BEAUX-ARTS
dont 93 du sexe féminin) et une école inférieure (85 élèves).
Ces écoles sont installées dans l'Athénée, grand et bel édifice, qui a coûté un million environ, et qui contient en outre les musées et collections de beauxarts et d'arts industriels et les écoles de dessin.
Nous avons dit déjà que le goût et le sentiment du chant et de la musique est inné chez le Finnois; il n'est pas non plus étranger au Suédois. Aussi les talents musicaux indigènes sont-ils nombreux. Pourtant le compositeur le plus marquant qui ait vécu en Finlande et qui lui a même donné des chants patriotiques, est un Allemand naturalisé, Fredrik Padus. Helsingfors possède un Institut de musique assez fréquenté ; presque toutes les villes et beaucoup de communes rurales ont leur orchestre. Des concours ont lieu annuellement entre les nombreuses sociétés de chant et de musique instrumentale; dans ces sociétés toutes les classes et toutes les conditions sont représentées.
En Finlande on cultive avec prédilection le chant en chœur, à quatre parties, et on l'a porté à un haut degré de perfection. C'est ainsi que le choeur d'hommes „les Joyeux Ménestrels" (Muntra Musikanter), composé de jeunes gens appartenant aux classes cultivées d'Helsingfors, ont étendu leur réputation en dehors du pays; jusqu'ici ils ont remporté de vrais triomphes en Russie, en Suède, en Danemark et récemment ils ont chanté aussi à Paris. — Quelques cantatrices et chanteurs finlandais se sont fait applaudir en Europe et en Amérique, comme M:lle Aima Fohstrôm, M. F. Forstén.
Si donc les beaux-arts sont jeunes encore en Finlande, il y a tout lieu d'espérer qu'ils y ont un bel avenir, qu'ils y acquerront droit de cité et répandront de plus en plus sur le peuple leur bienfaisante influence.
vn.
Intérêts matériels.
Le 38 ®/o du sol appartient à l'État ; mais ce sont presque exclusivement des forêts. Un petit nombre de terres (environ 0,2 "/o) appartiennent aux communes ou à l'Eglise. La plus grande partie, surtout les terres cultivées, sont aux particuliers. Le nombre des propriétaires était, en 1886, de 113,600.
La terre étant assez divisée, les cultivateurs peu aisés peuvent aisément s'en rendre acquéreur. Aussi le 55 "/o en appartient à des paysans. En 1886, les paysans propriétaires étaient au nombre de plus de 111,000. Les propriétaires habitent, du reste, en général leur terre et la cultivent eux-mêmes. De petites parties d'une propriété sont le plus souvent louées à de petits fermiers (il y en a 66,600), qui donnent en paiement un certain nombre de journées de travail et diverses prestations en nature.
Nous rappelons que le paysan finlandais a toujours été libre. Seuls les cultivateurs de certains grands fiefs du gouvernement de Viborg qui, après les conquêtes russes de 1721, avaient été aliénés du domaine de la couronne à titre de donation, se trouvent dans un état de dépendance et de gêne que n'ont jamais connu les autres paysans finlandais (voir p. 77). Aussi
L'AGRICULTUEE ET L'INDUSTRIE. 119
le gouvernement et la diète ont-ils pris des mesures pour faire cesser cet état de choses. L'État rachète peu à peu ces domaines, puis les revend à des conditions favorables aux paysans qui les habitent (voir p. 84).
\j agriculture est l'industrie-mère de la Finlande; elle occupe 80 "/o de la population.
Nous avons déjà parlé du défrichement par l'incendie des forêts; cette coutume persiste encore dans l'est. Le mode de culture le plus généralement pratiqué du reste est l'assolement de deux ou trois ans ; ainsi chaque année une partie de la terre reste en friche. Ce n'est qu'assez récemment qu'une méthode rationnelle de rotation des récoltes a été introduite sur plusieurs grands domaines. Dans les dernières années aussi l'emploi d'instruments d'agriculture perfectionnés, de machines agricoles et d'engrais artificiels, tend à se généraliser même chez les paysans. L'étendue de terre cultivée augmente d'année en année par l'abaissement du niveau des lacs et le dessèchement des marais.
Les différentes cultures occupent la proportion suivante de la superficie totale des terres arables : seigle 35 %, orge 14 7oi avoine 12 "/o; 1^ reste est semé en froment, pommes de terre, plantes potagères, lin, chanvre, herbe et fourrage.
