CHAPITRE XVII
DE TAMERFORS A TAVASTHEUS
Changement complet de saison. — Montagne remarquable. — Deux lacs. — '- Rencontre; scène burlesque. — Lacs et lagunes. — Récolte du lin.
Rouissage; peignage. — Effet de lumière. — Arrivée à Tavastheus. — Aspect de cette ville. — Vaste château fort; j'en visite les alentours. — Cour d'honneur. — Aspect grandiose de l'édifice. — Rampe monumentale. — • Je refuse de visiter l'intérieur du château. — Forçats employés à des travaux dç charpente. — Le jardin public.- — Comment il est situé ; beau point de vue. — .Départ de Tavastheus pour nous rapprocher du golfe dé Finlande.
eHÀPITRE XYH.
DE TAHEHFORS A TAVASTHEUS.
Station de Aut}arv|« id août, 9.heures du matin.
J'ai dit par eroeur qujB Tamerfor^ »© trouvait BUT le chamiii de Neu-^Karbbi à T^vastheuft. Pour nous y i^^dre, il a fallu quitter le grand ehemin à la station où nous voièi rer veiRus, et d'où lious pouFsuiinrons cette fpis direet0men|:¥ers Tayaatbefis, à travers }a contrée pittoresque du Tavastland. N'étant arri* vés ici hier ^u soir qu'assez tard , notts y avQiis passé la nuit. Tout se prépare, et tout à l'heure nous allons remonter, en voiture.
3(10 l)K TAMIilllFOKS
Se ne saurais dire à quel point j'ai été surpris du changement rapide qui s'est opéré pendant ces deux derniers jours dans J'aspect du paysage. Avant-hier, lorsque nous roulions vers Tamerfors , le pays était encore parfaitement vert , $auf un petit nombre de feuiUes jaunies ; nous retrouvons aujourd'hui les arbres entièrement flétris et leâ feuilles déjà passées au jaune brun. Ce serait à n'y p^s croire, si rpn ne savait combien est subit, dans ces climats du nord, le passage d'une saison à l'autre. Alors qu'on"" s'y attend le moiiis, après une longue suite de nuits tempérées , sinon chaudes , des vents glacés surviennent tout à coup, qui refroidissent l'air, arrêtent l'essor de la. sève circulant dans lès plantes , et détruisent en un clin d'oeil la plus vigoureuse végétation ! L'atmosphère est en ce moment imprégnée d'une brume froide et pénétrante, etJa nature efi deuil semble présager Ja trpp prochaine arrivée des frimas, qui , une fois installés, régnent en maîtres dans ces lieux pendant six, mois consécutifs.
A TAVASTHEUS. 301
Station d^Ankola.
Aujourd'hui encore, — ^pour la troisième ou quatrième fois depuis que je parcours. la Finlande , — ^nous avons suivi une route tracée sur la crête étroite et longue d'une montagne fort élevée. Dans une contrée où. le sol est acci^ deiité comme il l'est ici, les ingénieurs , chargés d'ouvrir à peu de frais des routes praticables aux voitures , ont dû plus d'une fois se plier à dés accidents de terrain qu'ils né pouvaient ni tourner ni adoucir ; or, presque toujours , les montagnes à crête aiguë y sont entourées d'un réseau de lagunes complètement inabordables. Le tarantass redescendait là pente de la montagne , lorsqu'une chose nouvelle pour moi s'est offerte à ma vue : c'était un pont jeté sur une coupure pratiquée à tra-
aot DE TAMBarons
vers la mcMitagne, dans un endroit , bien entendu , où sa hauteur s'est déjà considérablement réduite. Cette coupure met en communication deux lacs auparavant séparés ; et les habitants des heimats situés des deux côtés de la montagne peuvent ainsi communiquer aisément par eau.
