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âtàtion d'Andundi, à 20 yerstes de Tprneô.
Depuis Raoutiola , la routé est tracée en. vue du Këmi , eritre de superbes heimats qui se succèdent à peu d'intervalles lesr uns des^ autres: Plus loin elle, fait un coude, pour se rapprocher de la rivière, où le chemin vient enfin aboutir. Les dimension^s du Kemi sonfc véritablement imposantes,. La largf^ur est telLeV d'une rive à l'autre, qu'on ne distingué qu'imparfaitement les accidents du^ tercaio.. Au-dessous du point où la route vient abeutin
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à la rivière, il existe une rangée d^ récifs formidables contre lesquels le torrent se pré-, cipite et vient se briser avec uti bruif sourd. Après bien des difficultés et des retards, deux bateliers, aidés de leurs femmes, sont venus à bout d'installer le tàraritass sur le bateau destiné à effectuer le passage. Les chevaux, cette fois, t)iit été réservés pour une seconde traversée. C'est ùne<îhose remarquable que la justesse de coup d'œil et la précision extrême avec lesquels lés bateliers coupent à force de rames la rapidité du courant, calculant leur manœuvre de telle sorte qu'ils, gagnent en amont précisément ce que l'impé* tuosité de l'eau leur fait perdre en dérive, de manière à aller aborder au bord opposé précisément en face de leur point de départ.
Cette justesse d'estime est fort importante ; car si on laissait dériver l'embarcation au delà du point voulu, elle irait s'engager un peu plus bas dans des rapides d'une violence extrême , et se briderait inévitablement sur les rochers.
A TOiRNEO. 29
Station d'Anoundi, à S" verstes en deçà de Torneo, minuit.' . ,
C'est bien à contre-cœur que nous nous sommes décidés à faire étape à quelques portées de fusil de Torneo, n'ayant pour nous caser qu'une chaiiibre étroite.. Mais nous n'avons pas voulu entrer dans la ville a,u milieu de la nuit.
'\ Après le Kemi là route traverse un terrain boisé et légèrement accidenté. Un cjair^ de lune magnifique , tel que je ne me souviens pas d'en avoir jamais vti , relevait Tinsignifîance du paysage. Le ciel, qui était resté jusqu'alors chargé d'épais nuages, s'étant subitement éclairci du côté du levant, la lune en se dégageant tout a coup se'montra avec un éclat tellement vif que rties yeux pouvaient à peine
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s'y fixer ; autour du disque flottaient de légè^ res vapeurs tirant isur le violet, et que Ton voyait cqurir sur i^n ciel d'un bleu presque noir; L'effet de cet ^admirable clair de liine était saisissant , et mon compagnon de route n'en fut pas moins impressionné que moi.
Tille de Toroeo, 4*' août, midi.
Nous voici donc à Torneo, limite du monde hatbitâble , sur lé seuil des déserts glacés de la' Lafioniè. Mais d'abord quelques mots entcore de la route que nous venoûs* de pai> Gcwurir. ...
