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quantité de blocs de granit qui en encombrent le courant, k tel point qu'il est tout à fait impossible d'y naviguer en bateau. Elle sort d*un lac situé en face de la maison de poste où nous sommes en ce moment, lac dont les bords garnis d'échancpures sont formés en partie dé rochers abrupts «^trèmélés.de bouquets d'arbres. ^
'Des portions conâdérablesde la foret que nous traversons sont disposées pour la préparation de fa résine; c'est^-^dire que les arbres y sont dépiôuiUés de leur écorce depuis la base jusqu'à la naissance des branches^ La teinte rousse qiie prend le feuillage de ces pins indique que l'écortication date maintenant de quatre ans, et qu'en conséquence on va procéder à l'^batage. Ce genre d'industrie nécessite une si effroyable destruction d'arbres, qu'il faut les immenses forêts de la Finlande pour y suffire.
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Station de Ràsii^pêra.
En quittant la station de Salmy , nQu$ avon»
continué <le rouler dans la forêt entre deux murailles d'un vert soïnbre. J'y ai vu un trè^r grand nombre de pins écprcés , et par conséquent voués à la, destruction.
Nous avions couru ainsi environ huit verstes, qiiand une forte odeur de fumée s'est fait wntir, suivie bientôt de longs jets de flammes s'échappànt à travers un rideau de jeunes pins qui borde le côté gauche de la voie. Le çochejr m'apprit que ces flammes provenaient d'un four à distiller la résine ^ Curieux , néanmoins, de voir la chose de mes propres yeux, j'ai fait arrêter et me sijis dirigé à pied de ce côté, aoçom-
* Voyez la note Q à ^a fin du chapitre.
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pàgné du domestique-interprète. Au bout d'une quarantaine de pas, j*ai dû tourner une sorte de rempart formé de menus branchages entre-^ lacés, dont l'objet est d'abritçr le four contre le Tent. Alors je me suis trouvé en f^cé de l'àpparéil que je vais essayer de décrire.
Qu'on se figure uil monticule cii^culaire de forme conique, composé de longues bûches de pin disposées en rayons au-dessus; d'une fosse en forme de vasque, et d'où s'échappent par le sommet des jets de flammé et des tourbillons de fumée. Après avoir empilé lès bûches, l'ouvrier recouvré le tout de gazon mélatagé de terre, en ménageant une ouverture au sommet. Quand tout est disposé comme il convient , on introduit quelques copeaux allumés dans Touverture supérieure : bientôt le feu gagne' les bûches avoisiiiànteà et se communique de proche en proche à la masse entière. Au centre de la fosse est pratiqué uïi conduit qui amène le produit de la distillation dans un souterrain voûté, d*oû on le transvase ensuite. dans des tonneaux.
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A, ces détails que m'a donnes le plus âgé des deux hommes qui surveillent ropéra1:ion , il a, ajouté ceux que voici. 11 faut communémeat deux .cents troncs de pins , âgés de trente ans environ , pour com.poser uni)ûcher. Si la combustion s'opère dans les conditions voqlues, sans être troublée par des vents violents ou de fortfes pluies, .elle arrive à terme dans l'espace de six jours : en ce cas, la quantité dé résine obtenue e$t de quatre-vingts à quatrcrvingt-cinq tonneaux de dimensions ordinaires. Chaque fois que le réservoir , où viennent s'âcçumulér les produits dé la distillation est jplein , Fou^ vrier en distribue le contenu dan^ des tonneaux qu'il ne remplit qu'aux trois quarts,, puis ces tonneaux sont abandonnes à. euxmêmes pendant vingt-quatre heures. Ljb lendemain on ouvre la bonde, et tQut l'émpyreume, qui pendant la durée de la nuit s'est sé|>aré de là résine, s'écoule à terre ; dans une exploitation mQins grossière, cette substance serait très-probablement utilisée. Cçci Fait, on achève de remplir les tonneaux aVec de la résine pure.