On sème le seigle et le froment au mois d'août. Les grains lèvent dans l'automne, restent enfouis sous une épaisse couche de neige pendant les six ou sept mois d'hiver, et reprennent au printemps leur végétation interrompue. Dans le sud, la récolte du seigle a lieu en général à la fin de juillet. L'orge et l'avoine se sèment au printemps et se moissonnent après la récolte du seigle.
Partout en Finlande on rentre les céréales dans les étuves dont nous avons parlé (voir p. 51). Là on le fait sécher en le soumettant à une forte chaleur et à la fumée, après quoi on le bat.
Le seigle de Finlande séché à l'étuve est très bon; il germe et mûrit plus vite et plus sûrement que
tout autre; aussi les pays voisins le recherchent-ils comme semence.
Toutefois le pays ne produit pas la quantité de céréales nécessaire à sa consommation. Il exporte bien des grains (du seigle comme semence en Russie et en Suède, de l'avoine en Angleterre), mais l'importation, principalement sous forme de farine de Russie, dépasse bien des fois l'exportation.
Il ne faut pas voir dans cette importation, qui tend à augmenter, un signe de décadence de l'économie agricole, mais au contraire une amélioration de système, basée sur une adaptation plus rationnelle aux circonstances locales. En effet, le résultat souvent chanceux de la culture des grains a fait chercher de nouvelles ressources dans V élevage des bestiaux; de grandes étendues de champs on été ainsi transformés en prairies artificielles.
Les produits de la laiterie, et en particulier le beurre, ont de tout temps constitué en Finlande un des principaux articles d'exportation. La nature du pays, sa richesse en prairies naturelles et en pâturages, l'abondance d'eau douce pour abreuver le bétail, ont favorisé le développement de cette branche de l'exploitation agricole. Dans le Savolax et la Carélie, les champs autrefois défrichés par l'incendie des forêts se couvrent chaque été d'une herbe épaisse et savoureuse, qui donne aux immenses troupeaux de cette région un lait de qualité supérieure. En revanche on y récolte relativement peu de foin, de sorte que les bêtes sont souvent mal nourries en hiver. Dans le sud et dans l'ouest, au contraire, la culture des fourrages a fait de grands progrès.
Le gouvernement n'a rien négligé pour encourager l'élevage des bestiaux; il a importé un grand nombre de taureaux et génisses des meilleures races étrangères. Mais l'expérience a prouvé que par de bons soins et un élevage bien entendu, la race indigène peut être amenée à un haut degré de perfection. L'État a aussi
cherché à répandre de meilleures méthodes pour la fabrication du beurre et du fromage; il a institué des écoles de laiterie, fait des prêts sans intérêts pour l'établissement de laiteries, etc. L'influence de ces mesures s'est montrée excellente. Actuellement il existe dans plusieurs communes des associations de paysanspropriétaires pour l'exploitation en commun des produits de la laiterie.
Le beurre de Finlande a toujours été fort apprécié sur les marchés étrangers. Il s'exporte surtout en Russie et en Angleterre; à S:t Pétersbourg, il est toujours classé au premier rang. En certaines années, l'exportation du beurre a atteint le chiffre de 13 millions de francs; celle du lait (à S:t Pétersbourg), du fromage, de la laine, du crin et des bestiaux vivants se fait aussi sur une assez grande échelle, tandis que l'importation de ces articles est insignifiante.
Le cheval finlandais mérite aussi une mention spéciale; il est probablement d'origine tatare. Il est petit, mais très fort pour sa taille. Sa poitrine, mesurée derrière les épaules, est plus large, en proportion de la hauteur du garrot, que dans aucune autre race connue. Il a la tête courte, l'œil grand et intelligent, les oreilles petites, droites et très mobiles, l'encolure large, mais le cou en général gracieusement arqué, le garrot bas, les épaules très musculeuses, le dos court, les reins puissants, les sabots très durs. Il est remarquablement endurant. Attelé à une charrette contenant trois grandes personnes et des bagages, il fera sur une route accidentée 20 kilomètres en une heure et demie; avec une voiture légère montée par deux personnes, il parcourra sans fatigue 120 kilom. par jour pendant plusieurs jours de suite. Il traînera dans la forêt, par plusieurs pieds de neige, une charge de troncs d'arbre mesurant un mètre cube et davantage. En une journée d'été, on peut, avec deux chevaux, labourer un demi hectare de champ à une profondeur de ]5 à 17 centimètres, et cela pendant des semaines. Nous parlerons plus loin,
au chapitre du sport, des qualités de trotteur du cheval finlandais. La Finlande exporte chaque année en Russie et en Suède 6 à 8,000 chevaux.