En quittant ce matin notre- station de la nuit, le' cocher m'avait prévenu que nous aurâojos à passer l'eau deux fois avant d'arriver à la ville. Malgré l'incoâi-modité de ces trans^ bordements continuels , nous commençons à
nous y faire. Ce iFut donc «ans. trop d'ennnî que je vis le taràntâs^ s'arrêter au bord d'une rivière assez étroite; ce qui est par parenthèse un fait exceptionnel dans ee pays^ où toutes les rivières courent entre de larges ri^ves. Une foule nombreuse attei%dait, que sem tour de passer le bac fut yenu ; c'est aujourd'hui dimanche, et ces braves /gens allaient fêter le jour saint à Tomeo. Les femmes étaient -là eh majorité, se faisant remarquer non-seulement par la propr^é, mais encore par la redierchë de leur mise. Toutes étaient vêtues uniformément d'un s^^ncer de couleur brune serré à la taille, avec tablier bleu ciel ou écarlate. Un mouchoir d'un rouge vif, encadrant le visage, leur servait de coiffure. ' . -
Le tac passé, nous fîmes cinq yerstes dans une forêt de mélèz.es, avant d'arriver aii' bord de la rivière importante, qui coulant du nord au sud , vient déboucher dans le golfe de Bothnie, tout près de la ville dé Tofneo : c'est la Tornea. La ville est située dans une île qu'un étroit canal sépare de la rive suédoise;
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là se trouve la cité moderne de Haapa^anta^ Du bord où nous étions je voyais devant moi les deux villes, à la distance d'un quart de verste, — ^ car telle est à son embouchure la largeur de la Tornea,, -^ se déployant avec leurs maisons peintes en rouge, leurjs églises et leurs magasins, sur un terrain très-bas. Un pont fixe met en communicatiou Torneo et Haaparanta. Cette dernière ville n^ date que de * l'année même de la réunion du grand-duché de Finlande à l'empire russe. IJn certain temps ayant été . accordé ^ ceux des habitants de Torneo qui voudraient passer en Suède, quel-
* Haaparanta signifie en langue finnoise le rivage couifert de^ trembles. Ce nom a été donné à la ville à cause des. arbres de ciette essence qui en ombragent les alentours. Les Suédois l'appellent la ville du roi Charles- Jean. Moins grande que Tprneo, la oité suédoise l'emporte sur sa rivale en bonne- apparence. Quoique une école élémentaire supérieure y soit établie , Haaparanta né compte pas encore parmi les \;illes du royaume. On s'attend, du reste, à lui voir décerner prochainement le titre de ville. '
ques familles allèrent se fixer sur la rive opposée de la Tornea, et donnèrent naissance a la ville suédoise. Elle ne se composa d'abord que d'un petit nombre d'habitations isolées ; mais à partir de Tannée 1815, rétablissement nouTeau prit un. dévelojppement régulier qui a été favorisé par le gouvernement suédois.
Pour éviter les interminables délais qu'entraînent toujours l'embarquement et le débarquement du tarantass, nous prîmes un bateiet. Lès batelier?, qui pour fêter Je. dimanche avaient fait d'amples libations , faillirent nous noy^r; ce qui rendait la situation plus périlleuse, c'est la vaste étendue d'eau qu'il s'agis* sait de traverser. Nous trouvâmes, en entrant dans Torneo, la ville entière endimanchée.
De& groupes nombreux d'hommes et de femmcis, auxquels . se mêlaient quelques offircîers, remplissaient les rues. Plus loin ^de bons paysans arrivés des environs pour assister au prêche, étaient en train de se promener. Enfin on voyait çà et là bon nombre de Cosaques, remarquables par leur
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bonne mine et leur costume caractéristique , qui. eux aussi prenaient sans bruit leur part de la fête. Tous les regards se fixaient sur nous, ou plutôt sur nos amples vêtements de voyageurs, tandis que nous sliivioiXs à pied une rue que bordent de çhaique coté de petits jardinets établis au-devànt de la façade de chaque maison. L'enfant que j'avais pris pour guide nous fit tourner enfin le coin d'une rue, et un instant après nous entrions dans la cour de l'auberge, pu mé voici la plume à la main. C'est à peine si: noui sommes arrives, et déjà nous faisons^^nos apprêts pour le départ. Il s'agit d'une excursion à exécuter en carriole de poste le long de là rivé gauche de la Tprnéa, jusqu'à une montagne que l'on dit percée de grottes fort curieuses. Cette annonce, à laquelle je suis loin de me fier entièrement , ne m'aurait pas décidé seule à dépasser le terme que j'avais marqué pour mon voyage; mais il pourra être curieux de jeter un coup d'œîl sur une contrée où peu de touristes ont pénétre. Déjà on dispose deux carrioles, dont une
pour le domestique-interprète et lés quelques bagages indispensables. Nous serons de retour après-demain sans faute , et notre intention est de séjourner vingt-quatre heures à Tornep avant de commen<ier notre course rétrograde. Au retour donc ce quç j'aurai à dire dé la ville. , . , ,