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et c'est dans cet état qu'ils sont dirigés sur Tun des ports fii;ilândais du golfe de Bothnie. Les gens de ce canton envoient leur résine à Vâza, où le tonneau se yend à raison de trois roubles argent , ce qui équivaut à douze francs.
Nous sommes restés, M-. D, et moi, assez longtemps à ex:aminer de quelle manière fonctionne le four, et j'ai fait ouvrir plusieurs tonneaux a demi pleins de résine pour voir s!éeouleîp la substance visqueuse et noirâtre qui cpnstkue Tempyreurae. Aii moinent de partir je glissai une pièce de moimide daïis là main du plus âgé des deux travailleurs , mais cet homme la repoussa avec une expression de fierté à lakjuélle j'étais loin de m'attendre. Le cocher, qui nous avait suivis, me firexpliquer par lé domestique que celui que j'avais pris pour un simple ouvrier était le propriétaire de l'exploitation. Son compagnon, qui h^ était cependant qu'ua manœuvre à gages, se piqua lui-même d'amour-propre ; car ce ne fut pas sans peine que je lui fi,s accepter ma légère offrande.
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Réin^allés dans le taraittass, nous .somme» partis au grand trot^ et une demi-heure après» nous arrivions au bord d*un lac d'une me-* diocre étendue ,. formé par les eaux de la rivière Kpurtànë, qui s'épanchent dans le bassin que leur présenté une vallée ^cieuse et pro* fonde. Lies prés sont i^i d'un viert admirable^ et des arbres d^esseinces feuillues forment aii* tour dé nous des bouquets pittoresques, dont ks intervalles laissent apercevoir de nombreux heîmats : c'est un paysage plein de fraîcbeup A d'intérêt.
- Stâdon de SÉnriki», ié août, 9 heures du matin»
Nous étions épuisés de fatigue hier au soir^ lorsque vers les. onze heures noi» pénétrâmes, da^ la cour de cette station. Je la sa-^ luai avec transport, car on m'en avait parlé comme d'une couchée excdkiite. Juge% de
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notre désappointement quand l'hôte, une lanterne sourde à la main, en s'approchant de la voiture au milieu de robscurité, vint içe dire que la maison tout entière était retenue pour le chef de. la province actuellement en tournée , et qu'il attendait d'un instant à l'autre. En vain je sollicitai de son obligeance une chambre quelconque, le brave homtaie ne pouvait prendre sur lui une pareille responsabilité! Tout ce qu'il lui était possible de faire pour ne pas renvoyer par des chemins difBciles, au milieu de la nuit et du brouillard, des gens déjà harassés, c'était de leur offrir la chambre unique qu'il habitait avec sa femme. Si bornée que fût l'offre , elle était faite de bon coeur ; partant je l'acceptai avec reconnaissance. Nous nous sommes donc «njtassés dans un réduit d'une propreté fort équivoque , où j'ai passé, comme an peut crôite, uoe nuit peu confortable. Notre contrariété :est d'autant plus grande, que même à l'heure où j'écris le fonctionnaire n'est pas encore arrivé; La route, dansle dernier relais d'hier au soir,
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longe le bord d'un vaste lac entouré de berges abruptes et rocheuses , QÙl le voyageur se trouve. fréquemmeiit comme suspendu à une hauteur considérable au-dessus de Feau. Je regrette qu'une bruine épaisse nous ait presque entièrement privés d'un paysage qui doit être d'un pittoresque tout à fait grandiose.
Nous allons remonter: en , tarantass sans avoir pu cette fois nous réconforter comme de coutume d'une tasse de thé à la crème.
L'hotessé , toute préoccupée de l'attente du gouverneur, n'a pas osé lever un verre de lait sur les réserves^ de son gardje-manger | il faut, dit-elle, qu'à l'arrivée du chef de la province toutes les provisions soient intactes.
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SUtion de Khôra.