Les immenses forêts et les vastes solitudes de la Finlande offrent un asile sûr aux animaux carnassiers. Aussi l'élevage des bestiaux a-t-il longtemps souffert de leurs ravages. Mais le nombre en diminue d'année en année et le dommage qu'ils causent tend à devenir insignifiant. *)
La chasse est une véritable industrie dans certaines contrées pauvres du centre et du nord, ainsi que dans l'archipel (chasse aux phoques et aux oiseaux de mer, surtout aux eiders). Le gibier est en effet très abondant en bien des endroits. L'exportation des produits de la chasse en Russie et en Suède varie beaucoup selon les années; elle est souvent considérable et consiste principalement en coqs de bruyère, petits tétras, gelinottes et en peaux d'écureuil (petit gris), de lièvre et de renard.
La chasse du gibier servant à la nourriture est interdite pendant un certain temps, en général du 15 mars au 9 août. La loi interdit en tout temps la chasse de l'élan. La destruction des animaux nuisibles est toujours permise, même sur les terres d'autrui. Toutes les communes accordent des primes pour chaque animal tué.
*) Voici quelques chiflFres comparatifs:
Nombre d'animaux domestiques tués par les bêtes féroces: chevaux, bète^ à cornes, moutons, porcs, rennes, volaille. en 1880 467 1,542 8,939 288 2,464 2,464
en 1886 62 506 4,594 100 3,008 3,008
Bêtes de proie tuées:
ours. loups. lynx. renards. oisexitix de proie. en 1880 115 321 301 4,229 3,509
en 1886 74 55 485 3,630 5,161
Comme ou le voit, les mammifères carnassiers ont beaucoup diminué, à l'exception des lynx, tandis que le nombre des oiseaux de proie parait avoir augmenté.
La grande étendue des côtes et la quantité innombrable des lacs font de la pêche une source importante de profits pour la population. La pêche du petit hareng (strœmming), par exemple, est, pour certaines communes, bien plus importante que l'agriculture. Ce hareng se trouve en bancs prodigieux tout le long des côtes et constitue la nourriture principale d'une grande partie des habitants. On le prend dans des filets à petites mailles que l'on tend à demeure pendant la nuit ou qu'on laisse dériver avec le courant après les avoir fixés aux bateaux.
L'esprot est moins abondant; on en pêche pourtant des quantités notables sur certains points de la côte sud et sud-ouest. Sous forme de conserves, il est connu et recherché dans le commerce.
Dans les grands cours d'eau, surtout dans les rivières du nord, il se fait une pêche très importante de saumon et de lavaret. On prend le saumon, soit au moyen de bordigues, soit à la seine. Les principales pêcheries de saumon appartiennent à l'État, qui les afferme à des particuliers. Cette pêche est interdite à des époques qui varient selon les lieux, mais en général du commencement de septembre (dans l'Uléâ déjà le 24 août) jusqu'à la débâcle des glaces, au printemps suivant.
Parmi les poissons d'eau doucf^, le plus important est le flmuikka", c. a. d. lavaret blanchâtre (coregonus alhula) ; ensuite vient le gardon (leudscus rutilits) . Le frai du muikka se vend en grande quantité au marché des villes. Du reste, cette pêche, comme celle de la perche, du sandre, du brochet, de la brème, de l'anguille, de la lamproie, etc., ne se pratique que comme industrie accessoire à l'agriculture; cependant elle fournit, et audelà, aux besoins locaux. Dans quelques régions, la pêche des écrevisses est une occupation très lucrative.
La Finlande, nous l'avons dit, est à peu près aussi riche en forêts qu'en cours d'eau. L'économie forestière est d'une importance capitale pour le pays; les bois et les divers produits forestiers sont les principaux articles
(l'exportation ; plus d'une fois leur valeur a été de plus de la moitié de la valeur totale de l'exportation de la Finlande. On compte que les bois couvrent environ le 64 7» ^^6 1'^ superficie totale. Mais la population n'a pas su ménager les immenses ressources qui lui étaient ainsi offertes. Nous avons déjà parlé de l'incendie des forêts pour défrichements; la fabrication du goudron dévaste les forêts du nord; et il y a d'autres causes encore de prodigalité: l'abus des palissades, dont en plusieurs endroits on entoure les moindres lopins de terre et pour lesquelles des millions de jeunes arbres sont sacrifiés chaque année; enfin la consommation abusive du bois pour le chauffage des maisons, des bains, des étuves, etc. On a compté qu'en moyenne chaque habitant de la Finlande brûle annuellement 7 mètres cubes de bois.
