XI
^ ' • ViKédeGâmlà-KaHeWrihidî:
♦Nous ayions quitté là' nirnscm de poste de^ puis dix mimites environ, et nous ayionsoouru l'espace de deux verstesà travers une? contrée des phis pi^ttorësqiies^ lo«isqueseppéseifttA»>vi&* àrvis de nous une : nappe d'eâq d'mle vaste éteodoe. La route a^ été éliablie' à* travers cette lagune, au moyen d'une jetée de plus d^une verste ée langqeùr et d'uiaie quinsaifiieide pieds d'qiévàtion.. \^er3le^^ milieu de sop étendue , la eh^ussép est doupée par une tranchéel sur la^ quelle uq jpont est jeté^^^iH: &it04Dmintthi4
178 DE BRAKHESTAD
qœr entre elk$ les deux parties du lac que la chaussée sépa,re. Cette lagune immense forme le dernier anneau d'une chaîne non interrompue de lac$ et de canaux naturels, qui, partant de Neuschlott , traversent la Finlande de l'est à rpuest et vont ?e déverser dans le golfe de Bothnie. Cette longue jetée, avec tous ses travaux accessoires, donne uiie idée très-avantageuse dû talent des ingénieurs finlandais.
Gamla-Karlebi est une petite ville proprement tenue , bien alignée, et qui , à distance , offre même un aspect agréable. Contré l'usage généralement suivi en Finlande y là plupart des maisons y soiit construites en brique , avec toiture en tuile. Naguère, ici comme dans les autres villes du pays ^ tous Icji toits étai^fit couverts en planches taillées et disposées de manière à former des espèces de mosaïques; aujourd'hui la mode exige la tuile. Aussi diaciin ^'empresse^t^il' de faire disparaître la couverture antique, pour y substituer celle que lebein tonréd^e; aujourd'hui donc presque tous les toits rcË^plendissent d'un rouge praii^
A HEU-KiJILEBi. 173
qai frappe les yeux à distance, et des Ugion» de couvreurs travaillent à compléter la méta^ morphosé. Les édifices consacrés au culte restent seuls fidèles à l'usage traditionnel d€is toitures en bois découpé.
J'ai déjà dit combien il est rate, quaad on a dépassé Viborg , d'entendre parler le rwse en Finlande. Très-grande a donc été ma surprise, au moment où le taratitass s'est arrêté dans ta cour de l'auberge où nous sommes, dç m'en-* tendre saluer dans ma langue natale par Thôfee accouru à notre rencontre. Ce brave homme , remarquable par sa large carrure et sa face rubiconde, ^e mita me raconter comment il avait été amené ici en 1809, à la suite de Farmée d'opération ; comment il s'y était marié, et enfin de quelle manière il avait élevé rhôtellerie où nous allons dans un moment faire un repas substantiel. Il n'est pas seulement aubergiste ; mais , à l'instar de presque tous les habitants aisés de la ville, il fait aussi des affaires de commerce avec le dehors. J'appris de lui que Gamla-Karlebi exporte une trçs-
174 DE BRAKUKSTAD
grande quantité de bois d'oeuvre , tels que poutrelles et planches de pin de premier choix ; de la potasse, et beaucoup de résines. La ville a des armateurs à elle; néanmoins, la majeure partie des produits est exportée sur navires étrangers. Il y a en outre ici plusieurs négociants qui disposent de capitaux considérables, et les commerçants d'une fortune ordinaire y sont nombreux. Presque toujours les navires arrivent sur lest , ou tout au plus en demi-chargement, composé de produits manufacturés destinés à la consommation intérieure du grand-duché.
h MEU'KÀRLEDI. 175
Station de Karkas, 8 heures àû soin
. Nous étions au moment de remonter en Yoiture pour quitter Gamla^Karlebi , et Thôte , non moins prolixe que prévenant, venait, pouip la vingtième fois , dç me souhaiter un heureux voyage, lorsqu'un brillant é<]uipage pénétra dans la cour avec la rapidité de la flèche. Cette calèche renfermait un seul voyageur, auquel un domestique en livrée élégante se hâta d*ou* vrir la portière, après avoir lestement sauté du siège. ATinstant même l'hôte me quitta pour courir au nouvel arrivant, auquel il prodiguâtes salutations et les compliments. Aces égards tout particuliers ^ont le voyageur était l'objet, non moins qu'au luxe de sa voiture, je pensai que ce devait être pour le moinâ quelque diplomate de haut rang , ciiriiefux comme moi
176 m: brarhestad
de visiter une contrée beaucoup plus digne qu'on ne le suppose généralement de Tâttention des touristes ; mais , informations prises , il se trouva que le diplomate supposé était tout simplement.... un courtier en marchandises!