Aux deux tiers du relais^ nous étionii radesceiidus dans la plaine^ Bientôt lé todbér, qui avait montré sur la route d'en haut une cir* eonspection extrême, a lancé ses chevaux à fond de train sur une chaussée unife parfai-» tement horizontale. Nous avoils alors pénétré dans une foret de pins ^ entremêlés de bou«* leauX) de trembles et de grands genévriers^ pèurne la quitter qu'à notre arrivée ici; Cha« que fois qu'une éclaircié permettait à la vue et franchir l'étroit horizon que k forêt trai|iit autour de nous^ j'ai p\x apercevoir, des lal^^ riiidies de lagunes couVrAnt au loin lo poàya.
A TAVAStHEtJS. 30%
. StfttioB tte éUtbcAlà.
A |mrt quelques rairîss exceptions , les rcnites de là Finlande sont si peu fréquentées ^ que toute fënoontre de Voyageurs^ si modeste que soit leuv éqwpàge , y fait ëvénetnent. Aussi notre attention. fut-elle excitée 4 dans 1« relais que nous venons de fourbir^ par la vue d'un cabriolet arrêté devant nous sur la, route, de rustique phaéton paraissait renfermer deux personnes. Conime il nous bâfrait le chemin, le cocher Jeur criait de se ranger; mais l'invi^ tation fut très-mal accueillie^ et le plus âgé dés deux voyageurs, ecclésiastique finlandais vêtu de noir et coiffé d'un vaste chapeau à k Basile, y répondit par un torrent de p^roles^courroucées. Notre automédon leur eût Volontiers passé siir le corps. Je le retins
304 DE TÂMËRFÔRS
et fis arrêter, pour attendre que le fougueux voyageur, dont la taille était des plus rebondies et la fig;ure des plus rubicondes, eût pris le parti de nous livrer passage. Il ne s'y décida toutefois qu^après avoir complètement réparé le harnais compromis de son cheval , en continuant de gronder à voix haute. Ni son chapelain, ni le jeune paysan qui lui servait de valet de pied, ne purent venir à bout de calmer sa bruyante colère,, et notis avions dépassé de cinquante pas au moins le léger véhicule, que je l'apercevais encore , debout sur le marchepied du cabriolet , où il: gesticulait le fouet à la main. Cette scène burlesque nous divertit passablement^ et abrégea pour nous l'ennui d'une étape monotone. Quiconque a beaucoup voyagé a dû éprouver parfois qu'à la longue , si intéressant que puisse être un pays , l'action seule du balancement de la voiture finit toujours par produire une sorte d'accablement d'esprit qu*il n'est pas facile de surmonter.
Les milliers de lagqnes que nous avions per-
A TAVA8THEUS. SQ6
dues de vue d'abord ont eependanj; fini par reparaître, plus serrées que jamais , dans la se* conde moitié du relais, formant un long chapelet sur la gauche du chemin.
Station de Mïerola, i i heures au soir.
Nous passons la nuit ici ; bien qu'à treize verstes seulement de Tavastheus. Je suis con^ traint à cette halte par l'état déplorable des roues du tarantass^ quoique le carrossier de Tamerfors eût juré sa foi que nous achèverions notre voyage sans perdre un écrou.
Le pays que nous somnïes en traiii de parcourir est rocheux et tout parsemé de lacs , grands et petits. Les rochers présentent la forme de monticules de granit à sommets ar^ rond is,. en partie tapissés de mousse ; ce qui
donne a la contrée une apparence des plus
Il " ^ 20
aû6 DE TAMEBFORS
agrçstesL Là où ilcj^'y a ni eau ni rochers, s^ten^ d^fitde vaste&champfii admirablemepit «ulttyq^ oui l'on fait en ce ofioment l€b Teoolte : la oamr. pagne est partout couverte de moissonneurs. Ici la culture du lin est très-étendup. J'assistai à l'opératioii du rouissage qui , comme on sait, consiste à plonger la plante dans l'eaii , et à Vy laisser macérer -pendant un temps plus ou moins long ; des femmes accroupies au bord de quelques-unes. des. flaques d'eau que Ton rencontre à tout moment sur la route, liaient le Un par bot|;es qu'elles mettaient eosail^ à taremper, ^1 ayant soin de Jes assujettie au.riva^ Je^yis. aussi des ouvriers eni ti;ain de peigner^ le lin^ asàis. en plein champ sur. une sorte d'escabeau ^ ils passaient la plante sur un pei-» gne à long^ manche , dont le bout était planté en terre de manière à ce que l'instrument présentât les dents en haut. ' .
