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LA MER

l'épargne lui-même, détruit ses précieux engins. Non moins pénible, et plus périlleuse encore peut-être, mais quelquefois très lucrative, la chasse aux oiseaux de mer et aux phoques occupe surtout les habitants des îlots les plus éloignés.

La circulation à la surface des bras de mer qui entourent les îles, offre un caractère très différent de celle des eaux de l'intérieur. Beaucoup de lacs, il est vrai, sont sillonnés par des bateaux à vapeur; les embarcations à voiles, en revanche, y sont rares : les vents inconstants et capricieux ne sont pas favorables à ce mode de navigation. Mais les populations riveraines des lacs sont d'infatigables rameurs; on voit leurs bateaux, la plupart longs et étroits, fendre avec une étonnante rapidité les vagues courtes et dures ; on en rencontre qui ont jusqu'à 16 ou 18 paires de rames et dans lesquels presque tous les habitants d'un hameau se rendent le dimanche à l'église.

L'habitant de l'archipel, au contraire, tend sa voile à la moindre brise. Le canotage à voiles est très en honneur dans les villes de la côte; presque toutes ont leur yacht-club. Et ce ne sont pas seulement les bateaux de plaisance qui ont leurs régates; on institue chaque année des courses à la voile entre les embarcations appartenant aux gens du peuple.

Nous avons déjà dit que le Finlandais est bon marin. Son habileté est sans cesse mise à l'épreuve. La Baltique passe pour la mer la plus orageuse de l'Europe après l'Adriatique; les tempêtes de l'automne sont les plus terribles, mais celles du printemps ne leur cèdent pas beaucoup, et aucune saison n'en est exempte. Ce qui augmente les dangers de la Baltique, c'est son peu de profondeur; nulle part elle n'atteint, à cinq ou six fois près, le fond des golfes les moins profonds de la Méditerranée. De plus, les abords des côtes, souvent jusqu'assez loin en mer, sont hérissés de hauts-fonds et d'écueils. Mais les phares, les bouées, les balises, les amers, sont nombreux. Les phares les plus remar-

quables sont ceux de Bogskàr, au sud-ouest d'Aland, sur un étroit rocher en pleine mer, et de Hangô, à l'entrée du port de ce nom, situé sur le promontoire le plus méridional de la Finlande. Mais les passes au milieu de ces inombrables récifs ne sont bien connues que des marins des côtes spécialement exercés aux fonctions de pilotes lamaneurs; il serait impossible à un navire de s'y engager sans leur aide, même en plein jour. Aussi plus de 700 pilotes font-ils le service d'une centaine de stations échelonnées dans l'ai'chipel et sur les côtes.

Un autre danger de ces parages, ce sont les brumes épaisses, qui obligent souvent les navires à tenir plusieurs jours la pleine mer sans oser se hasarder dans la ceinture d'îlots. Il peut arriver aussi, quand la saison est avancée, que les navires, surpris par l'hiver, sont enfermés dans les glaces. L'hiver, en effet, interrompt presque complètement la navigation. Hangô seul, grâce à sa situation particulièrement favorable, reste ouvert la plus grande partie de l'année, à moins que la saison ne soit exceptionnellement rigoureuse.

Mais depuis la débâcle jusque bien avant dans l'automne, les eaux finlandaises sont parmi les plus fréquentées du monde. Les navires marchands des ports du golfe de Finlande et du golfe de Bothnie sont bien connus sur toutes les mers; ils naviguent, il est vrai, sous pavillon russe, mais la flotte de commerce russe est comparativement si peu nombreuse, que son drapeau est le plus souvent appelé par les marins étrangers „le pavillon finlandais".

Le lac Ladoga forme une vaste mer intérieure à la frontière sud-est de la Finlande; cet immense bassin n'a d'îles qu'au nord et à l'ouest. Il est séparé du golfe de Finlande, à son extrémité sud-ouest, par un isthme peu accidenté, d'environ 60 kilom. de large. Régulières, basses et plates dans toute la partie du lac située en Russie, les côtes nord et ouest, au contraire, sont escarpées et profondément découpées, ressemblant

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