Lepaysque nous avons traversé en longeant le golfe, après avoir quitté Gamla-Karlébi , est suédois au plus haut degré. Tout y porte Je cachet d'une nationalitéentièrement distincte de la nationalité, finlandaise; c'est au point que métoe la langue finnoise y est aussi étrangère que pourrait l'être le français ou \e russe * . C'est pour la première fois, en outre, que sur ies poteaux indicateurs , espacés le long du cheîBm, on voit les distances marquées en milles suédois et non plus en v^*^s.
Quoique led jours soiie^nl ckiM leur période de déeroifi6£^iMEè , il fait cependant en ce moment, --T huit < heures, — tout à fait clair encore ; et des chevaux frais venant d'être attelés Il la witare , nous conservons l'espoir-d'arriver
* Voyez la iwtt Pàh fin an ok^^rtre. •
A NËUtKARLEBI. 177
avant la nuit close à Neu-Karlebi , dont nous ne sommes sépares que par une distance de douze verstes.
Neù-Kariebiy i i heures et demie du soir.
Je me suis plaint longtemps de l'apparence toujours moderne des villes de la Finlande ; voici qu'eiïfin je viens de rencontrer une cité que les années ont marquée de leur passage.
Neu-Karlebi* exhale un parfum de moyen âge qui repose des éternelles rues tirées au cordeau, et bordées de maisons basses, bàdigeon-
* Cette. ville, cbef-lieu d un district, dans le gouremement de Vaza , possède un.pojrt et un chantier de eoiistnictions navales sur le ^olfe de Bothnie. Elle exporte beaucoup de pois^chiches et des draps de qualité ordinaire, qui sont un des produits de son industrie. Meu-Karlebi est à six cent soixante-huit verstes d'Helsingfors , la capitale du grand-duché. II 12
17« DE BRAKHBSTAD *
Me» en roiige, re&e, ou beurre frais. Elle est ^ûiisfcruite SUT le penchant d'iui escarpement considérable 9 formant l'un des côtés d'une profonde ravine. Les rues sont étroites et tortueuses comme l'étaient naguère les rues du quartier de la Cité à Pari$. La maison occupée par l'auberge où nous venons de mettre pied à terre pour y passer la nuit , a, même à l'intérieur, un air de vétusté des plus vénérables. On y monte au second étage par un lourd escalier, bordé d'une rampe à balustres entre lesquels les aria^ignées ont établi |eur domicile habituel ; les murailles des chainbres sont couvertes de tentures fanées, et les fenêtres garnies de petites vitres oblongues enchâssées dans des lames de plomb : enfin/— pour compléter le caractère pittoresque de notre demeure, -r- dans le grand salon pendent douze portraits à l'huile, grands comme nature et horriblement enfumés , qui représentent autant de rois et de reines de Suède.
Le carillon de l'église voisine vient, après ^voir modulé une série de variations, de soii*
ner minuit; c'est tard pour des voyageur^ tati^és. Demain matin ,. nQu$ comptqns faire une promenade à pied par la ville , puis immédiatement après quitter Neu*Karlebi , et nous diriger vers l'importante ville de Tamçrfors.
180 DE BRAKHESTAD
(Note N.pag. 169.)- BLOGS £|ÎRÂTIQ€£S DE LA J^INLANOE. '
Le phénomène surprenant apquel les géologues sont convenus de donner le nom. de grand dilunum du nordj a parsemé une partie de la Finlande de débris granitiques 9 arrachés^ suivant toute probabilité, aux rochers de la Scandinavie. Ces débris, tant par leur nombre que par leurs dimensions , donnent une haute idée de la puissance qui a présidé à leur transport. On peut les partager en deux catégories, qui sont parfaitement distinctes , et que l'observateur le plus superficiel ne saurait confondre; à savoir ^ .en blocs arroùdis et en blocs à vive arête.' '
• Les blocs arrondis ont évidemment . été roulés pendant longtemps les uns contre les autres , de manière à user l^s parties saillantes et à communiquer à la pierre enj:ière le poli particulier qui en signale la surface, Nôn-seulemént les parties exposées à Tair ofTirent des formes bombées, mais aussi celles qui reposent sur le sol depuis Tépoque inconnue où le cataclysme a eu lieu : j'ai pu m'en assurer moimême, et voici comment. On. trouve beaucoup de ces blocs dans le vaste domaine d'un de mes parents, situé dans les environs de Saint-Pétersbourg et à
K NEy«-KARL£BK 181
distance moyenne du golfe. L'un d'eux, qui me;snrait plus de quinze pieds en bauteur, parut à mon parent un objet de curiosité /digne de figurer dans son parc; et pour y conduire la pierre , il sufiSsait de la précipiter du baut de rescarpement qu'elle occupait. Dans Topératibn que le transport exigea et qui fut accomplie à l'aide de câbles et de forts cabestans, on dut soulever le bloc de manière à le faire pencber vers. la déclivité de l'escarpement. Ce fut alors que je pus examiner à mon aise la partie inférieure de cette masse, de manière à reconnaîti^ que le dessous du tocber offrait des formes arrondies et une surface aussi lisse que les parties qui auparavant étaient' seules visibles. En un mot., ce formidable rocber n'était qu'un énorme caillou rqylé jusque-là et abandonné sur un terrain d'alluvjon.