Toutefois cette dilapidation a un peu diminué depuis que l'amélioration des voies de communication et une spéculation plus active ont donné aux bois une valeur qu'ails n'avaient pas jusqu'alors. De plus, audelà de la moitié des forêts appartiennent à l'État, ce qui garantit l'avenir; il faut ajouter pourtant que 90 7© des forêts de lÉ't.at sont situées tout au nord, dans le gouvernement d'Uleâborg.
La plus grande partie des bois sont exportés sous forme de bois sciés, poutres et bois de chauffage. Jusque vers 1870 les bois se sciaient à la main. Maintenant on trouve à l'embouchure de presque toutes les grandes rivières et sur beaucoup de cours d'eau de l'intérieur de grandes scieries mécaniques, mues par l'eau ou la vapeur; nous citerons particulièrement les importantes scieries de Kotka et de Bjorneborg. Des forêts éloignées, les poutres, liées ensemble de manière à former d'immenses radeaux, sont flottées jusqu'aux scieries. Il faut quelquefois deux à trois ans pour que ces trains de bois parviennent à destination.
Panni les produits des forêts, il ne faut pas oublier la mousse, qui en couvre partout le sol d'un épais tapis
et fait l'objet d'une exploitation considérable. En effet, on s'en sert comme charge de plancher et comme calfeutrage entre les troncs équarris qui forment les parois des bâtiments, car à la campagne et dans les petites villes, l'immense majorité des maisons sont en bois. C'est par millions qu'il faut compter les charretées de mousse qui s'emploient ainsi annuellement dans le pays même, et il s'en exporte aussi.
L'industrie minière est loin d'avoir la même importance que l'exploitation des forêts. Pourtant la Finlande est riche en minéraux, et ses collines granitiques renferment des métaux. Mais l'exploitation en est, en général, peu rémunératrice.
Le granit de Finlande est justement renommé. Les carrières de Pytterlahti ont fourni entre autres les matériaux d'un grand nombre des édifices, des monuments, des quais et des ponts de S:t Pétersbourg (par exemple les colonnes de l'église de S:t Isaac et la colonne mémoriale d'Alexandre). Une société par actions, le „Granit'', à Hango, a pour objet l'exportation du granit sur une grande échelle. On trouve de beau porphyre dans l'île de Hogland ; c'est de là que vient le bloc qui recouvre le tombeau de Napoléon aux Invalides. La pierre à chaux abonde partout, mais n"est exploitée en grand que dans le sud-ouest (Pargas, Kimito). On a tiré de beau marbre des carrières de Ruskeala, au nord du Ladoga.
On a trouvé quelques gisements de cuivre; les seuls qui soient exploités actuellement sont ceux de Pitkàranta; la production de cette mine est assez considérable; on en extrait aussi de l'argent en petite quantité.
Les lavages d'or de la rivière d'Ivalojoki en Laponie produisent peu.
L'exploitation des mines de fer est allée en déclinant. Encore en 1858 il y avait 16 raines produisant 6,960,000 kilos.; actuellement, il n'y en a plus qu'une, dont la production n'atteint pas même 60,000 kilos.
Les usines emploient du minerai de Suède ou du fer hydroxydé (fer limoneux), qui abonde au fond des lacs et des marais de la Finlande. On l'y trouve sous des formes diverses, tantôt en pelotes irrégulières, tantôt en grains, tantôt en disques de la grandeur d'une pièce d'un franc; il arrive que les dépôts de fer forment une couche continue sur le fond des lacs.
Les principaux hauts fourneaux sont actuellement ceux de Dahlsbruk et de Tykô, dans le gouvernement d'Âbo, de Fiskars, en Nyland, de Vàrtsilà et de Môlikô, dans le gouv. de Kuopio. Cette industrie a souffert dans ces dernières années par suite d'une modification des tarifs douaniers, qui a limité l'exportation en Russie, si bien que la grande usine de Dahlsbruk, par exemple, a dû cesser de travailler.
