Instruction publique
Longtemps encore après l'introduction du protestantisme, l'enseignement scolaire fut très négligé. Ce n'est qu'au temps de Gustave Adolphe qu'on commença à s'en préoccuper. Les lois de 1649 et de 1724
réglèrent pour longtemps l'organisation scolaire. Le latin était, non seulement le principal objet d'étude, mais encore, en partie, la langue de l'enseignement. Le clergé, représenté par les différents chapitres, avait la haute main sur les écoles, dont l'organisation différait sensiblement d'un diocèse à l'autre.
Le premier essai de réorganisation dans ce siècle date de 1843; on fit la part plus grande à l'enseignement spécial. Dès lors, les réformes se sont succédé rapidement. Dès 1858, on commença à s'occuper de l'enseignement primaire, abandonné jusque-là presque entièrement aux familles; il reçut enfin, en 1866, sa pleine organisation. En 1869, on enleva au clergé toute autorité sur les établissements d'instruction, qui relevèrent dès lors d'une Direction supérieure, siégeant à Helsingfors et composée de laïques. Depuis ce moment, il fut fait droit de plus en plus aux justes réclamations de l'enseignement spécial, si longtemps négligé.
La loi de 1843 n'admettait que le suédois comme langue d'enseignement. Les enfants finnois étaient ainsi forcés d'apprendre le suédois avant de pouvoir entrer dans une école. Cet état de choses ne pouvait pas durer. En 1858 fut instituée la première école finnoise, et le nombre s'en est constamment accru dès lors.
Nous donnerons ici un bref exposé de l'état actuel de l'instruction publique en Finlande.
Écoles primaires. Grâce au zèle et au dévouement patriotique de son organisateur, Uno Oygnaeus, l'instruction primaire est établie sur des bases qui lui permettent un large développement. La première instruction, nous l'avons dit, avait été d'abord entièrement confiée aux soins des familles; cependant, grâce au contrôle actif du clergé luthérien, les individus complètement illettrés étaient rares. Au commencement du 18:e siècle déjà, l'évêque Gezelius pouvait se vanter que tous les Finlandais savaient lire. Il faut en effet avoir acquis par la lecture la connaissance des principaux dogmes du christianisme pour être admis à