Ce soir , l'effet du soleil xsomhamt a ét4 d'une splendeur toute particuli^e. Nousiroulioçs alors, au fond d'une vallée charn^^mto» etiboMnW' de eùllifies en partie boisées, ai]f<
À tAVAStÙEUS. 3d7
de^Àiiâ desquelles se dessitiàit dàà^ le lûintâiti de rborizon utt rideau dé lïionfeignes bleuâtres à demi eriveloppëeâ par la briime*. L'eïi^ séîtibïe dit tablera avaif un charme peu commtth.
Tavastheus, ^1 août, une heure de l'après-midi.
On m'avait fait à Tavance un si pompeux éloge du site occupe par la ville de Tavastbfeus, qu'en réalite je Tai trouvé médiocrement pittoresque, au moins vu du côté par leqtiel nolis avons abordé la ville*. Elle est assise au çetttred'unfe vallée ceinte d& hauteurs médiocres. Ce qui tout d'abord y a fixé mon attention >
^ Tavasdïeus, qui est le chef-lieu 4u gouvernement de ce nom, possède une manufacture de tabac et une. tuilerie. Ija foire qui s'y tient deux fois dans Tannée attire toujours une affluence considérable de visiteurs^ vertus souveht de fort loin'. '^
308 DE TAMERFORS
c'est l'antique et majestueux château fort qui touche à la ville. Ce vaste bâtiment se compose d'un certain nombre de grosses tours rondes, reliées entre elles par de longs corps de logis. I^s tours , percées de meurtrières et surmontées d'une corniphe en. saillie à mâchicoulis bordée de créneaux , sont en briques non réçrépies, auxquelles le temps a donné une teinte d'un brun sombre , presque noir.
J'avais été si fortement impressionné par la vue de .ce monument du moyen âge, que mon premier soin en mettant pied à terre dans l'auberge où nous voici , a été de demander un guide pour m'y conduire. L'hôte nous a donné un jeune garçon auquel il à. recommandé de nous mener voir ensuite le jardin public , qui n'en est pas éloigné. Le château foit de Tavastheus a été^ converti en une maison de détention , où se trouvent actuellement sept cents forçats. M. D. m'accompagnait , et nous étions suivis comme de coutume du domestique interprète. Le guide nous a d'abord fait prendre une très-belle rue , pl^antée
A TAVASTHEUS. 309
de saules de chaque côté ; cfette rue traverse la ville entière, et aboutit à un pont-levis qui donne entrée dans la forteresse. Des fossés remplis d'eau, qui sont d'une profondeur considérable , entourent le château. Le pontlèvis passé, une porte monumentale nous a donné accès dans' la coup d'honneur de Tantiqué édifice ; cette cour est des phi s vastes , et un rempart crénelé la protège contre les attaques du dehors. Quelques condamnés y étaient occupés à équarrir des pièces de bois ; je les reconnus à leur pantalon quadrillé jaune et noir, car ils n'étaient pas enchaînés. Au centre de la cour s'élève la plate-forme d'un . corps de garde , occupé eii ce moment par un fort détachement d'infanterie de ligne sous le commandement d'un officier. On voyait un peu plus loin un piquet de Cosaques , la lance au poing et leurs chevaux sellés à^ côté d'eux : ils se tiennent là, toujours prêts, au premier signal , à se précipiter sur les traces des condanînés qui seraient parvenus à prendre la fuite. De nombreux factionnaires occupent en
31j) UE TAMERFORS
outre toutes les issues. On conçoit ^^i^àoieiit combien le voisinage de sept cents condamné)» pour crimes serait inquiétant pour la ville , si une surveillance rigoureuse ne préven^ait pw toute possibilité d'évasion^ . It^es massives constructions du cli^f^u A^ tqiit entier portent sur un soubfts^çoient 4;p)l* struit en gros blocs d^ granit ^^I^i ^4}^^ ^ U hauteur de vingt à vingtrcinq pi^ds. L'unique porte qui conduise à rintérieur du bâfiment e$t pratiquée au milieu de la façade donBaot ^ur la cour d'honneur , et au-des$u3 de ce ^^r ba^3ement o>onumental :. on y arrive par ua8 rampe en pente douce. Cette disposition an* rait donné aux défenseurs du château le moyen de s'y maintenir même: après qua Tennertu jurait escaladé le rempart , en prenait à l'âr yg^nce la précaution de démolir la rampe.
