‹ La Finlande; notes recuillies en 1848, pendant une excursion de Saint-Pétersbourg à TorneoChapitre 14 sur 54 · VL · texte numérisé non relu

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Ainsi que je l'avais» prérù ^ le carrotfwr »

refuëe absokiinent à mettre la raaàn k la vpo^ ture avant demain lundi , . il parait même que la moiiidre infraétioà an repos do

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serait punie d'une forte amende. Cette coutume, très-respectable sans doute, bien que pat son rigori^ne eUe ait le tort de rapp!^er une époque qui n'eis* plus la nôtre, va donc être cause qu*il nous faudra demeurer ici une partie de la journée de demain.

Pour surcroît de contrariété , la pluie, qui n'a- pas cesse*, nous a privés de la distraction que nous aurions trouvée à visiter la ville- Assis auprès de la croisée ouverte, ma vue s'était arrêtée sur la fenêtre , ouverte aussi , qui fait face à la nôtre, et j'assistais ainsi accidentellement à une réunion nombreuse , attirée chez une des notabilités de la ville par la solennité du dimanche : des jeunes filles, reiharquablés par la pureté de leur teint , s'y tenaient assises en oerde et devisaient entre elles.; les hommes, qui portaient tons l'habit bourgeois, se tenaient debout et causaient réunis; par groupes. La rue elleh-mém^ n'avait pas di&cmftinué, malgré 1^ pldie, d'olfrir le tableau le plqs animé. On y voyait çiroiler des Sàr milles de paysans , vêtus avec une pro|»nMé

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recherchée , les uns se dirigeant vers Téglise d'où les autres revenaient.

Enfin, vers sept heures, le temps s'est remis au beau, et nqus ayons pu sortir. SlBrakhestad diffère en quelque chose des autres cités finlandaises, c'est uniquement p^ar la multitude des jardins qile l'on! y rencontre. Ces jardins, généralement petits, véritables corbeilles qui garnissent le devant des maisons, sont sépares de la voie publique par des grillages figurés, élégamment peints. La profusion de ces masses de verdure, s'entreposant entre des constructions en bois, çt par conséquent dans un, style plus bu moins champêtre , donne aux rues .

l'aspect d'une campagne riante. On rencontré à tout instant des saules à branches pendantes, d'une beauté peu commune : Je n'imaginais pas que le saule fût susceptible d'un développement auâ^i extraordinaire « D'autres jardinets sont remarquables pair la, diversité et l'abondance des fleurs, artistemeht disposées en pla-tes-bandes, qui courent le long de belles pelouses, d'un vert éclatant:

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Réservant pour demain notre visite au port, nous nous sommes bornés ce soir à parcourir ces rues charmantes , mêlés à la. foule des paysans et des paysannes dans leurs habits de fête. Nous venions de rentrer à la nuit tombantCy quand un bruit de tambour s'est fait entendre. Que signifiait ce bruit, - — à pareille heure suïtput, — ^^dans une ville oii il n*y a pas un soldat.^ Mon étonnement s'est accru quand j'ai su de l'hôtesse que cette batterie guerrière était l'annonce du couvre-feu. Dans toutes les autres villes du graûd-duché , c'est la Voix monotone du crieur de nuit qui annonce que l'heure de la retraite a sonné * ; à Brakhestad , cet usage antique a été modifié, et l'oii a eu la bigarre idée de coïivier les habitants au repos aux sons du tambour.

* Voyez la note L à la fin du chapitre.

laa jyviJâAiiORG

. Brakhcstad^ 9 aeét, midi. -

La voiture vient d'être ramenée de chez le carrossier,. et nous espérons pouvoir nous remettre en route d'ici à une demi-heure. Je rentre en ce moment avec M* D. , d'une promenade que nous avons faite sur les bords de la baie au fond de laquelle Brakhestad est situé. Notre intention avait été die faire une excursion en bateau, mais la chaloupe qu'on m'offrit était si mauvaise et les bateliers tellement inexpérimentés, que force nous fut d'abandonner le projet. Faute de mieux , il fallut se résoudre à partir à pied. Après vingt minutes de marche, nous arrivâmes auprès de plusieurs grands magasins qui s' élèvent à l'entrée de la baie, où bon nombre de grands navires étaient à l'ancre ^

* Voyez la note M à la fin du chapitre.

A HIArKHlSTA». 1»

Contre ce^ bâtisses étaient enipilés des tovKneaux de ré^ne en nombre immense^ et qui attendaient leur tout de chargement. Ces résilies siHit apportées de rintérieur do pays. La baie c^fre en cet endroit un omp d'oeil ravissaot* Une cfaàî]»e d'ilote rocheux et boisés, quisevibl^it placés là pour en protéger l'entrée/Taiie les points de vue à l'infini. De la proximité deâ magasins où nous nous étions arrêtés, le panorama présente t>*ois aspects principaux : à droite , c'est la ville et les habitatioiis (|ui bordent la baie ; en face, c'est un rivage montueux j tapissé de pins au feuillage obscur; à gauche , enfin , c'est la plaine aiKurée du gplfe allant se perdre à Tborizôn. De jol^ies maison-* nettes ,. groupées derrière les magsmns de dé» pot, et que dominent des escarpements rocheux couronnés de tnoulins à vjent, animent un des coins du tableau. Ces maisonnettes sont affectées à l'habitation des préposés, gardes-magasins , ouvriers du port et matelots.