4pm avoir quitté l'auberge de Sarvika ^ le cç)rf)# ^O0ipu et l'çstoinae vide y nott& «onpyai^âi biftPiPt arrivés^ à une rivière tarreatùenâe^ qui diwi^ Qefte saison même rpule ses fleto éen*» fQf)ii:9î à travers de aambreu:! quartiers de ro^ d^% spn Vt e^t sevié. Ua pont bie«^ ooDitruit 9^^]^ cpQ^nmnioatiqo^l^ 4«ViK r^ves. Am dfilà nous avoQ^ |)^tré dafts^ une forêt prolqiide et touffue d'où nous sommes arrivés, non loin de la station actuelle, à la rivière Kourtanç. A la vaste surface que son cours occupe , on prendrait aisément cette rivière pour un lac de forme allongée et de largeur variable.
A MO^i'AMRVÎ iï%
XB.
Station d'Olkonene^
U*#fdi[<ét debôis fésiïteux mnvte daife toute
ilîK De plat qu'il (était d'abél^d *e tettaiti dêM victit depfeis en |)l«o» acddcutë, et se chèllrgë e«fi* eh Ml véritabjèpafys de ittôtitagneâ; J aii^î k» fichés points <fe* vue n'y stfttt-îfe pas* tavèS. Il «l'eâ* tm surtôrit qtii rti'a frappé. Pour y aftrit^eW, iï foui! suivi^e une tenguè morittée qtie^î^atît p^-* niblêment la route; mai» qn^nd on est là rtli jotlit c^un pancimma^ des^ pfais^ va^es^ qui se ipôkëè imaginer. L'oôil, èe è^ point ëlievé, pfene^^w» tm espace immense tout pafsetftedelaws,ddrit beaucoup sont reliés entre e»y piàr des cau^u^ tonwenx qui serpeMent à travers tfiiflte a«!eîsémlSè t«ariéi*: ^'estun typé» complei du pAf^^ flnfertda** daiW <*e qu'ils de pfos gfràfrtdtese.
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Station de talioki.
G'çst au milieu de Véritables montagnes que nous voyageons /ictuellement. Inutile d'ajouter que lé pays est essentiellement pittoresque. On m'avait prévenu à la .dernière station que le relais ne serait que de sept Verstes, mais aussi que ce n'était d'un bout à l'autre que descentes et montées difliciles. Tout cet espacé est occupé en effet par une croupe granitique, que surmontent çà et là des protubérances mamelonnées sur lesquelles le chemin est pratiqué. Quelques pins croissent dans les .anfractupsités de la roche , ainsi que dans les endroits creux ou un peu de terre s'est accumulée. D y en a d'une hauteur énorme; mais comme leurs racines rampeiit à la surface de îa pierre , l'arbre manque de
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solidité sur sa base. Il n'est pas rare de rencontrer des pins et des sapins à proportions colossales couchés sur le sol où Touragan les a renversés, les racines mises à nu arrondis-, sant en im vaste éventail leurs longues touffes chevelues.
Station de Kankaïanpaïa.
La forêt que nous venons de traverser diffère de toutes les précédentes par là magnificence dos pins dont elle est peuplée. Dans les intervalles on voit quantité de bouleaux et d'aunes, les premiers presque aussi élevés que les pins auxquels ils sont mêlés, mais en revanche singulièrement grêles et effilés. Comme les arbres d'espèces feuillues que l'on rencontre dans cette forêt sont tous jeunes , j'en ai conclu que ces derniers seulement sont
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Il4f en iKWpes r^;!^, tai^dis qu'on laiwe les ^iJAs 44t^odre à leur complet développ^m^sit J3iv,tàfft de les abattre* On y voit aussi quelque» ^{qptins, la plup^^ d'upe trèis^grande hauteur * , S»r run' deui^ je reBoa^quai, suspendu à un rameau rappi'oché de là cime , un grand nid que le paysan qui nous conduisait me dit appartenir à un oiseau de proie. Q était forme de menues broussailles, très-artistement entrelacées et figurant uQie sorte dé corbeille ronde, qu'on voyait se balancer au gré du vent impétueiux qui 30ufflait en ce moment et courbait la cime de l'arbre.
^ Voyez la note R à U fin dii chapitre.
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