Il y a en outre un certain nombre de forges et d'usines, telles que celles de Crichton, à Âbo, qui a livré près de 1,100 bateaux et chaloupes à vapeur, l'usine mécanique d'Âbo, celle de Stenberg et Fils à Helsingfors, celles de Fiskars, de Varkaus, etc. Mais les usines, bien que le nombre en augmente et qu'elles aient réalisé des progrès sensibles pour la quantité et la qualité des produits, sont loin de suffire aux besoins toujours croissants de l'industrie. Aussi la Finlande importet-elle d'Angleterre, de Belgique et de Suède, des machines, des modèles, des bateaux à vapeur, des rails, du matériel de chemins de fer, etc., pour des sommes importantes.
Les Finnois ont de tout temps été habiles dans l'art de forger; à l'heure qu'il est encore, dans les campagnes, une forge est considérée comme une dépendance nécessaire de toute maison bien montée. Des ateliers de serrurerie fine sont joints à plusieurs usines. La serrurerie de Fiskars peut se comparer sans désavantage avec les meilleurs produits de l'industrie étrangère.
L'orfèvrerie est de moindre importance. Dans ces derniers temps cependant les orfèvres ont commencé à se servir de motifs finnois dans l'ornementation.
L'AGKICULTUKE ET L'INDUSTRIE. 127
La pierre et Yargile ne sont pas l'objet d'une industrie considérable, si l'on excepte la société le „Granit", dont nous avons déjà parlé. Du reste, ce n'est qu'à Helsingfors et à Viborg que la taille des pierres constitue un métier exclusif, et on n'y fait guère que des monuments funèbres. Dans les villes importantes, le granit est employé aux constructions : tous les grands édifices modernes reposent sur un soubassement de granit taillé. Plusieurs vieilles églises sont construites tout entières en blocs de granit brut.
Il y a plusieurs fabriques de faïence, porcelaine, carreaux de poêle et poterie; les plus importantes sont la fabrique de porcelaine d'Arabia et la fabrique de poêles et de faïence d'Andstén, toutes deux près de Helsingfors, et dont les produits sont remarquables. De nombreuses tuileries sont installées sur des points oii des communications faciles assurent l'écoulement des produits.
Les verreries ne fabriquent en général que des articles commun. Il n'y a guère que les verreries d'Itala et de Notsjo qui produisent de la verrerie fine.
L'industrie du bois a l'avantage d'avoir à sa portée la matière première en abondance. Les gens du peuple confectionnent souvent eux-mêmes la menuiserie simple dont ils ont besoin; les Ostrobothniens en particulier sont très habiles à ces ouvrages. Dans les environs de Nystad, la confection de vases en bois, tels que tines, cuves, baquets, etc., fait depuis plusieurs siècles l'objet d'une industrie domestique dont les produits s'exportent en Danemark et dans l'Allemagne du nord. Quant à la menuiserie d'ornement, la sculpture sur bois, etc., elles n'en sont encore qu'à leur commencement. On voit cependant d'assez beaux ouvrages sortis des ateliers de quelques menuisiers ou fabricants de meubles dans les villes ; un certain nombre de ces fabriques emploient la vapeur comme force motrice (Boman à Âbo, Heimberger à Helsingfors).
Nous avons déjà parlé des scieries (au nombre de 253) à propos de l'exploitation des forêts. Une autre industrie est la fabrication de la pâte de bois pour les papeteries. Les fabriques de pâte de bois sont toutes mues par l'eau. Citons celles de Enso, de Nokia, de Tammerfors, de Mànttâ et de Kyrôskoski ; leurs produits sont en grande partie destinés à l'exportation.
hHnditstrie du papier a atteint un assez haut degré de perfectionnement. Non seulement les papeteries suffisent à la consommation toujours croissante du pays, mais encore fournissent à une exportation considérable en Russie et à l'étranger. Cette exportation avait atteint une valeur de 10 millions de francs, lorsque, il y a quelques années, l'exhaussement des droits d'entrée en Russie pour les produits finlandais, entrava pour un temps ce mouvement; mais le commerce finlandais ne tarda pas à trouver de nouveaux débouchés et à se créer des marchés, même en dehors de l'Europe. L'importation de papier et de carton est relativement peu importante. Des 8 papeteries qu'il y a en Finlande, les plus importantes sont celles de Frenckell et Fils, à Tammerfors, de Tervakoski à Janakkala, de Kymmene, de Valkiakoski et de Mànttâ.
Industrie graphique. La plus ancienne imprimerie est celle de Frenckell et Fils, à Helsingfors. Il y a aussi quelques lithographies, parmi lesquelles il faut citer celles de Tilgmann et C:ie et de Gôsta Sundman, toutes deux à Helsingfors et dont la dernière s'est distinguée par des planches scientifiques d'une remarquable exécution. Dans toutes les principales villes il y a des ateliers de photographie.