En reprenant le chemin de la ville , nous entrâmes dans le bâtiment où se prépare le

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. goudron. Une énorme chaudière est établie à .demeure syr un foui^eau en maçonnerie enfoncé dans la terre , et auquel conduit un escalier. Ici comme à Uléaborg,. on fabrique le goudron et le brai-gras pour l'exportation; mais il s'en, faut que ces produits offrent au commerce un objet dont l'importance puis»se se compartrà celle des résines à l'éfat naturel. L'exportation <lès résines du port de Brakbestad est considérable , et en ce moment même il y a dans le pQrt plusieurs navires à deux et trois mâts, qui reçoivent leur chargement; d'autres bâtiments dont, le chargement est complet, sont ancrés au delà de la chaîne dll0ts, n'attendant qu'une brise favorable pour .mettfe à la voilé. .

A BRAKHESTAI). Hl

(Notel, page 127.) I>E. PASTORAT ET I/A RlVlÈRE DE LIMINGO. '

L^arrondissemettt ecclésiastique qui conipose lè pastoral de Limingo, dans lequel habite une popu^ lation d'environ huit mille six cents âmes , est un des plus iriches de la Finlande. Presque tous les hatiitants y sont propriétaires dé heimat^ ; aussi le pasteur de Limingo jouil-il d'un revenu suffisant pour lui permettre de vivre dans une aisance^ luxueuse. En général, la contrée est fertile; les jtâlurages y sont parti-" culièrement renommés pour leur vaste étendue, ainsi que le témoignent les deux vers suivants empruntés à un poète finlandais, où il les compare aux champs fertiles de Storkyro :

Storkyro aker och Limingo iing Har ej sin like i bredd citer langd.

Les champs de Storkyro et les prairies de Limmgo N'oit paë^ leurs pareils en longueur ni en largeur.

A çpté de la maiâbn pfesbytériale coule la petite rivière de Limingo, qui a donné son nom au pastorat. Si peu importante qu'elle soit au poiat de vue géographique, cette rivière tient une place, dans les

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fastes de Thistoire de Russie. Les chroniqueurs nous apprennent qu*en 1496, une puissante armée russe envahit cette partie de la Finlande, et que les princes Oukhatis^ qui marchaient à sa tête , promenèrent la flamme et le fer dans l'immense étendue de pays comprise d'une pàçt entre la Carélie et les t^nfins dû pays des Lapons, et de l'autre jusqu'aux rives du Limingo. Toute la contrée, traversée par eux fut eutièremeat soumise à la Russie. Après, que la guerre fut terminée , les populations, finnoises établies dans le voisinage du Limingo députèrent une ambassade solennelle vers le monal'que russe ; et les ambassadeurs se rendirent à Moscou , où ils prêtèrent serment de foi et homtnage entre les mainç du Grand Prince. •

(NoteK, page i 34.)

La. ville de Biakbestad , dans le gouvernement d'Uléafaorg, a été fondée dans le xyif sièele. Elle est partagée en vingt sections ou quartiers. Bon nombre de commerçants y sont établis, tjui tous jpossëdent un ou plusieurs bâtiments fie eomtnerDe. Seis navires vont porter à l'étra'riger des puirs j de la potasse, de la résine , du goudron «t d^ txws d'œu-

vre pro¥ei^nt de rintërîelir du pajrs. Le ^udioa est. en fttrticuliter pour la vilk yn objet de coiniDenpe iuissi iaiperlant <iue lucratif. L'uMie à g^dron de Brakhestàd est ea éUt de fountîr chaque année à rejcportaûoa jusqu'à deux mille touoeaux de cette ftubstau^e.

(Note L,' page 137.) CRIBCntS BB SUIT EW "FnTLAÎTlME.

^U. existe daas les. villes de U Flulatide uu usage ancien- qui est foit jutile.: cest d^en faine parcourir les difiEérents quartiers', pendant l'obscurité , par des klokans ou crieurs de nuit. Ces klf^ans sont des agents subalternes^ charge par rautorité municipale de veiller à la sûreté des rues et de signaler le moîn^ dre indice d'incendie. Qs marchent hihitueU^neat deux par deux et parootiient toute Vètfsnà&t du quartier atiqaèl ils appartiennent. Institues dans le moyen âge, ces cri^rs ont conservé dans plusieurs villes le singulier oostmne de l'époque. PonrinujQer à leurs fonction, ils endofiient ufie sorte de long collet pendant y de couleur grise , et se coifiGent d'uù feutre à • très-lai^ges boids, déooré d'uiiie plaque, .en métal y. de taille |^gaates<^^ aiux aimes de la ville; ils, tiennent un fort bâton dans 4a main droite et une

