‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 90 sur 117 · Archives municipales de Toulouse · texte numérisé non relu

Archives municipales de Toulouse

Toulouse, sur la demande d'un membre du Conseil des Cinq-Cents, député d'un déparlement voisin delà Haute-Garonne ; ce ne fut qu'après Brumaire que justice lui fut rendue. Il reprit alors ses instances pour obtenir la radiation de M"« de Rességuier, dont les événements l'avaient séparé depuis plusieurs années, lorsqu'une mort subite vint l'enlever prématurément, en 1801, à l'âge de quarante -six ans. Sa mère ne put supporter une si grande douleur et succomba peu de temps après; sa femme, revenant de l'Allemagne, où elle avait trouvé un refuge pendant la Terreur, fut emportée & son tour, quelques jours après son arrivée en France; enfin, son beau-père, M. de Puységur, qui avait pris la tutelle de ses jeunes enfants, mourut également, dans le courant de la même année.

Telle fut la série des malheurs qui vinrent frapper successivement la famille du magistrat dont l'éloquence et le caractère brillèrent d'un si vif éclat, à la tête du Parquet du second Parlement de France.

Le premier avocat général , Jean-Antoine de Catellan DE Caumont, né le 11 avril 1759, appartenait à une très ancienne famille d'origine florentine, qui s'établit à Avignon et vint plus tard se fixer à Toulouse.

L'armée, le clergé, la magistrature eurent à enregistrer ses nombreux et brillants services ; elle comptait dix-neuf conseillers et trois présidents au Parlement, huit chevaliers de Malte, plusieurs commandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et deux hauts dignitaires de l'EgUse : l'un de ceux-ci occupa le siège épiscopal de Rieux; l'autre, évêque de Valence, fut chargé, avec Fénelon, de l'éducation du duc de Bourgogne.

Jean de Catellan, seigneur de Lamasquère, s'était

fait un grand renom comme jurisconsulte, pendant ses cinquante-six années de service ou Parlement de Toulouse. Lorsqu'il mourut, à Tàge de' quatrevingt-six ans, il laissa une collection fort remarquable des principaux arrêts de la Cour : ce recueil, qui devait le ranger, avec Géraud dé Méndrd, d'Olive et de Cambolas, au nombre des àl'rètiâtes cëlèbrés,lfut publié, en 1705, par spn neveu, devenu président delà première Chambre des Enquêtes. La famille de Catellan s'était alors vouée tout entière à l'exercice des fonctions judiciaires, et Ton vit, à la fin du xvn' siècle, cinq de ses membres former à son foyer une sorte de sénat domestique : Jean, le grand arrêtiste, avait auprès de lui son père, doyen au Parlement, son frère, qui présidait la deuxième Chambre des Enquêtes, et ses deux neveux, tous deux conseillers. Ce cénacle de magistrats se réunissait rue du Temple, à Thôtel familial ^ Tune des œuvres les plus curieuses et les plus fouillées du sculpteur Bacheher *.

Jean-Antoine de Catellan fut reçu avocat général, le 6 avril 4782, à vingt-trois ans à peine, en l'office de J.B. de Montratier de Parazols. Il prit une part énergique à la lutte du Parlement, résistant à l'arbitraire ministériel , et Tapposition de sa signature au bas de la protestation faite par la Cour contre Tenregistrement forcé du 8 mars 1788, lui attira les rigueurs du souverain: le 22 mars, un officier du régiment de Médoc Tarrêta et le conduisit au château de Lourdes, où il était encore, au mois de mai suivant, au moment de la dissolution du Parlement par le comte dé Périgord.

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