L'autre catégorie de h\6cà erratiques que j'ai observés en JPinlande se compose d'éclats de pierre (j'emploie cette expression parce qu'elle rend mon idée), quelquefois aussi hauts que des palais, dont toutes les arêtes sont vives et dont la surface inégale et raboteuse ferait croire qu'ils ont été récemment arrachés à la montagne de granit dont ils faisaient partie intégrante. Ces sortes de blocs affectent les formes les plus variées;, quelquefois c'est la forme pyramidale qui domine ; ailleurs il m'est arrivé de rencontrer ^ — du côté des carrières de Pytarlalu ,
1*2 DE BftAKHESTAIi
féibi é^ëih>]^, ^— de vrais ôl>ëli$qtie$ ; di-éèâës on
^'ittiégitiè pas Ê6mmetit , aU milieu dNine plaint de
|?ànit fixe à SUrAce ondûlëe; d^âtitres foik ènRiii
t^S fi^àglfiè^ts soiit disposés en carres 6ii bien en
/f?èbëi. Léè fdiroes Varient à l'infini; mais d'ailleurs
.tei afêtes ëù sont toujours vive^, la c^àssut*e nette,
'et Its ètirfaces raboteuses; c'est pi*ëeisémeiàt le con-
tlhiirë des blbcs de la première catégorie, où tout (est
Itise et àri'ondi. J'ihsîstè sur ces différences, parce
tjU^llt^ càrkctériseht deux Modtes de transport ébm-
^plétement dissemblables : pour les blocs à vives arêtes
te tra'iÉi^ort par lès glaces- et le cbak^iàgé par lés
€i\ix pour Jes blofcs arrondis.
Oh reéfcontre ces deux é^des çfe btëcé trrjftî^es dans toute l'étendue dé là zûtk^ ijuè le phéfààiaèàt a traversée. Les bords du golfe dé fiothhîé , Vers lé ttôrd Jsurtout, n'en cbutienfiiènt qu'un hoMbi^ resll*feint. A mesù're qu'on âvàtacè vers le j^ud'-est, lès Mots dcviafiiïent pFus Nombreux et pliii glra^ds. Les bôHs tfft Ladoga en soîfit nfédioct^ement fôpri^is; tnàis au bord du golfe de Finlande lèà ttiiihes éWtftiqtiês se renicontrent eb ndifafbre îiiAtofeifefe ^ dttti^ tfès prépùitièî^s forkhidëbies. €'est dan» fo fètvr tte ^ h feôte emprise ëfttre Vibôrjg *t Hélsiti^H tfh'il faut 4tLn(^t attè^ liés voir ; les dttUtojfibnS WltU- ^^mt^s ties Mocs qui Vy tMuVèVit WtOiH^ Vék UÇfik ^ lès akitl^es âim te t)tofs effroyable itéibfm , Wt-
A «EU-KARLEBl lg8
passent en grandiose tout ce <\ue l'imagination peut, se représenter dans ce genre.
Kon -seulement on rencontre beaucoup, de blocs erratiques dans tes choirons de Saint-PÔtèWbonrg ^ mais on en trouve encore au delà jt^qu'à tine petife distance^ Sfoscou. C'e^t avec ces débris qu'esC e nt r e* temie la belle chaussée macadan^îsée qui relie les deux capitales de Temptre; an refend les -granits pour tes concasser ensuite. Façonnée en pierres de taiHe j ces blocs sont employés quelquefois pour .former le soubassement de splendides édifices; plusieurs grandes maisons de campagne^-aux environs dePétersbourg, en oflfvent l'exemple. SeSolement on a remarqué que le granit* erratique est plus friable que cehii que Ton retire des carrières, et par; conséquent de moins boime qualité.