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crécelle à la main gaiiche^ -Accoutrés de la sorte, pos. crieurs se mettent en chemin à la nuit tombante et. récitent tout en marchant une sorte de |)salmodie avec paroles partagées en couplets^ dont l'objet est d'engager les retardataires à rentrer dans leurs demeures et d'inviter ceux qui sont au logis à y éteindre tous les feux ; la crécelle, se fait entendre enti*e chaque couplet, et le chant est répété de quart d'heure en quart d'heure jusqu'à l'aube. Pour ceux dont les oreilles ne sont pas façonnées à ce bruit, il est souverainement insupportable. Malheur surtout au voyageur que l'hôtelier a placé dans une chambre donnant sur la rue; à peine a-t-il fermé l'œil, que l'homme à la crécelle vient lé réveiller en sursaut. Mais c'^est lorsqu^un incendié a. éclaté quelque part, que les crieurs font un terrible vacarme. A peine le feu s'est-il montré, que toutes les crécelles des crieurs répandus par la yille sont mises en mouvement. le. bruit qu'elles font devient tellement fort, au c^i^e ^du voyageur russe auquel nous empruntons ces détails, qu'il n^y a point ^e sommeil, si profond qu'il soit^ qui puisse y résister^ alors chacun' se réveillant se presse de sortir et d'aller aider à éteindre l'incendie dans le quartier menacé. «

On raconte au sujet de ces klokans un tour d'écolier assez plaisant. Plusieurs- jeunes fous étaient réunis le soir , à une heure avancée , dans un des cafés

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(rHelsiogfors, qua^ un crieur de nuit vrat à passer^ Apercevant -de: la lumière à travers les volets, et ses chants ne parvenant pas à la faire disparaître, il crut devoir' pénétrer dans le ca£^ avec sa casaque et son large' chapeau peuif intimer au cafetier l'ordre d*éteindre. Les jeunes gens , qui s'étaient donné le mot, invitèrent l'arrivant h s'attabler avec eux pour le régaler de puiich; ce que lé pauvre homme ^accépta avec joie, car on était .en hiver et il élait transi. Un verre succède à l'autre ; on verse .force eau-de-vie dans le breuvage fumant ; — bref, le crieur boit tant qu'il finit par s'affaisser sur lui-même et par rouler, sous la table. À l'instant même les ^cérvelés r.enlèvent.et le placent dans tin large traîneau appartenant à l'un d'eux. Le traîneau .part comme l'éclair^ franchît plus de'quarântesyerstes et, arrive dans la ville voisine, où le crieur enivré 'est descendu du v^iicule et dépose au beau milieu ^le .la place, du marché^ complétemeht déserte à .pareille heure. Mais voici le jour qui se^faiit; vendeurs et acheteurs se réunis$ent sur le marché^ et tous ne .sont pas médiocrement surpris de trouver un homme bizarrement accoutré, qui dort étendu sur le pavé : il faut dire que l'ancien costume èï l'usage de la crécelle avaient été abandonnés depuis très^jongtêmps dans cette ville. On .secoue le dormeur,^ qui, encore alourdi par lès fumées du punch, finit pourtant par s'éveiller.- Le II IQ

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pire fut que se croyant à Heknngfprs et a*ayaiit pas encore bien ouverts les yeux ^ il entonna d*une voix stridente son chant .habitue} en raccompagnant du bruit de la crécelle. \jcs habitants croyant* avoir affaires à un fou',' et voulant à tout prix s'en débarrasser,' n'imaginèrent rien de mieux que de conduire le malencontreux crieur chez le bourgmestre, où il: dut a rendre compte de ses faits et gestes de la nuit.- .

(Note IVf, page 1138;) •MARIKJ5 MARCHANI>B:D0 GRAyD-BVCHÉ.

La marine marchande finlandaise est en voie de progrés marqués. On ne comptait encore, en 4928, dans les diffét^eAts ports de la Finlande, que deux cent cinquante «bâtiments de commerce , montés par deux milk trois cent six matelots. Ces chiffres dou* blèrent presque dans l'espace de ttéizé aiis; en sorte que Ton trouve, en' 1841 , le nombre de ces bâtiments porté à quatre cent cinquante-huil, avec, cinq mille deux cents hommes d'équipages Cinq ans après, nouvelle augmentation; en 1846, le nombre des bâtiments marchands s'élève à cinq cent soixanteneuf, et le nombre dés matelots à six mille huit cent qûatre-vingt-Klix. Enfin le premier janvier 1850^

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époque oii s'arrêtent nos renseignements , le nombre total des vaisseaux ! marchands se trouvait être de neuf cent quatre-viùgt-dix-huit^ et le nombre des matelots de douze mifle cent. Et notez que les simples caboteurs ne sant pas compris, dans ces relevés. Une décision suprême, assez récente, va donner une nouvelle impulsion à ce développement des- forces' productives de. la contrée, considérées au point de vue du commerce maritime; c'est la création d'une école de navigation pour • la marine marchande finlandaise à Helsingfors, la moderne capitale du grandduché.

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