ACTE TROISIÈME. l3l
FLORENT
C'est à quelque accident que tout d'abord j'ai cru En recevant tantôt chez moi votre message.
REGINE, souriante.
Pour être rassuré, regardez mon visage.
FLORENT, surpris.
J'y vois un peu de joie.^
RÉGINE , en confidence.
Il y a du nouveau !
Une idée a germé, Florent, dans mon cerveau, Peiit-ètrc par le ciel — ou le diable! — inspirée. Et par quoi l'espérance en mon cœur est rentrée. A vos sages conseils j'ai voulu recourir... J'ai trouvé le moyen, je crois, de le guérir !
FLORENT, étonné.
Un moyen! Quel moyen .^
RÉGINE
Le seul moyen possible, Le dernier — d'émouvoir sa pauviv Ame insensible; Tenter sur son cœur sec ([ui nous apparaît mort, La grelTc d'un amoui pins vivac^ et plus fort! L'amour a fait le mal, il est le seul remède : 11 faut qu'un jeune amour à l'aulre amour succède!
iSa LA FLEUR MERVEILLEUSE.
FLORENT, rêveur.
•Oui... comme vous tlrjà ce rêve m'a hanté...
Avec un peu d'embarras.
Mais j'ai craint...
RÉGINE
Mon ami, dites la vérité...
Vous pensiez : a Mais où donc trouver la fiancée Qui s'accommodera de la douleur passée?...
Florent fait un signe (raccjuiosceinenl.
Le sort dans un dilemme a voulu Tenfermer, L'amour le guérirait, on ne peut pas l'aimer, *Car de ce pauvre enfant l'amoureuse démence Pour qui voudrait l'aimer est la suprême offense ? »
FLORENT, trislemcnt, avec un peu (rembarras.
d'est vrai, j'ai pensé tout cela...
R F (; r N E , émue et joyeuse.
Hé bien, Florent, Le sort a secouru mon cœur persévérant ! Mardi nous avons fait par hasard connaissance De Griet Amstel... Cilherl, que d'abord sa présence Ne troubla pas, avait son air bablluel... Tout à coup, l'intérêt de son re«>:ard fut tel, Que j'eus l'impression un instant — singulière î — •Que le temps reculait de trois ans en arrière ! Pour la première fois^ ses yeux ensommeillés Trahissaient le retour de» émois oubliés! Nulle autre n'eut stffpm k lueur éphémère, de fut court!... mai^ ce fol assez pour une mère!