(Note 6, pag. d70.) ;
GAMLA-KARLEBI.
C'-eat le roi Gustave->Ado(phe qoi, en I'620y a fondé la ville . de Gamla-Karlebi , actuel]ement enclavée dans le gouvernement de Vaza. Parmi liss différents produits qui s'y fabriquent, les toiles uji^érîteot .par leur booiDe qualité une mention pàrticuliène. Ganb* Rarlebi, qui est située au bord du golfe '«te <Bd|hme,
184 DE BRAKHESTAD
entretient des relations commerciales constantes avec l'étranger. Ses exportations consistent en matières premières, telles que bois de construction et résines, et en quelques prodtiits de Tindu^trie du pays : parmi ces derniers objets, on peut xiter les ouvrages de tonnellerie , le goudron, le brai-gras, le noir de fumée, etc. Une source d'eau minérale, réputée salutaire dans un grand nombre de maitadies, existe à proximité delà ville.
(NbteP, pag^e 476.) POPtJLATIOîrS SUÉDOÎSES ÉTABLIES EN FINLANDE.
Bigher-Iarl, roi ou chef des. Suédois, après avoir achevé, en 1249, de conquérir la Finlande, peupla le kirchpil (paroisse) de Bijkola de.colojds venus de Siiède. D'autres Suédois se transportèrent, vers Tannée 1300, ^ur h côte nord-rcst du golfe de Bothnie, c^est-jà-dire dans l'Ostro-Bothnie. Quarante^huit ans plus tard , le roi Magnus ^ leur octroya des franchises commerciale^ et le droit de tenter la conquête de la Laponie. C'est de xïette époque que datent, sui-
• ' Magnus II, dit Smèck, succéda à Bigher-Iarl en i'3â0, fut détrôné par son fils Érie, 'et ressaisit le poUycir à la mort de celui-ci. Une nouvelle révolte lui ravît la couronne, et il mourut en )>rison.
A jSEU-KARLEBI. 185
vant plusieurs liistoriens , les établissements suédois du gouvernement de Vaza. On y comptait, au eom~ mcDcemènt du xiv* siècle j trois paroisses composées de colons suédois : celle dé Mustasparo, celle de Péderseri et celle de Mespiss. La présence de ces nouveaux hôtes dans lé pays exerça à cette époque une influence puissante sur la destruction graduelle des pratiques d'une idolâtrie grossière , et p^r là sur ta civilisation de la contrée. De nos jours, on rencontre des établissements suédois dans un grand nombre de localités. Il eo existe : 1^ au bord du golfe de Fin«^ lande; 2^ à partir de Tembouchure du Kymméne, dans le gouvernement de Yiborg , jusqu'aux confins de celui d'Abo ; 3^ dans toute l'étendue du Ny-Land, comme 2(ussi au centre du gouvernement d'Abo, dans plusieurs îles du golfe de Finlande et dans les lies d'Aland. Plus loin , ce, sont en grande partie des populations suédoises qui peuplent le littoral ostrobothnien, depuis son extrémité sud jusqu^à la villç de Gamla-Karlebi. Dans toutes ces contrées, la langue suédoise est reconnue comme langue officielle, et tous les actes de l'autorité locale y sont rédigés en suédois. .
CHAPITBE XIV
, DE NEU-KARLEBI A MUSTAIÀRVI
Nous quittons le golfe de Bothaîe. — Ro.ûte excellenjte. — Herse d'un nouveau genre. — Rives du Olass. — - Cultures établies dans des terrains pierreux. Beaux champs de blé. — Contrée rocheuse.
^ — La température se modifie. — Changement dans Tàspect de la contrée ; forêts. -^ Rencontre d'un four à distiller la résine^ Je l'examine en détail,i — Particularités concernant cette industrie. — Station de Sarkiva. — Fâcheuse aventure. — Rochers singuliers. -*— Un nid. — - Barrières incommodes. — La Torrisova. — Berges pittoresques. —^ Danger immiiient. — « Station de Mustaïarvi. Difficulté d'y obtenir des renseignements.
CHiPlTRE XIV.
DE NEU-KAKLEBI A MUSTAJARVI.
Station d^louss^ 13 août, S heures de l'apràswtnidi.
