ACTE DEUXIÈME
Le décor représente une rue de la ville de Harlem, en Hollande, aboutissant à la place de la grande église que l'on aperçoit dans le fond avec son clocher caractéristique aux étages élégamment découj>t's et surmonté du petit dôme à jour, en forme d'oignon. Au pied do l'église, et en faisant le tour, c'est une série de petites boutiques et d'échoppes comme il y en avait alors autour de beaucoup d'églises; on y vend de tout; mais on aperçoit principalement des étalages de lleuristes et de jardiniers. A droite et à gauche, allant des premiers ])lans aux derniers, et faisant un cadre à l'église plus lointaine, s'élèvent des maisons en pierre ou en briques avec des pignons llamands à marches d'escalier. Ces maisons sont toutes des cabarets dont les grandes enseignes découpées, voyantes et pittoresques, se détachent au bout de potences en fer ouvragé ; on lit autour des peintures appropriées : « Au Lion altéré » ; « A la Toison d'or » ; « A la Cigogne ». Au premier plan, à gauche, le cabaret à l'enseigne <( Au Pélican » ; au premier plan, à droite, le cabaret à l'enseigne : « A la Pipe bâtarde. » Devant ces cabarets, des tables et des chaises pour les buveurs. Décor ensoleillé ; aspect gai et riant ; fenêtres fleuries. Nous sommes à la (in d'avril i63G.
Au lever du rideau, les habitants de la ville vont et viennent, affairés, car c'est jour de marché ; des ménagères se rencontrent, se parlent et se quittent; des enfants passent en jouant, etc., etc. Devant les différents cajjarets, des gens s'installent, boivent et s'en vont après avoir pavé les taverniers ou les fdles qui les servent. Au moment où le rideau se lève on entend un carillon, suivi des trois coups annonçant trois heures. Gobcloussc et Romain sont-attablés. tournant le dos au public, le premier à une table à gaiiche, le second à une table à droite. On ne remarquera leur présence qu'à la scène deuxième, qjiand ils prendront la parole.