‹ La fleur merveilleuseChapitre 72 sur 125 · ACTE TROISIEME. I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME. I

Elle jette un coup d'œil vers la porte par laquelle sont sorties Alida et Mielje.

Cette chanson d'amour j'aurais voulu l'apprendre Pour la redire un jour à l'ami doux et tendre :

Du (jrand bruit fjue fait le monde, 0 mon ami, j'ai si peur, Que je veux là, sur ton cœur, Appuyer ma tête blonde...

Avec désespoir.

Pour moi tous ces mots-là sont vides désormais; Cette chanson, je ne la chanterai jamais !

FLORENT , l'attirant dans ses bras.

Pourquoi, petite Griet, tant de désespérance?

II ne faut pas ainsi te désoler d'avance !

Je m'imagine, moi, que le vainqueur heureux "

Le ciel le choisira parmi tes amoureux,

Car le mauvais destin, aux remords accessible,

Laissera choir son arme en regardant la cible!...

Tant qu'on j)eut espérer doit-on pleurer ainsi .^

Le malheur sans espoir...

GRIET, songeuse.

V C'est le malheur d'ici...

Que dis-tu.^

FLORENT, vivement.

(iRIET, conlldentiellement.

Ce que dit notre vieille voisine, -Martha, (jui s'y connaît beaucoup en médecinTî !

Que ce monsieur Gilbert a le cerveau perclus, Et que, quoi que l'on fasse, il ne guérira plus.

FLORENT, à mî-voix.

Chut! plus bas, mon enfant! Tu sais que les commères En médecine font des études sommaires... Martha n'y connaît rien... Certes, chaque saison Qui passe rend moins sûre, hélas ! la guérison, Mais au-dessus de nous, docteurs, pauvres oracles, Il y a Dieu qui dans sa trousse a les miracles! On a vu des déments, très atteints cependant. Guéris par une peur, un choc, un accident. . .

Voyant s'ouvrir la porte de droite.

Chut!...

La porte de droite s'ouvre: Alida et Mietje entrent gaiement, suivies par Gilbert, mélancolique.

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