Tandis que j'étais en train de contempler le§ vastes proportion^ des tours et J'a^ect grandxQse de l'édjfice , un garçliejp i^eprqpp^g
^ V^y^z I^,ûQtç 3C à JIa 6p du çbqiitne.
A TAVASTBEUS. 311
de m'iiKlTodiiire dans rinterieur. Je le questionnai sur ce qui . pouTaît s'y trouver de ourieux, éti fait de détails d'architecture, il nïe répondit que des travaux ayant été exëoutés , il y a deux ans , pour mettre les salles tlti ehâleau en état dé recevoir un surcroît de détenus, toutes les moulures et objets d ornementation avaient été détruits ou recouverts d'un p^répissage. En conséquence , je jugeai tout à fait inutile de pousser plus loin ma visite, — Après avoir repassé le pont-levis, nous tournâmes à gauche ^ fran^chimës ceht pas^ et arrivâmes à une grille élégante qui donne entrée dans le jardin public de la ville. Ce jardin , dont l'étendue est considérable , occupe la pente assez abrupte d'une montiagrie rocheuse et boisée , dont un joli lac baigne le ^red. Nous suivîmes d'abord un sientier bien sablé qui longe; le bord de l'eau ; plus loin il ffellut gravir la pente même par une série de sentiers artistenient disposés .en zigzags irrétgi^liers, qui nous conduisirent doucement au soimnet>sur le^nel le jardin m prolonge. Aprèb
dis. DE TAMËRFORS
y avoir parcouru plusieurs allées , nous arrivâmes à, un kiosque jeté sur la cime d'un rocher à pic, haut de deux cents pieds au moins: pour consolider la construction, il a fallu sceller la charpente dans le rocher de granit, au moyen de crampons de fer. Je fus pris de vertige au moment ou j'entrai dans le pavillon ; mais bientôt remis de cette impression passagère, j'admirai la magnificence et la variété d^ sites que l'on domine de ce point élevé. J'avais au-dessous de moi le joli lac enclavé dans le jardin ,. et de frais ombrages que n'a point encore attaqués l'influence destructive des vents d'automne. A droite s'étendait la ville avec ses constructions en bois peintes de différentes couleurs , et plus loin , du même côté, se dressait la masse iinposante de l'antique château fort. Dû côté gauche , mes regards embrassaient une vîsiste étendue de pays coupé de lacs et .bordé à l'horizon par un rideau de hauteurs brumeuses.
Après avoir parcouru pendant une bonne demi-heure ce pittoersque jardin, nous avons
A TAVASTHECS. 313
repris Je chemin deTauberge. La ville ne renferme d'ailleurs pas autre chose qui soit digne de l'attention du touriste; aussi avons-nous décidé de nous remettre immédiatement en route. Mon intention est de gagner les bords du golfe de Finlande pour arriver à Viborg , et visiter, — pour peu que je n'y rencontre pas d'empêchement , — les importants travaux de canalisation du Saima ,.qui se^poursuivent dans la contrée dont cette ville est. le centre.
.U4 ^ TAMfiilHOllS
gode ceivinel finlandais £t statistique Criminelle.
ï>'4piès Je* op^e «mmiad âi}aad«i&9 les peines que. -peuvent encourir les condamnés jdës différentes caM* gories sont : 1' le travail forcé, à teiiy)s ou à vie — avec ou sans mise du prisonnier au pain et à Teau — 'dans' un des pénltenèiefs deîSveà'borg, de Vîbôrg, de Wânffin^and , 4e Tavaéth^s ^u d^Abo ; 'T !le élMtiment corporel ; 3^ la peine de mort.