L'industrie textile est une des plus importantes. Il y a six filatures de coton à Tammerfors, Vasa, Âbo, Forssa, Kyrôskoski; elles importent la matière première directement d'Amérique. Des teintureries et des imprimeries de tissus sont jointes à la plupart des filatures.
La filature et le tiss.ige du Un étaient pratiqués très généralement, il y a quelques années encore, comnJe
KAGRICULTURE ET L'INDUSTRIE. 129
industrie domestique et donnaient des produits recherchés même à l'étranger. Maintenant, la fabrication de la toile à domicile a beaucoup diminué, et cette industrie est exercée en grand par la filature de Tammerfors, qui tire la matière première principalement de la Finlande même, et surtout du Tavastland.
Il y a aussi quelques fabriques de drap (Littois près d'Âbo, Tammerfors, etc.) et quelques filatures et tissages de laine.
Les produits des filatures finlandaises s'exportent principalement en Russie. Mais cette exportation, bien inférieure à l'importation des fils et tissus, a encore été entravée par de nouveaux tarifs douaniers (voir industries du bois et du fer).
L'industrie du cuir est assez importante; les tanneries sont au nombre de 505. Les plus grandes sont celles des frères Âstrom à Uleâborg et de Sjôblora à Raumo. En général l'importation, soit du cuir, soit des peaux brutes, dépasse de beaucoup l'exportation. MM. Renfors à Kajana et Lundqvist à Helsingfors fabriquent de belles fourrures de pelleteries indigènes.
La fabrication de produits chimiques (bougies, huile de lin et de chanvre, esprit de bois, térébenthine, eaux gazeuses, parfumerie, savon) est sans grande importance. Les fabriques d'allumettes dites ^suédoises" ou „de sûreté" sont au nombre de 14 et satisfont amplement aux besoins du pays; elles exportent même leurs produits en quantités assez notables. La plus grande partie du bois de tremble qu'emploient les célèbres fabriques d'allumettes de la Suède, vient de Finlande.
Les matières alimentaires donnent lieu à une industrie assez active.
Les deux raffineries de sucre d'Helsingfors et d'Âbo sont des établissements considérables.
L'importation des alcooh étrangers est interdite.
La fabrication indigène est grevée d'impôts et soumise à un contrôle spécial; elle a sensiblement diminué, depuis 1887, sous l'influence d'une nouvelle loi sur les alcools. La fabrication du porter et de la bière a augmenté au contraire. Les brasseries les plus importantes sont celles de Sinebrychoff à Helsingfors, pour la bière, et de Hultman, à Ekenàs, pour le porter.
Les fabriques de tabac (p. ex. Borgstrôm à Helsingfors, Rettig à Âbo) ont une production considérable et en général de bonne qualité; elles tirent leur matière première de l'étranger, principalement de Russie et d'Allemagne; elles fabriquent surtout des cigarettes.
Quant aux métiers, les artisans finlandais, à l'exception des ouvriers constructeurs de navires de l'Ostrobothnie, ne se distinguent pas par une habileté particulière. L'avenir amènera certainement des progrès à cet égard, car depuis une dizaine d'années on travaille avec zèle à développer l'instruction et l'habileté professionnelle des artisans; c'est là l'objet aussi bien d'associations particulières telles que la Société des arts industriels et celle des Amis des travaux manuels, que des écoles professionnelles fondées par le gouvernement. Il ne faut pas oublier non plus que renseignement des travaux manuels est maintenant obligatoire dans les écoles primaires.
En ré.sumé, l'on voit que si la Finlande est réduite à importer la plupart des matières premières, elle possède en revanche dans ses chutes d'eau une force motrice abondante et économique. Aussi les usines et fabriques se sont-elles en général installées le long des rapides. Un grand nombre des établissements industriels les plus considérables sont réunis à Tammerfors, située sur les bords des rapides du même nom, et qui a été longtemps la première ville industrielle du pays. Mais Helsingfors commence à lui disputer le pas avec ses grandes usines à vapeur. Toutefois, malgré l'abondance de la force motrice, la grande industrie
n'a pas encore atteint en Finlande un haut degré de développement. On compte que l'exploitation des mines, l'industrie et les métiers n'occupent, en tout, guère plus de 45000 ouvriers, et que leur production totale n'atteint pas tout à fait 120 millions de francs par an.