£n quittant NeivKjarl^bi nous ne tavdàmpi^.
pas à rencontrer un pont qui réunit lé» deux rive» de la rivière Okss. Cette rivière ic6ùl6 entré des berges abruptee» très-élevée^, et son lit, maintenant presque à sec, est sewé d'énormes fragments de granit. Tout indique que dans la saison des hautes eaux TOlass se change en un torrent impétueux ; aussi les ingénieurs chargés de la construction du pont
192 DE P(EU-KÂRLËBI
ont-ils pris toutes sortes de ^récaution$ pour assurer la solidité des piles sur lesquelles le tablier en charpente s'appuie. Des éperons formidables s'avancent en amont afin de trancher et de diviser les masses de glace , qui au commencement, du printemps sont entraînées par le coûtant devenu alors d'une rapidité excessive.
Le pont travei^, , le chemin côtoie la rivijère, et la vue se repose avec plaisir sur un pays bien cultivé où s'élèvent de nombreux heimats qui animent et varient lé paysage.
Parmi les différents arbrçs qui .croissent sur les bords du Olass , j'ai remarqué des sorbiers d'une beauté peu commune , .4es aunes d'excellente venue et même de vieux saules ététés : cieux-ci attirèrent mon attention , attendu que c'étaient les premiers de ce genre que nous rencontrions en Finlande:
A MUSTAIARVI. m
Station de Stembocka.
A six versées de la station d'Iotass nous avons quitté la grande route qui suit- les bords du golfe de Bothnie, et, tournant à gauche , le cocher nous a fait prendre un chemin de deuxième classe qui, conduit à, rintériéur, dans la direction de Tamerfors où il aboutît. Quoique bien entretenu ^ ce chemin est plus étroit que c^lui que nous quittions ; et, de plus , leâ maîtres de poste i^ sont tenus d^eiitretenir qu'un très-petit nombre de chevaux sur les chaussées ^ cette classe. Nous devons donc nous résigner d'avance à éprouver quelques retards : mais cet inconvénient, si nous le subissons^ sera bien compén;sé par l'intérêt que nous offriront des provinces où pénètrent bien peu de voyageurs étrangers à la contrée.
it 13
194 DE NEU-KARLEBI
Pendant le relais que nous venons de parcourir, le pays s'offre sous un aspect des plus avantageux. Les heîmats sont nombreux et la route est bordée de champs en culture. Dans la plupart on fait en ce moment les semailles de blé d'hiver. La herse que j'ai vue a ceci de particulier, qu'elle est partagée en trois sec* bons réunies côte à, côte ^ar des charnières ^ ce qui donne à l'instrument la facilite de se plier à toutes les inégalités du terrain.
Nous Voici de nouveau au bord de TOlass <|iii^ dans cette partie de son cours , traverse une campagne unie toute semée de. buissons et de bouquets d!arbres. D'ailleurs les berges de la rivière sont toujours escarpées. On voit fréquemmlent dans lescl^amps des blocs erratiques de dimension» exteaordinaires.
A !i«6fStAIARVI. 199
Station d'Ëkkoia.
Daiant }ts dix prtmièreà verstes da relais que nous venons de fournir, le chemin côtoie longtemps la rivière j.dtSht les bords s'abritent sôus' une végétaftion é|!>aisse. M tourné ensuite à droite , s'éloigne de TOlàss , et pique droit dans une forêt de pins et de ààpins en1ï*emèl^ de quelques bouleaux. ï>e distancé en distance, le voyageur ï*encôilti*e des cadrés côAquis par l'industrie persévérante des habitaMs^,* et transformés en chani^ cultivés. Gomwi* M sol est bas dans quelques-unes de ses parties et que les eaux y ont fait irruption , les industrieux habitants ont employé un système de rigoles gazonnées qui sillonnent le champ dans des directions diverses, se rejoignent ou se séparent, et en définitive emportent
196 DE NEU-KARLEBI
toute rhumidité qui aurait pu s'y concentrer. Avant d'arriver ici , nous avons traversé une partie de forêt détruite par le feu. Impossible d'imaginer quelque chose de plus lugubre et de plus désolé. Ce ne sont que troncs noircis et calcinés , entièrement dépouillés de leurs brancliagés , et restés sur pied comme autant de mâts à demi rongés par l'incèndi'e. Le sol est encombré d'énormeis^ masses de granit déposées là par le phénomène erratique ; le feu qui les a dépouillées ^es mousses dont elles étaient enveloppées les a laissées là nues et fendillées , recouvertes seulement d'une pellicule blanchâtre produite par la calcination.
