‹ La Finlande; notes recuillies en 1848, pendant une excursion de Saint-Pétersbourg à TorneoChapitre 2 sur 54 · VI · texte numérisé non relu

VI

Statîçfn de Restila, 9 heures dn soir.

A un quart d 'heure de Vouornoss nous avons traversé une riyière encaissée- entre des pîves abruptes. Mais-cette fois nouç avions là un beau pont en bois, établi. à une grande hauteur au-dessus du courant, sur dé fortes

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piles de granit. Ces piles . sont assez solides pour résister, lors de la fonte des neiges, à la double action d'un, courant impétueux * et du charriage des glaces. £t cependant on les construit à. peu de frais, en se serVaiit, pour le revêtement extérieur, des blocs de granit que l'on trouve épar$ sur le sol , et de simples cailloux pour en remplir les vides. Toutes ces pierres sont assemblées sans mortier. Celles du revêtement ont d'abord été grossièrement façonnées au marteau , de manière à pouvoir les emboîter exactement^ Au delà du pont la route traverse une forêt couvrant un terrain accidenté , semé de proéminences granitiques fixes , dé formes arrondies. Pendant très-loilgtemps nous avons roulé entre deux murailles de verdure sombr^, puis la forêt s'est eclaircie tout à coup , et une happe d'eau d'une vaste étendue s'est déployée devant nous : c'était le golfe de Bothnie.

Le heimat dont la maison de. poste de Kestila dépend, est sans contredit le plus riche que nous ayons rencontré jusquHci. Dans

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sa, spacieuse enceinte sont renfermées sept maisonnettes séparées, parmi lesquelles celle du chef de la famille occupe le premicF rang. Nous venons de la visiter , et je suis demeuré on ne peut pas plus surpris de l'arrangement intérieur qui réunit jusqu'aux recherches du confort. On y trouve ameublement complet, rideaux élégants , papier de tenture , et planchers peints de. inànière à sijnuler les compartinîènts d'un parqtièt. Toiit cela est d'une propreté et d'un Instfé irréprochables; aussi passoiisHious bien volontiers la nuit ici, nous promettant de faire un tour à la spacieuse laiterie qui appartient à la ferme : ceci tient à ce qu'on fait dans tout le pays Un grand commerce de beurré. •

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Sur un bateau, bi\ passage du Simâïoîi, 3i juillet, 9 heures du matin.

Le bateau ^faisant office de bac, où nou»

3omiues ixiaintenaut embarqués, est le second depuis la. station, de Ke^a. Nous avons eu d'abord, à traverser, le K^uoivaniemi-, rivière de moyenne importance , dont ie courant est domine, du côté du nord, pw* un escarpement cojQsidérable , au sommet duquiel une ferme est perchée comme \m nid d'oiseau.

Au delà de Kuoivaniemi nous avons fourni dix-huit verstes , dans un pay§ semé de monticules granitiques , entre lesquels .poussent des mélèzes et des pins. C'est ainsi que nous sommes arrivés au bord du Simaioki. Comme le courant n'en est p^s rapide, ni la 'profondeur considérable, les passeurs se contentent

ATORNEO.

de pousser le bateauà la pieBcbe^ ^i- appuyant contre le fond , qui est de sable fin.

Station .de Rkikka.

Un aasez gi?a;ml nombre de jeunes filles du village étaient occupée» à mettre en -ordre l'inteFieur de la maison def poste, au moriwcnt de notre arrivée. J^ peiiie eurent-elles aperçu l'équipage, que toutes se réunirent sur le seuil de la porte, en se communiquant lès unes aux autres , par des paroles entrecoupées d'exclamations , l'extrême surprise que véhicule et voyageurs leur causaient, ' En ce moment même je les aperçois qui continuent de nous regarder à la dérobée, comme elles pourraient faire d'un aérolithe tombé du ciel: Du reste, lé sentiment que ces jeunes filles éprouvent à un si haut degré , nous le faisons naître

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presque partout sur notre route : oii pieut se souvenir de la scène de Kuopio. Outre la rareté des voyageurs étrangers, cela tient encore à ce que les Finlandais ne voyagent jamais qu'à la légère, en simple carriole ,\seuls ou bien à deux , sanis^ le lourd bagage que nous traînons après nous; de plus ils parlent, la langue du pays ; enfin dans leurs allureà , et même dans la manière de se Vêtir, il y a un çerto non so çhe qui ét$ib)it une ligné de démarcation tranchée lentre eux et nous. De là^ cet étonnement que notre arrivée excite presque partout au milieu de ces excellentes populations.

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Station de Posti .

Voici encore une maison de poste à vastes proportions^ et qui plus est ténue avec un soin irréprochable. Le salon principal, situé àU premier étage, est décoré d'un grand nombre d'estampçs soigneusement encadrées. Beaucoup portent des titres et des devises en lan-* gue française. Au bas de Tune d'elles , que je vietts d'exaininer de près , j'ai lu l'adresse du marchand, rue des carmes, a paris. C'est donc à la vieille Lutèce que les habitants des environs de Tornèo, aux confins de la L^ponie , vont demander des images pour décorer leurs maisons : sing4iliér rapproche-^ ment, selon moi, et qui m'a paru digne de remarqué.

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