I^ peine de mort est appliquée : 1® en îiiatière de haute trahison ; 2® dans le car de sacrilège ; 3° pour pratiques dé sorcellerie ayant entraîné mort d^homme on accaparement de biens appartenant à autrui; 4® pour rébellion; 5® pour fausse monnaie; 6^ pour bigamie; 7" pour pédérastie; S"* pour incendie ; 9** enfin pour brigandage et meurtre prémédité.
Telles, sont lés dispositions rigoureuses du code; mais actuellement, en vertu de Tiikaze du 21 avril 1821 , la peine ^de mort irest plus susceptible d'être appliquée que dans un très-petit nombre de cas exceptionnels. Elle est remplacée pour les hommes par un châtiment corporel rigoureux , suivi de la déportation avec travail dans les mines de la Sibérie.
Le^.S^vmm^ (^i (H»t encouru 1» peine capilale sont ^ofei^Qiées pour la vie dafis lun :pé|iit<^Qcier où ie traiVftU e^t oblîgttoii^.
A piutirede Ift 4Kroi«i|]g«û«(D de i^U ;6iftBdite ordon^ nancê, il n'y a fk» eu m^J^mUmée une xSflule ^oxéeu** tîpn< capiiafe. JËntne ie^ ; miném lÂttS et 1 835 , steM MoaMe 9t i^iicyb^ze'mnHMla, d«at lesidélitei^ntHi* mtient.p^He de oiort , ont été tùovAumvÊUà .biteaM^ piOPtatiofi. 3ur ce ;4»0mbre^ 0ttze< coAdamnés ooiiyii leur châtiment commue «n* tmv^l foroéAur pkce; six mH9^ moptef et eent d«wiU0nte»e(f)t ont eubi Ja déportation. 'Dana le iQtfine Iap6 de ^temjp&^ aept femmes^eùK lement ont eniconru cojwtaiMtbtt à la yeiaac. capitok; elle» ont été en&nhéeft pour loi^oursidiins^le pënitendier de Wi|ffuinàtrand«
IBfous \0yom par /tte 4fù furéi^ède que Je nombr» tpui'dds.coiMfomnatianâ.eiipiitalea, dam uftieapace^ik temps qui embrasse près de diK ana (4âS6-f 63&), a «U^ÎAt pj^t ^aftre individus; Ea y âjiNiàti^ ssept aeat^qimtre^ngtTàniae QQndaflSin[aftionsiciHiiHnelles4iaK travsoix .fiii'çés temfSf six cent 4?iiM|uaQte et inne cond^Hnaaiticm» pour ¥ol 9 à un temps motndne^^et enfin mille neuf cent dix condamnations à la réclusion temporaire pour vagabondage, on arrive au chiffre total de trois mille quatre cent quatre-vingtseize condamnations , dans cet espace de temps.
Il résulte de documents officiels que le nombre
316 DE TAMERF0R8 A TAVASTHEUS.
total des détenus , dans les différents pénitenciers de la. Finlande y s élevait en 1836 à huit mille cpiatre cent quarante individus. Sur ce, nombre il y avait six mille cinq cent soixante et treize hommes, et mille huit cent soixante-sept femmes. Sur. le chiffre total de huit mille quatre cent quarante détenus, on ne comptait que deux mille cent quatre-vingt-deux incarcérations pour crimes ; le reste ne partageait «n détenus pour vagabondage ou pour défaut de payement des amendes entourues.
Les deux mille cent quatre-vingt-deux détenus pour délits Considérés comme crimes, se subdivisaient comme il suit :' pour vol avec effraction, brigandage et autres délits de la même espèce , cent vingt-sept individus ; pour insultes commises à Tégard de parents^ qui|rante-six^ pour infanticide, trente-neuf; pour rébellion, onze^ enfin pour fabrication de fausse monnaie, huit.
La population entière du grand^uché , à Tépoque citée,' s' élevant à un million quatre cent dix mille quatre cents âmes, il en résulte qu'il y avait à peu près un détenu par six cent quarante-six habitants.