On. a besoin de revenir au spectacle de la nature vivante, pour effacer l'împreission de tristesse qu'im tel spectacle produit sw l'âme.
A MUSTAIARVL 197
Station de Markula, 10 heures du soir.
Malgré Texcesâive exiguïté du local, -^une chambrettéde huit à neuf pieds en carré , — nous sommes , M, D. et liioi, si harassés de fatigue, ique nous prenons lé parti d y passer la nuit tant bien que mal. Cette lassitude est le résultat des incroyables embarras que nous a donnés le passage de la rivière Py ri. Nous avons perdn là plus de trois quarts d'Heure , tant à rembarquement qu'au débarquement de la voiture. Le bateau servant de bac était évidemment trop petit pour recevoir le tar rantass. Outre les peines que l'on a eueà à opérer le transbordement d'une rive à l'autre, nous avons dû nous estimer fort heureux de n'avoir pas chaviré vingt fois pour une au milieu du courant , tant la '
lag DE NEU4CARLEBI
voiture était mal consolidée sur l'embarcàtion.
Station de Frandila, 13 août, 11 heures du matin.
La çofltréç que nou^ fiy^ms tri^ersée oe jp(ispn est ^ingulièreoieBt agreste. C'est une forêt spmbre et touffue , 4e l'aspect le plus ^auva^, renfermée entre de grands rochers i
de granit, non pas à surfaces arrondies comn^e |
la jplupart des, rochers de la. Fin)ai>de, mai$ ^
aijiguleux et à vive arête. Au delà de Fra^fidilay Ijçs rochers font placé à d^ verdoyants coteau^ çparooiAés de noflEibrej:^!: heîtnats de bonne apparence. Ljbs champs çqltités aux environs de ces ferries finlandaise!^ présentent un a»* pect tout à fait prospère , en dépit d'un sol ingrat let caillouteux ^u si^prême degré : c'est un pFQdige de peri^éyér^nc^ ipt 4'in4us|;riç,
A MUSTAlARVf. 199
Station de Lahti.
Ce que rbôté de Gamla-Karlebi.m'aTaitdit du pays où nous allions entrer en nous éloignant du golfe n'avait rien d'exagéré. On se croirait en' pleine Suisse , tant les montagnes se si^ccèdent à intervalle^ rs^prochés^ Ded vallées larges et profondes partàgerit.ces inontagnesy et on y admire des ^ cultures soignées autour de vastes heîmats;
La maison de poste où j'écris en ce moment a si bonne apparence, que nous avons voulu y faire notre repas du matin. Des croisées de la chambre où le couvert vi^^ife d^être mis, la vue s'étend sur un large champ de granit rose à surface ondulée, où pas un brin d'herbe ne <»*oit : vieR de plus aride et de plus ;étraiige à la fois !
200 DE NEU*KARLEBi
Le froid est si vif ce matin, qu'à peine descendu de voiture ma première pensée a été de courir à l'âtre de la cuisine , où brille un feu pétillant.
yii.
Station 4^ Toppar, 4 heures de' raprès-midt.
Plus de montagnes ; le relais que nous venons de fournir n'a été qu'une vaste plaine.
C'est dommage que nous soyons arrivés ici à une heure peu avancée ; car la maison de poste est si propre et si avenante qu'on éprouve du regret à la quitter, i
Un cavalier accourant à bride abattue s'arrête à deux pas du tarantass au moment où je m'occupe à jeter cette note sur mon agenda. Je lève les yeux et les porte sûr l'écuyer, qui se ti'ouve être une jeûne et belle fille de dix-huit ans En un clin d'oeil elle saute à bas du che-
A MUSTAIÀRVI. 301
val et se met ^en devoir de Tatteler elle-même au tarantass, avec une adresse et une désinvolture qui témoi^ent d'une longue expérience. Notez bien que la svelte villageoise est mise avec un soin tout à fait coquet, et qu*elle s'acquitte de ses grossières fonctions avec autant de gaieté que de bonne grâce. Ce n'est pas la première fois que j'ai eu occasion d'observer qu'ici les femmes du peuple partagent fréquemment les. soins et les travaux qui sont ailleurs exclusivement réservés aux hommes.
VJII.
Stadon de Salmy*
Après avoir quitté la Station de Toppar, nous n'avons; pas tardé à gagner le bord du Pystë , que nous avons côtoyé ensuite au milieu de sites pittoresques. Le Pystë est une rivière de înoyenne largeur, remarquable par l'énorme