d'azur, chargé de trois étoUes d'argent. (Nobiliaire toulousain.)
loufie, ot mourut, dans cette ville, le 5 avinl 1^33, à Tâge de soixante-dix-sept ans.
Les substituts du procureur général avaient perdu leur doyen, de Salasc, avant les premières arrestations de 1793. L'un d'eux, Perrey, était monté sur réohafaud, le 18 messidor an II, et les trois autres survécurent à la Terreur.
Jean-Pierre-Manent, né en octobre 1740, avait été admis, le 8 mai 1770, en l'offlce de J. M. Làdoux, et les fonctions de substitut, lui avaient été conservées. Tannée suivante, par le chancelier de Maupeou.
Lorsque les Parlements eurent été supprimés et que les collèges électoraux furent appelés h organiser le nouveau corps judiciaire, les habitants de Villefranchede-Lauragais désignèrent Manent pour la présidence du Tribunal de leur district. La confiance et l'estime que ses concitoyens lui avaient témoignées constituaient le meilleur des certificats de civisme et auraient dû suffire à le défendre contre les persécutions des jacobins. Néanmoins, les premières mesures de rigueur contre les suspects le conduisirent ô la prison de la Visitation, où il fut détenu quelques jours, en avril 1793; il put ensuite trouver un asile sûr et se tint caché jusqu'en fructidor an II *.
L'ancien substitut du procureur général se retira à la campagne; il y vécut, jusqu'au 10 août 1821, faisant le bien autour de lui, surveillant ses domaines et étudiant la science agricole.
Au mois d'août 1776, le Parlement recevait François DE Corail de Sainte-Foy, en l'office de substitut,
1. Archives municipales de Toulouse. ^ Renseignements parti-' culiers.
précédemment occupé par P. Bonnefon. A la Révolution, de Corail, devenu membre de la commission de sûreté générale de la municipalité de Toulouse, dut procéder, en cette qualité, aux interrogatoires sommaires des suspects, incarcérés en avril 1793 * ; et, bientôt après, on le retrouve substitut du procureur syndic de la commune de Toulouse. Lorsque l'accusateur pubifc reçrt Toandre d'envoyer à Paris tous les membres du Parlement, il ne dntdm pas à faire emprisonner les suppléants du procureur gisBënl^ mais il les mit en arrestation» et fit placer un planter à la porte de leurs demeures. Cette mesure fut rapportée* après la Terreur, par le représentant du peuple Mallarmé, et de Corail fut autorisé à reprendre son service à la commune *.
Bertrand Fronton avait été reçu substitut , le 22 avril 1771, et quelques mois après son entrée au Parquet, la réforme de Tordre judiciaire parle chancelier de Maupeou le privait de la charge qu'il avait acquise de J.F.Facieu de Fongrave. Le rétablissement des Parlements lui rendit ses fonctions, qu'il conserva jusqu'à la Révolution.