ACTE PREMIER
S P É R A N Z A , lisant dans sa main.
Le destin l'a pourtant écrit dans votre main !
RÉGINE, avec curiosité.
Dans sa main?
SPÉRA>ZA.
Cette ligne est celle de la chance; Elle est coupée ici, mais plus loin recommence... Regardez...
RÉGINE
Oui, je vois...
Elle s'en va là-bas Toucher le signe du bonheur...
GILBERT, retirant brusquement sa main.
Je n'y crois pas!
Le foyer de mon cœur s'est éteint sous la cendre I
REGINE, l'entraînant vers la clieminée.
II faut te reposer, Gilbert... Tu vas t'étendre Sur ce banc...
GILliERT, docile, s'asseyant sur le hanc, et s'appuvant sur le tonneau qui sert de tahlc.
Oui, ma mère.
RÉGINE
Et là, tout |)rès (lu iVii Pour me faire plaisir tu vas dormir un peu.
6o LA FLEUR MERVEILLEUSE.
GILBERT
Oui, mère.
RÉGINE , revenant en liâle près de Spéranza qui a aligné ses tarots sur la table, et lui parlant bas.
Il va dormir... Voyez-vous autre choseP
SPÉRANZA, examinant les cartes pendant que Régine l'écoute avec anxiété.
Oui... favorablement tout le jeu se dispose...
Vous voyagez des mois... une ville du Nord
Vous plaît... vous y restez... vous y souffrez encor...
Je vous vois au milieu d'une aventure étrange
Que je ne comprends pas... Cependant tout s'arrange,
Et je vois du bonlieur...
A soi-même, intriguée.
Mais comment ce bonheur Doit-il s'cdifier sur ma propre douleur.^
Elle examine avec allcnlioii les cartes, et se parlant à soi-même.
Sur ma propre douleur... Il n'y a pas de doute...
Ayanl ramas.sé ses tarots.
Sans tarder plus longtemps je vais me mettre en route; Peut-être puis-je encor conjurer le destin...
RÉGINE
Attendez pour partir les lueurs du matin?
SPÉRANZA.
Je pars...
RÉGINE, lui tendant quelques pièces de monnaie.
Alors, prenez...