I.ORENT
Les unir? Mais comment :•
REGINE , avec un peu crexaltallon joveuse.
Je veux tout simplement que Gilbert participe
A ce concours avec la plus belle tulipe!
<7est l'unique moyen, et providentiel,
De l'unir sans débals à la petite Amstel !
De peur que mon dernier, mon seul espoir s'envole,
■Get amour qu'il me faut pour mon fds, je le vole !
FLOUENT, songeur.
On pourrait essayer de ce remède-là...
Oui... mais pour réussir, le moyen?...
REGINE, monlraiit la fouètie devant laquelle on voit pa-ser (leuv hommes.
Le voilà I
Elle court oiiviir la [)orte du fond et fait enirer deux garçons jardiniers qui dans une grande manne d'osier ap[)orlent une quantité de p-ils de tulipes aux coloris éclatants et variés.
FLORENT, sur()ris, à I\égine, pondant que les jardiniers placent le panier sur la tahic
On 'est ceci?
l34 LA FLEUR MERVEILLEUSE.
RÉGINE
Mais c'est la moisson de ma journée !
Depuis mardi je fais chaque jour ma tournée, Et je rapporte ici plein d'énormes paniers Tout ce qu'ont de plus beau nos plus grands jardiniers.
Aux garçons jardiniers, en les congédiant.
Merci...
A Florent, toute joyeuse.
J'en ai par là toute une ribambelle...
Je vous ai fait venir pour choisir la plus belle !
Regardant Florent.
Mais pourquoi cette larme ?
FLORENT, ému.
Il n'y a pas moyen De vous tromper, amie... elles ne valent rien...
RÉGINE, interdite.
Rien ?
FLORENT, tristement,
La science de la tulipomanie A ses conventions, sa règle définie.
Ce qui précisément vous plaît dans chaque fleur Aux yeux des tulipiers fait qu'elle est sans valeur...
RÉGINE, anxieuse, désignant une tuliie.
Mais pourtant celle-ci.^
FLORENT, examinant la fleur.
Le panache en est trouble...