Le commerce et la navigation
Depuis l'union avec la Russie, le régime douanier, basé d'abord sur des principes rigoureusement prohibitifs, devint plus tard protecteur et tendait, par la force des circonstances, à prendre un caractère de plus en plus libéral. Les obstacles au libre échange avec l'étranger tombèrent un à un. Les relations commerciales se sont étendues dans la même mesure, en même temps que les recettes des douanes augmentaient. Ce mouvement progressif a été puissamment secondé par l'amélioration des communications et par certaines 'mesures législatives, celle entre autres qui a donné au pays un système monétaire propre à simplifier et à faciliter les échanges.
Dès l'abord, les relations commerciales entre la Finlande et la Russie furent établies sur une base plus large. Cependant, tandis que les marchandises russes entraient librement en Finlande, la Russie se protégeait contre certaines industries finlandaises, soit par des tarifs protecteurs, soit par la fixation d'un maximum que l'importation libre de ces produits ne devait pas dépasser. Cela n'a pas empêché les échanges avec la Russie de se développer constamment jusqu'à il y a quelques années, alors que des tarifs plus élevés et de nouvelles restrictions les ont sensiblement entravés.
Mais le commerce finlandais n'a pas tardé à trouver de nouveaux débouchés. L'exportation s'est créé dès lors des marchés, surtout en Angleterre, ensuite en
Suède et en France, mais même eu Allemagne, en Espagne et jusqu'en Amérique.
Quelques chiffres donneront une idée du dévelo])pement du commerce. En 1857, le total des échanges avec l'étranger était de 63 millions, dont 16 V2 pour l'exportation. En 1882*, ce total montait à 287 millions, et l'exportation y entrait pour 120 millions. Pendant le même espace do temps, malgré un abaissement considérable des droits d'entrée, les revenus de la douane avaint monté de 6 millions à 15,3 millions. Dans les années suivantes, ces chifires ont diminué par suite de la stagnation générale des affaires, mais depuis 1888, ils tendent à reprendre leur niveau; aussi cette augmentation des ressources a-t-elle rendu possible une diminution des impôts.
Les principaux articles d'exportation sont les produits des forêts (les bois seuls font en moyenne le 45% du total de l'exportation); ensuite viennent le beurre, le papier et le carton, les tissus, le fer et l'acier, les céréales. Le pays tire encore des revenus assez considérables de l'exportation des animaux de. boucherie, des chevaux, de la viande, des produits de la pêche et de la chasse. L'importation porte surtout sur les grains, le coton, les denrées coloniales, etc.
Il semble ressortir des chiffres cités plus haut un excédant des importations sur les exportations; mais cela tient simplement à ce que les marchandises ont été évaluées au prix qu'elles ont dans les ports finlandais. En réalité l'exportation a compensé l'importation ; elle l'a même notablement dépassée dans certaines années.
Les échanges avec l'étranger se font pour plus de 7070 au moyen de navires finlandais; ceux-ci sont au nombre de 2,100, d'un tonnage total de 268,000 tonneaux. La nombreuse population des côtes fournit aux navires d'excellents équipages. La flotte à voiles tend à diminuer, mais cette diminution est compensée par le nombre toujours croissant des navires à vapeur,